WIO FUTURES 2026 — Boolell : « Maurice veut accélérer sa stratégie d’économie bleue »

Maurice entend franchir une nouvelle étape dans le développement de son économie bleue. C’est le souhait émis par le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et des Pêches, Arvin Boolell, à l’ouverture de la conférence WIO Futures 2026, organisée par le Charles Telfair Centre en collaboration avec la Fondation Odysseo, Curtin Mauritius et plusieurs partenaires internationaux.
Placée sous le thème « Construire une économie océanique résiliente à travers la science, la politique et la communauté », cette conférence réunit à Maurice des scientifiques, des décideurs politiques, des diplomates, des représentants du secteur privé et des membres de la société civile autour des enjeux de gouvernance océanique dans l’océan Indien occidental.
Le ministre est revenu sur le fait que Maurice est un grand État océanique avec une zone économique exclusive de 2,2 millions de kilomètres carrés et un plateau continental partagé de 400 000 kilomètres carrés avec les Seychelles. Il estime que l’océan demeure un pilier fondamental de l’économie mauricienne, notamment à travers le tourisme, la pêche, le transport maritime et la logistique.
Il ajoute que les opportunités économiques les plus importantes pour Maurice restent directement liées à l’exploitation durable des ressources marines. Il a fait état que le pays s’est engagé depuis plusieurs années dans une stratégie de développement de l’économie océanique, avec le lancement dès 2013 d’une feuille de route destinée à faire de Maurice un leader régional dans ce secteur.
Arvin Boolell a également évoqué les travaux menés de concert avec plusieurs partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale et la Banque africaine de Développement, afin d’élargir les perspectives de développement dans des domaines, tels que la biotechnologie marine, les marchés du carbone bleu, les ports verts, les carburants marins alternatifs ou encore les énergies marines renouvelables.
Il s’est appesanti sur les consultations nationales menées dans le cadre des Assises de l’Océan 2025 et des dix Dialogues océaniques qui ont rassemblé des représentants du gouvernement, secteur privé, des membres de la communauté de pêcheurs, des universitaires et des partenaires internationaux. Ces consultations serviront de base à la future stratégie nationale de l’économie bleue, actuellement en préparation et attendue d’ici à juillet prochain.
Le ministre a aussi annoncé qu’une législation spécifique sur l’économie bleue est en préparation avec l’appui de la Banque mondiale afin d’encadrer davantage le développement du secteur.
Il estime que plusieurs secteurs affichent déjà des performances solides, notamment le tourisme côtier et marin, le transport maritime, la logistique portuaire et la pêche industrielle. Parallèlement, les secteurs émergents comme l’aquaculture, les énergies marines renouvelables, la biotechnologie marine et la finance bleue présentent désormais un fort potentiel de croissance.
Le ministre a mis en avant l’évolution du contexte international, évoquant notamment l’Accord BBNJ, le Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal ainsi que les objectifs de décarbonation du transport maritime fixés par l’Organisation maritime internationale à l’horizon 2050. Selon lui, ces transformations ouvrent de nouvelles perspectives stratégiques pour Port-Louis et pour Maurice dans son ensemble.
Il indique que la loi sur la pêche de 2023 a permis de moderniser le cadre réglementaire, notamment grâce à l’introduction de systèmes obligatoires de surveillance des navires. La Troisième Contribution Déterminée au Niveau National (NDC 3.0) prévoit par ailleurs que 60 % de l’énergie du pays provienne de sources renouvelables d’ici à 2035, avec une place importante accordée aux énergies marines.
Arvin Boolell a affirmé que Maurice ambitionne désormais de faire passer la contribution de l’économie bleue au PIB national de 10,5 % à 20 % d’ici à 2035.
Il est également revenu sur le fait que lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan tenue à Nice, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait réaffirmé l’engagement du gouvernement à créer une aire marine protégée autour de l’archipel des Chagos après le rétablissement de la souveraineté mauricienne sur le territoire.
Le ministre a aussi évoqué l’organisation d’un forum consacré à l’économie bleue organisé lors du sommet Africa Forward, et co-présidé par Maurice et le Sénégal au cours duquel l’économie bleue a occupé une place importante dans les discussions sur la croissance durable, la souveraineté maritime et la transition bas carbone.
Plus de vingt intervenants internationaux venus notamment des Seychelles, d’Afrique du Sud, d’Inde, d’Australie, du Canada, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Danemark participent à cette édition de WIO Futures 2026.
À l’issue des délibérations, une feuille de route politique consacrée à la gouvernance océanique et à l’économie bleue devrait être élaborée autour de trois axes principaux : le rôle de la science dans la prise de décision, l’intégration des connaissances communautaires dans la gouvernance maritime et le renforcement de l’influence des petits États insulaires dans les négociations internationales liées aux océans et au climat.

- Publicité -

 

EN CONTINU
éditions numériques