À Maurice, 968 naissances ont été enregistrées chez des mères de moins de 20 ans en 2024, dont 17 chez des filles âgées de moins de 15 ans. Ces chiffres, publiés dans le Family Planning and Demographic Yearbook 2024, mettent en lumière les défis liés à la santé des adolescentes. La santé mentale constitue une autre préoccupation. Une enquête menée en 2017 révélait que 16 % des élèves âgés de 13 à 17 ans avaient sérieusement envisagé une tentative de suicide. Ces réalités figurent parmi les questions abordées lors d’une consultation nationale consacrée à la santé des adolescents, ouverte ce vendredi 6 novembre à Port-Louis.
Les grossesses précoces, la détresse psychologique, la consommation de drogues, le harcèlement et les violences font partie des difficultés auxquelles les adolescents peuvent être confrontés. À ces problèmes s’ajoutent les conséquences des technologies numériques sur leur bien-être et les obstacles rencontrés par certains jeunes pour accéder aux services de santé.
Selon les données officielles, Maurice comptait environ 145 280 adolescents âgés de 10 à 19 ans en 2024, soit près de 12 % de la population. Une partie importante de la population dont les besoins en matière de prévention, d’accompagnement et d’accès aux soins nécessitent une attention particulière.
La santé mentale demeure l’un des enjeux majeurs. Lors de la consultation, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé à Maurice, le Dr Abdou Salam Gueye, a rappelé les résultats de la Global School-based Student Health Survey de 2017. Cette enquête indiquait que 16 % des élèves âgés de 13 à 17 ans avaient sérieusement envisagé de mettre fin à leurs jours. Le représentant de l’OMS a souligné la nécessité de disposer de données plus récentes pour mieux comprendre la situation actuelle et identifier rapidement les jeunes ayant besoin d’un accompagnement.
L’accès aux soins constitue également un défi, particulièrement pour les adolescents en situation de handicap ou issus de milieux confrontés à des difficultés sociales et économiques. Le besoin de services accessibles, adaptés à leur âge et respectueux de leur confidentialité a été mis en avant. La prévention des violences, l’éducation à la santé sexuelle et reproductive, la nutrition et l’activité physique figurent aussi parmi les priorités évoquées.
Ces préoccupations sont au centre du National Youth Consultative Workshop on Adolescent Health, organisé les 6 et 7 novembre à The Docks, Port-Louis, sous le thème « My Voice, My Health, My Future ». Cette rencontre, organisée conjointement par le ministère de la Santé et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), donne aux jeunes l’occasion de partager leurs expériences et de proposer des solutions aux difficultés qu’ils rencontrent.
La Junior Minister de la Santé, Anishta Babooram, a notamment insisté sur la nécessité d’associer directement les adolescents aux décisions qui touchent leur quotidien. L’objectif est de ne plus les considérer uniquement comme des bénéficiaires des programmes de santé, mais aussi comme des acteurs capables de contribuer à leur amélioration.
Les propositions recueillies durant ces deux journées serviront à la révision de la Stratégie nationale pour la santé des adolescents 2024-2029. Elles devront également contribuer à l’élaboration d’un plan d’action actualisé, avec des responsabilités définies, des échéances et des indicateurs permettant d’évaluer les progrès réalisés.

