Avec plus de 200 000 personnes diabétiques et environ 700 amputations pratiquées chaque année, le diabète constitue un enjeu majeur de santé publique à Maurice. Face à la progression de cette maladie et de ses complications, le gouvernement renforce par conséquent les services de santé avec l’ouverture d’un nouveau Diabetes and Vascular Health Centre. Après celui de l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis, en janvier, un nouveau centre a ainsi été inauguré ce 22 avril à la Mediclinic de Triolet, marquant une étape importante dans le renforcement des services de santé pour les patients atteints de diabète et de troubles vasculaires associés.
Ce One-stop Shop propose une gamme complète de services sous un même toit, notamment le dépistage de la rétinopathie diabétique, une salle d’éducation au diabète, des services de planification familiale, des conseils diététiques, ainsi qu’une clinique de soins des pieds pour les patients diabétiques, entre autres. L’objectif est de renforcer le dépistage précoce, de consolider la prévention, d’assurer un suivi continu des patients et de réduire les complications graves liées au diabète. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Santé et du Bien-être, Anil Bachoo, du ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, de la ministre déléguée à la Santé, Anishta Babooram, du député de l’Assemblée nationale Kaviraj Rookny, et du directeur régional de la Santé par intérim, le Dr Vinod Kumar Dwarkasingh Allgoo, entre autres personnalités.
Dans son allocution, le ministre Bachoo a souligné que ce centre constitue « une initiative majeure qui témoigne de l’engagement fort de notre gouvernement à relever l’un des défis de santé les plus pressants auxquels notre nation est confrontée », faisant ainsi référence au diabète. Rappelant qu’environ un adulte sur cinq est atteint de cette maladie, il précise néanmoins que près d’une personne diabétique sur trois ignore sa condition, ce qui retarde le diagnostic et augmente le risque de complications graves, telles que l’insuffisance rénale, la cécité et les amputations. « Ces chiffres montrent clairement l’urgence de renforcer à la fois la prévention et la prise en charge du diabète », estime le ministre.
Ce dernier a ainsi insisté sur l’importance de la prévention, indiquant que de nouvelles mesures sont mises en place afin de renforcer le dépistage précoce et d’accompagner les personnes à risque de développer le diabète. Il a également annoncé l’introduction de programmes structurés visant à aider les patients nouvellement diagnostiqués à mieux gérer leur condition et, dans certains cas, à atteindre une rémission, réduisant ainsi l’impact à long terme de la maladie sur les individus et le système de santé. « Une équipe spécialisée en provenance d’Angleterre viendra à Maurice plus tard cette année afin de former les professionnels de santé aux soins des pieds chez les patients diabétiques, une étape clé pour réduire les complications et les amputations », a-t-il ajouté.
De son côté, le ministre Woochit a souligné la nécessité de renforcer la coordination entre les institutions de santé et les collectivités locales afin d’améliorer la prestation des services de santé à Maurice. Une collaboration plus étroite au niveau communautaire est de fait « essentielle », dit-il, pour mener des actions efficaces de sensibilisation aux maladies non transmissibles et promouvoir la prévention. Ranjiv Woochit a également insisté sur le fait que les collectivités locales doivent soutenir les campagnes de sensibilisation du public et faciliter l’accès précoce aux services de dépistage et de traitement afin d’améliorer les résultats en matière de santé et de réduire la pression sur les structures publiques.
De son côté, Kaviraj Rookny a souligné que la prise en charge des patients ne doit pas se limiter au traitement, mais inclure également l’écoute et le soutien, compte tenu du poids psychologique de la maladie. Il a, en outre, mis l’accent sur l’importance de l’éducation des patients aux bonnes habitudes de vie, indiquant que le centre doit servir de « lieu d’espoir et d’accompagnement » pour les aider à mieux gérer leur condition et améliorer leur qualité de vie.

