Réforme des pensions : Haniff Peerun évoque un « suicide politique »

Le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, a qualifié de « suicide politique » la réforme du système de pension annoncée dans le dernier budget. « Il y a une véritable révolte, une colère et une profonde amertume au sein de la population. La frustration ne cesse de grandir depuis l’annonce selon laquelle une personne devra avoir résidé au pays pendant au moins quinze ans pour bénéficier d’une pension. La formule proposée dans le dernier budget est encore pire que celle présentée l’année dernière, lorsque l’âge d’éligibilité à la pension de retraite avait été porté à 65 ans. Pire encore, les citoyens devront désormais choisir l’âge auquel ils souhaitent percevoir leur pension, entre 60 et 70 ans. Qui acceptera de prendre sa retraite à 70 ans ? N’est-on pas en train d’ouvrir la voie à un allongement de la vie active jusqu’à 70 ans au lieu de 65 ans ? », s’est-il interrogé.
Selon lui, le nouveau système créerait trois catégories de bénéficiaires : ceux qui cesseront de percevoir leur pension, ceux dont la pension sera réduite et ceux qui ne recevront qu’une allocation de Rs 1 000. « Le gouvernement peut garder cette pension de Rs 1 000 pour lui. Ce serait une insulte à tous les sacrifices consentis et au dur labeur des Mauriciens qui ont contribué au développement socio-économique du pays. Au moment où les citoyens aspirent à vivre sereinement après une longue carrière, le gouvernement souhaite leur retirer la pension universelle. Je rappelle que cette pension universelle a été introduite par le parti Travailliste. L’histoire retiendra que c’est aujourd’hui un gouvernement dirigé par le parti Travailliste qui s’apprête à la remettre en cause », dit-il, en lançant un appel aux députés de la majorité gouvernementale.
Le président du MLC a annoncé la mise sur pied, jeudi, d’un nouveau front commun regroupant l’ensemble des fédérations syndicales du pays. Plusieurs actions seront discutées lors de cette réunion, notamment la distribution de tracts, l’organisation de manifestations ainsi que diverses activités syndicales à travers les régions.
« Pour nous, la meilleure formule reste de rendre la pension de vieillesse accessible de manière optionnelle dès l’âge de 60 ans », a-t-il conclu.

- Publicité -

 

EN CONTINU
éditions numériques