Le regroupement national des institutions scolaires NAFCO (National Forum for Colleges) dénonce « une regrettable Rat Race qui pénalise nos jeunes et pervertit le système éducatif ». Dans une correspondance adressée au ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, le 21 septembre, NAFCO écrit : « We, Students, Demand Immediate Action Against the Rat Race ».
200 étudiants, membres de NAFCO, disent être « en faveur de réformes éducatives qui visent à diminuer la compétition toxique dans les collèges. Parmi ces réformes figurent de nouveaux règlements applicables aux leçons privées ainsi qu’un changement au système de lauréats afin d’attribuer les bourses d’État aux jeunes qui en ont réellement besoin. D’après NAFCO, ces réformes visent aussi à réduire l’écart entre les étudiants à faible revenu et les plus aisés, permettant de réduire les inégalités et assurant un meilleur accès aux opportunités. » NAFCO ajoute qu’« afin de porter la voix de milliers de Mauriciens qui partagent ce point de vue, l’organisation et ses 1 500 membres invitent les Mauriciens à signer une pétition en ligne qu’elle a lancée le 21 septembre. »
Dans, la correspondance, NAFCO établit ses demandes : permettre aux étudiants de participer aux processus de prise de décisions; réformer le système de bourses d’État pour privilégier une approche fondée sur les moyens financiers, tout en prenant en compte les compétences interdisciplinaires, l’esprit critique et l’engagement civique; instaurer des heures d’activités extrascolaires obligatoires pour tous les élèves à partir de la Grade 7; renforcer la réglementation des leçons particulières en les interdisant de la Grade 1 à 9, tout en limitant leur durée à cinq heures par semaine pour les élèves plus âgés, sous le monitoring d’un registre national numérique, et sérieusement envisager la mixité dans tous les établissements publics de Maurice, de Grade 7 à 13, en l’accompagnant d’une éducation civique et sexuelle adaptée ainsi que d’un soutien en matière de santé mentale.
Abordant l’éducation holistique, NAFCO avance que « notre système éducatif actuel est idéal pour former des IA, mais pas pour cultiver l’esprit critique et la créativité. Il incite les élèves à mémoriser leurs manuels et à restituer le tout lors des examens. Cela ne les aide ni à développer un esprit critique ni à remettre en question le monde qui les entoure. Au contraire, ce système produit des robots identiques qui connaissent leurs manuels par cœur, mais rien d’autre. Il ne faut donc pas s’étonner si, dans 20 ans, rien n’aura changé à Maurice. Sans une éducation qui enseigne aux élèves leur passé, notre histoire commune ou la politique, comment espérer que nos décideurs fassent mieux à l’avenir ? »
NAFCO conclut sa sortie en règle contre le système sur une note positive : « en avril 2025, le Premier ministre a déclaré que la seule ressource de ce pays est son capital humain. Nous attendons que des investissements et des réformes suivent. Certaines de ces réformes peuvent sembler impossibles. Il peut paraître inconcevable de renoncer à notre cher système des lauréats, simplement parce que les choses ont toujours fonctionné ainsi et que cela fait, soi-disant, partie de notre culture. Toutefois, Monsieur le Ministre, vous conviendrez qu’il n’est pas nécessaire que les contribuables financent des élèves dont les parents gagnent Rs 10 millions par an. Ces mêmes élèves partent avec une longueur d’avance sur la plupart de leurs camarades et ont accès aux meilleurs cours particuliers. Nous avons besoin de bourses fondées sur les besoins. Avec une volonté politique et en plaçant l’élève moyen au centre des priorités, toutes nos mesures sont aisément réalisables.»

