Rose-Hill face au démon de la drogue et de la spirale délinquante — La réunion de Nagalingum…

 … Premier bras de fer avec les marchands de la mort ?

« Rose-Hill face à la prolifération des drogues » était le titre du reportage relayé dans nos colonnes, le 20 décembre 2025, donnant un éclairage synthétique sur la problématique liée à ce fléau dans la ville. Notre travail d’enquête s’est poursuivi cette année et, au-delà de l’impunité dont les dealers continuent de jouir et de la facilité avec laquelle n’importe qui peut se procurer de la drogue, la multiplication des hospitalisations pour surdose (entraînant la mort parfois) et les complications de santé mentale ont aussi pris des proportions aggravantes parmi les jeunes. Après avoir fait l’autruche, les élus de la circonscription N°19 ont décidé de prendre le taureau par les cornes… si on se fie à la réunion d’urgence organisée, mercredi, par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Deven Nagalingum, à la salle du conseil. Pendant un peu plus d’une heure, élus, policiers et travailleurs sociaux ont multiplié les échanges constructifs. La présence de Mgr Jean-Michaël Durhône à cette réunion est de nature à insuffler une certaine dose d’optimiste du côté des personnes surexposées à ces incivilités.  

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« Dans la vie, j’ai eu le choix entre l’amour, la drogue et la mort. J’ai choisi les deux premières, et c’est la troisième qui m’a choisi… ». Cette citation signée du chanteur Jim Morrison, décédé dans des circonstances troubles dans la nuit du 3 juillet 1971, à 50 ans, reflète à elle seule les étapes naissant de la rencontre entre une substance et un individu, de la simple envie au besoin irrépressible de consommer, et comment ces drogues vont, au final, détourner le système de récompense du cerveau jusqu’à créer des addictions menant parfois à la mort. Sortir de l’enfer des stupéfiants n’est pas une mince affaire, au même titre qu’endiguer le trafic qui prospère à la vitesse grand V à Maurice, dans des lieux que les réseaux de revente et circuits de consommation peuvent noyauter. Les quartiers de la circonscription N°19 (Stanley/Rose-Hill) n’échappent pas à ce triste constat.

Il y a cinq mois, Week-End révélait des scènes dépeignant des zones en proie au chaos, entretenues par des dealers prêts à toutes les indécences pour écouler leurs stocks de produits illicites. Étant implantés dans des espaces résidentiels denses, les trafics sont rendus visibles par les allers et venues des clients et par l’occupation de l’espace urbain par des personnes impliquées dans le deal, que ce soit la vente ou la surveillance. Il est donc assez banal que la population puisse citer avec une grande précision les lieux de planque des drogues, les horaires ainsi que les lieux de vente, en reconnaissant parfois les acteurs des trafics.

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 « Au moins ils bossaient, faisaient du sport… »

Considéré comme un terreau pour l’histoire des villes sœurs et l’émergence de jeunes artistes et sportifs, Plaisance sert de cas d’étude parmi les territoires enclins aux trafics. Après avoir longtemps défendu leur quartier contre ce qu’ils percevaient comme une « stigmatisation fallacieuse », les riverains doivent désormais se rendre à l’évidence : de nombreux signaux sont en train de virer au rouge ! « On avait beau pointer du doigt les jeunes qui fumaient du cannabis naturel, au moins ils bossaient, faisaient du sport, ne sombraient pas dans des délires incontrôlables et n’emmerdaient pas leur famille et le voisinage. Pour Rs 150, ils se faisaient plaisir de temps en temps, alors que nos jours, si quelqu’un n’a pas au moins Rs 2000, li pou bizin swa bwar lalkol ou tom dan sinte pou bann ki feb dan lespri », confie un habitant.

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Pour saisir l’ampleur de la prévalence de la drogue dans ce quartier, il suffit d’écouter les nombreux témoignages de ceux qui assistent, impuissants, au déclin du Parcours de la Paix, un jardin doté de plantes et de fleurs en tous genres, ainsi qu’une piste pour les férus de jogging et d’un espace dédié aux jeux d’enfants. Il est situé à l’angle des rues Ratsitatane (ex-Abattoir) et Hajee Allaman. Week-End s’est rendu sur place pour en avoir le cœur net. C’est un crève-cœur ! Au milieu de la végétation, luxuriante, deux individus avachis, avec les pupilles dilatées et le regard hagard, semblent pris de crises convulsives après avoir consommé de la drogue synthétique. Sur la présence de seringues usagées jonchant le sol, accrédite la thèse que l’usage d’héroïne s’y déroule de manière récurrente. Comme si ça ne suffisait pas, le trafic se forge désormais sur le mini-soccer pitch où les jeunes footballeurs n’osent plus se rendre après les heures de classe, durant les week-ends et les vacances, pour s’adonner à leur sport favori.

Ce marasme fait régner la colère parmi les parents qui pointent du doigt le silence assourdissant et l’inaction de la police, malgré tous ces faits. « L’article paru dans vos colonnes, en décembre, a porté ses fruits, poussant les autorités à se rendre au stade Emmanuel Anquetil, bastion du commerce à Plaisance. Les trafiquants ont disparu de la circulation, mais comme il est de coutume, lorsqu’ils sont chassés à un endroit, ils trouvent refuge ailleurs. Zot pe kampe kot zardin ek terin sintetik. Terin la vre mem sintetik partou !  

Les villes sœurs avaient pourtant vu naître un vent d’espoir entre les années 1990 et 2010, les politiques s’étant évertuées à combattre la prolifération des stupéfiants et compenser les disparités sociales par une aide publique accrue dans le secteur du sport. À l’époque, les commerces illicites connaissent aussi une transformation majeure avec une légère baisse du marché de l’héroïne et la hausse de la consommation du cannabis naturel, avec ses effets beaucoup moins dévastateurs.

 « L’avènement des drogues de synthèse »

Cependant, avec l’avènement des drogues de synthèse au milieu des années 2010, les trafiquants vont peu à peu troquer l’herbe de cannabis contre ce grand ensemble de produits chimiques aux composants et aux effets psychoactifs. Cette drogue bon marché et très addictive va bouleverser les équilibres urbains et sociaux, et rien ne semble enrayer cette envolée vertigineuse. D’autres résidents se sont exprimés pour demander à la police de démanteler des points de deal, enracinés dans des maisons abandonnées. On a quand même été mis au parfum que depuis notre reportage en décembre, plusieurs maisons constituant un danger public, comme celle sise à quelques pâtés de maisons du gymnase du Quorum, ont fait l’objet de démolitions.

À Stanley, la distribution de méthadone, effectuée devant la station de police, pose un sérieux problème. « Après avoir récupéré leur dose quotidienne, certains bénéficiaires resteraient groupés à proximité. Une présence jugée intimidante », confie un habitant. À Plaisance, Trèfles et Camp-Levieux, ils sont de plus en plus nombreux à faire fi des lois en brûlant des gaines entourant des kilos de câbles électriques, sur des terrains vagues ou autour de sites sportifs et récréatifs, afin d’en extraire le cuivre avec des conséquences néfastes en termes de combustion. Les riverains accusent un groupe de toxicomanes d’être à l’origine de ces basses besognes.

Le problème de la prolifération des drogues et de la spirale délinquante ne se règlera pas à coups de baguette magique. Des services des collectivités aux bailleurs et médiateurs sociaux, en passant par les élus et les forces de sécurité sur le terrain, la coopération la plus large possible – et de nouveaux outils aux mains des exécutifs locaux, aujourd’hui démunis – s’impose pour combattre le mal à la racine. Les élus observent le phénomène par tous les bouts, mais peinent à l’endiguer, mais mettons au crédit du député de la circonscription et ministre de la Jeunesse et des Sports, Deven Nagalingum, pour avoir initié, cette semaine, à la salle du conseil une réflexion autour du fléau de la drogue.

Parmi les personnalités présentes figuraient l’autre député de la région Sydney Pierre, le nouveau maire André Toussaint, le conseiller et leader d’EN AVAN MORIS (EAM), Patrick Belcourt, des représentants de la police, de la National Agency for Drug Control (NADC), ainsi que Mgr Jean-Michaël Durhône, dont la présence a été saluée par le ministre. Des agents des forces de l’ordre étaient également présents dans la salle, certains prenant des notes pendant les interventions parfois très critiques à l’égard du système actuel. Voici un condensé des principales interventions :

  • Deven Nagalingum : « Je n’hésiterai pas à saisir le Cabinet ministériel… »

« La lutte contre la drogue est un devoir collectif, car personne ne peut rester spectateur face à l’ampleur du problème.Tout le monde est partie prenante. Ce combat dépasse la politique. Nous devons nous unir contre la prolifération de la drogue synthétique qui détruit nos familles et notre jeunesse. Je remercie les ONG présentes et Mgr Durhône pour leur engagement sur le terrain. Je n’hésiterai pas à saisir le Cabinet ministériel si certaines situations ne s’améliorent pas, notamment au niveau des opérations policières déclarées. Il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une preuve de son engagement ferme contre la drogue. Dans une quinzaine de jours, nous devons être en présence d’un plan d’action comprenant les axes en vue de nous attaquer à ces problèmes aux villes-sœurs. »

  • Sydney Pierre : « Si bizin trap lame Patrick Belcourt, mo pou fer li… »

« Bizin met kouler politik enn kote. Si bizin trap lame Patrick Belcourt, mo pou fer li, pourvi ki amenn solision. J’invite la police à parler ouvertement des difficultés rencontrées sur le terrain, concernant notamment l’état de certains postes de police qui nécessite des rénovations »

  • Patrick Belcourt : « Mo espere pa enn renion marketing sa ! »

 « L’inaction des autorités provoque la frustration des acteurs de terrain qui tentent d’aider les jeunes sans disposer des ressources nécessaires. Plusieurs athlètes et éducateurs accompagnent plus d’une centaine de jeunes dans la ville, mais doivent faire face à d’importantes difficultés administratives Mo espere pa enn renion marketing sa e ki vremem pou fer kitsoz ki bizin. » 

  • Mgr Jean Michaël Durhône : « Pa kapav met tou lor ledo bann zenn »

« Pa kapav met tou lor ledo bann zenn. Nous devons nous remettre en question. Que faisons pour aider nos jeunes ? Les valoriser ? Les écouter et leur apprendre à s’aimer, se connaître, identifier leurs forces et à qui parler de ce qui les tracasse, leurs craintes, leurs peurs ? Les sports, les arts, et les activités aident en ce sens. C’est un chemin d’espérance pour eux. Nous devons et pouvons faire plus en ce sens. » 

  • Danny Philippe (ONG Drip) : « La lutte ne peut se limiter aux arrestations »

« J’insiste sur la nécessité d’un plan de prévention holistique et intégré, car la lutte contre la drogue ne peut se limiter aux arrestations. Il faut aussi s’attaquer à la pauvreté. Dans certains quartiers, les jeunes rêvent d’une vie de luxe. Nepli ena zoke kouma lontan aster ki al vann ladrog pou gagn zot doz. Zot fer li pou gagn bann obze, gagn lakaz, gro loto ».

 

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Barkly, avant qu’il ne soit trop tard

Les quartiers défavorisés sont associés, dans l’imaginaire collectif, à la délinquance des jeunes liée aux drogues. À Résidence Barkly, connue pour être l’une des plaques tournantes de ce fléau dans la circonscription N°20 (Beau-Bassin/Petite-Rivière), les habitants que nous avons interrogés évoquent avec peine et colère une hausse alarmante des actes d’incivilités qui ne donnent pas lieu à des procédures judiciaires. Si la critique de l’inefficacité de la police est fréquente parmi les riverains, cela est en partie lié à l’abandon, ces dernières années, des fonctions de régulation sociale des policiers.

En petits groupes, des jeunes, âgés entre 17 et 19 ans tuent le temps penchés sur leurs téléphones, assis sur des murets longeant une ruelle. Ici, le trafic ne se fait pas à la dérobée : des mains se serrent furtivement, avec entre les paumes de petits sachets en plastique truffés de drogues de synthèse. En cette fin de matinée ensoleillée, la scène est banale dans cette zone où la vente de stupéfiants a pignon sur rue parmi les maisons et les boutiques. Ce n’est pas pour rien que Barkly fait souvent l’objet d’une couverture médiatique pour son actualité en lien avec les trafics de drogues. Notre périple, qui s’est étalé sur plusieurs mois, au cœur de la cité, décrit un univers qui, selon la formule classique, est autant un nid qu’une prison.

Derrière ce marché illicite opèrent des groupes de trafiquants si puissants qu’ils sont capables de déstabiliser tout un quartier, n’hésitant plus à se rapprocher des habitants pour s’attirer leurs bonnes grâces, en proposant des repas ou des équipements pour les sportifs. Une méthode empruntée aux plus célèbres des gangsters. Les acteurs rencontrés témoignent de l’isolement dont souffre une partie de la population à cause de l’emprise des trafics, à laquelle s’ajoute la sempiternelle question de l’overdose sonore, avec les fêtes tapageuses et le vacarme des moteurs de véhicules trafiqués en toile de fond.

Angelo Mars, la fierté du quartier

Les usagers, et plus particulièrement les femmes, adaptent leurs horaires de sorties, leurs trajets, leurs habitudes, limitent l’accueil de proches à domicile, s’isolent… L’ensemble de la population va ainsi créer des stratégies d’évitement, de contournement pour ne pas entrer en conflit avec les trafiquants. Tous les jours, on assiste au ballet des dealers et des toxicomanes qui s’installent autour de la station de métro de Barkly. Voilà le décor qui s’offre aux voyageurs. Comme une terrible histoire sans cesse renouvelée, grandir dans un tel environnement pour les enfants ne les expose pas aux mêmes modèles de réussite sociale que ceux que l’on retrouve dans des régions huppées ou plus ou moins épargnées par ce fléau.

« Si les trafiquants parviennent à gagner la confiance des plus jeunes, c’est en raison de l’absence des parents et aussi au manque de présence d’associations de quartier sur le terrain », confie un riverain. Ces extraits d’entretiens montrent les failles du système au cœur des quartiers en proie aux fléaux, même si certains jeunes réussissent grâce à leur obstination et à leurs ambitions, à l’instar d’Angelo Mars, qui a déjoué les statistiques en 2022 en devant lauréat (HSC), une bourse qui lui a permis de s’envoler pour l’Angleterre « étudier la finance. » Se confiant à Week-End à l’époque, après avoir réalisé son « rêve d’enfance », l’ex-élève du collège Royal de Curepipe exprimait le souhait que d’autres adolescents de Barkly lui emboîtent le pas. La nomination d’André Toussaint, aussi natif du quartier, à la tête de la mairie des villes sœurs arrive au moment propice, lui qui connaît par cœur la chanson. L’heure est venue de passer de la parole aux actes… avant qu’il ne soit trop tard.

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Réforme de la politique du cannabis

La plateforme de consultation publique est ouverte

 C’est un sujet qui risque de défrayer la chronique dans les mois à venir. La plateforme officielle pour la consultation publique autour de la réforme sur la politique du cannabis est lancée. Une initiative du Technical Group on Cannabis Reform de la National Agency for Drug Control (NADC) qui a annoncé cet exercice vendredi via un communiqué. Les avis et propositions recueillis alimenteront les travaux du groupe technique, qui formulera des recommandations à l’intention du gouvernement. La décision finale quant à l’option à adopter relèvera toutefois des autorités gouvernementales.

Les contributions peuvent être soumises jusqu’au dimanche 21 juin 2026 à minuit. Toute soumission reçue après cette échéance ne pourra être prise en considération dans le cadre de cet exercice de consultation. Pour soumettre vos propositions, vous pouvez aller à l’adresse mentionnée sur le communiqué ou y scanner le QR Code.

Une délégation NADC était, par ailleurs, en mission officielle à Rodrigues. Elle a été reçue en début de semaine, soit le 25 mai dernier, par le chef commissaire de Rodrigues, Franceau Grandcourt, en présence du commissaire des Sports, Varok Ravina, et de l’Island Chief Executive, Thomas Genave. La délégation était composée de Kunal Naik, CEO de la NADC, du Dr Nitish Sunt, coordinateur du département Traitement et Réhabilitation, et le Dr Mungala Soyjaudah, responsable de la division Prévention et prise en charge du VIH/SIDA.

Cette mission visait à renforcer la collaboration avec les différentes parties concernées à Rodrigues afin de mettre en place un cadre structuré pour la lutte contre la drogue et la prévention du VIH sur l’île. Les discussions ont notamment porté sur l’évaluation des besoins et l’analyse de la situation locale, dans le but d’adapter les stratégies de prévention, de traitement et d’accompagnement aux réalités rodriguaises.

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Adolescents admis dans les établissements de santé

Des chiffres qui donnent le vertige

Les chiffres donnent froid dans le dos. Le nombre d’adolescents mauriciens admis dans les établissements de santé publique pour des problèmes liés à la drogue est passé de 117 en 2021 à 173 en 2025. Ces statistiques ont été fournies, au Parlement, le 19 mai dernier, par le ministre des Technologies de l’Information, de la Communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul. Une recrudescence symptomatique du rajeunissement des consommateurs de drogues et l’ampleur prise par les substances synthétiques chez les jeunes.

  • 2025 : 173 admissions
  • 2024 : 139 admissions
  • 2023 : 126 admissions
  • 2022 : 97 admissions
  • 2021 : 117 admissions

 

 

 

Légendes 

  1. Au milieu de la végétation du Parcours de la Paix, un individu titube et semble pris de crises convulsives après avoir consommé de la drogue synthétique
  2. « Zot pe kanpe kot zardin ek terin sintetik. Terin-la vremem sintetik partou », ironisent les habitants
  3. Il y avait du beau monde à la salle du conseil, en présence de Mgr Durhône, de nature à insuffler une certaine dose d’optimisme du côté des riverains
  4.  À la rue De Chazal, le long du terrain (abandonné) de basket, ils sont nombreux à faire fi des lois en brûlant des gaines entourant des kilos de câbles électriques

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