À Rodrigues, la bataille politique de 2027 semble déjà avoir commencé. Alors que Johnson Roussety évoque des discussions avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, autour d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée régionale, le chef commissaire de l’Executive Council, Franceau Grandcourt répond : « pas pour bientôt ! » Deux déclarations. Deux approches.
Littéralement à la veille de la Journée de l’Autonomie, le paysage politique rodriguais connaît un nouveau coup de tonnerre. La dissolution de l’Assemblée régionale, évoquée par le chef commissaire adjoint Johnson Roussety, ne semble pas être une priorité pour le chef commissaire Franceau Grandcourt. Ce dernier maintient la ligne déjà exprimée le 28 août : poursuivre le mandat et faire avancer les dossiers du gouvernement régional. L’actuelle Assemblée régionale doit, en principe, arriver au terme de son mandat le 5 mars 2027.
C’est cette différence de position qui alimente aujourd’hui les interrogations.
Johnson Roussety avait évoqué des discussions à venir avec le Premier ministre en vue d’une dissolution. Franceau Grandcourt indique, lui, que toute discussion concernant une éventuelle dissolution relève de ses responsabilités. Le message du chef commissaire est donc sans ambiguïté sur le calendrier : ce n’est pas pour maintenant.
Mais derrière cette question institutionnelle se profile un autre dossier, beaucoup plus sensible : l’avenir de l’Alliance Libération.
Alliance sous pression ?
Selon des sources proches de l’alliance, des divergences existeraient actuellement entre plusieurs membres de l’exécutif et Johnson Roussety. Ces sources avancent même que sept des neuf membres du gouvernement régional seraient en désaccord avec certaines de ses méthodes de fonctionnement. Des critiques concerneraient notamment sa participation aux réunions du Conseil exécutif et sa présence aux séances de l’Assemblée Régionale de Rodrigues. Ces éléments sont toutefois attribués à des sources proches de l’alliance et ne constituent pas une position officiellement exprimée par chacun des membres concernés.
Car l’Alliance Libération regroupe plusieurs formations. Toute déclaration faite au nom de l’ensemble de l’alliance devrait donc normalement être précédée d’une concertation.
Et c’est justement ce qui donne une portée particulière aux propos de Franceau Grandcourt du 28 août. Le chef commissaire avait alors évoqué la possibilité d’une nouvelle configuration politique pour 2027, avec potentiellement une nouvelle bannière et une nouvelle manière de fonctionner.
Son message avait été direct : « Nou bizin al dan eleksion avek enn lot stil lalians kot pa pou ena one-man-show. » Aujourd’hui, cette déclaration revient au centre du débat.
Compte à rebours
La dissolution n’est donc pas annoncée pour demain. Mais politiquement, le débat de 2027 est déjà ouvert. Qui décidera du calendrier ? Quelle forme prendra l’Alliance Libération ? Les différentes composantes partiront-elles ensemble ? Une nouvelle bannière verra-t-elle le jour ? Et surtout, qui assumera le leadership de cette nouvelle étape politique ?
Pour l’instant, Franceau Grandcourt parle de continuité. Johnson Roussety a évoqué une possible dissolution. Une chose est certaine : à Rodrigues, la campagne de 2027 n’a peut-être pas encore officiellement commencé, mais les grandes manœuvres, si.

