Des camions transportant des eaux usées déversent chaque jour leur cargaison dans un conduit au sein de la zone portuaire. Celles-ci finissent leurs cours dans la mer. Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs, interpelle les autorités quant au danger que cela représente pour la biodiversité marine.
En pleine zone portuaire, en face du cimetière de Roche-Bois, des camions transportant des eaux usées viennent, chaque jour, se débarrasser de leur chargement. La scène est spectaculaire. Une eau de couleur marron s’échappe des camions citernes et se déverse dans un drain. Judex Rampaul n’est pas insensible à cette situation. En tant que pêcheur, il témoigne que lorsqu’on va en mer, on constate un flot de substance noire s’orientant vers le large. « Dans le passé, il y avait un tuyau qui dirigeait ces eaux usées un peu loin de la côte », fait ressortir le pêcheur.
Ainsi, Judex Rampaul se demande si dans un pays avancé comme Maurice, on n’a pas trouvé d’autres moyens pour traiter les eaux usées, au lieu de les déverser dans la mer. « On parle souvent de protection de l’environnement, mais comment peut-on tolérer une telle chose, si on veut vraiment préserver notre écosystème?» A un moment où l’on parle de changement climatique et du blanchissement des coraux, poursuit-il, il aurait été plus approprié de trouver un autre moyen de se défaire des eaux usées.
Par ailleurs, Judex Rampaul se demande s’il est légal de déverser de la sorte les eaux usées ou s’il ne faut pas les traiter au préalable. Il souhaite que les autorités concernées réagissent car la zone portuaire est déjà très polluée, avance-t-il. « J’espère que les parlementaires pourront aussi poser des questions à ce sujet pour savoir si on a évalué l’impact de cette pratique sur notre environnement marin. »
Le président du Syndicat des pêcheurs rappelle qu’à plusieurs reprises, il y a eu une grande quantité de poissons morts retrouvés dans la région de Roche-Bois. Il se demande si de telles activités ne contribuent pas à une telle situation.
Affaire à suivre.

