Du haut de ses 37 ans, Gilbert Alfred est un grand gaillard au physique impressionnant qui a toujours faim de victoires et de de conquêtes. Pas la peine de lui poser la question, il anticipe déjà et effectue le smash parfait, « Ne me posez pas la question. Je dis toujours que je joue pour la médaille d’or. Pourquoi prendre part à une compétition, si l’on n’a pas d’ambition? »

C’est dire de la personnalité de ce champion qui défendra pour la première fois, les couleurs de Maurice, dans une autre discipline que le volley-ball pour les Jeux des îles de l’Océan Indien, à savoir le beach-volley.

La rédaction sportive de Week-End ne pouvait pas passer à côté de ce combattant né, vrai dur au mal, amoureux de son sport, et qui ne recule devant rien, pour atteindre ses objectifs. Car, il ne faut pas oublier qu’Alfred a été de l’épopée de 2003 à Maurice, lui qui a 19 ans, avait goûté au sacre devant son public, dans le gymnase de Pandit Sahadeo, bondé comme un œuf. « C’était un moment magique. Une expérience absolument enivrante ! Vous savez, la force de cette équipe était le groupe unificateur. Nous avions effectué une belle préparation et nous étions tous soudés. Nous avions envie de nous battre pour notre pays. Nous savions que nous étions attendus au tournant et nous ne voulions pas décevoir notre public. C’était un groupe de vainqueurs », a-t-il confessé.

Avant de poursuivre, « Notre entraîneur, à cette époque, Fayzal Bundhun, dirigeait le groupe avec une poigne de fer. Il avait de l’autorité sur tous les joueurs. C’est aussi l’une des critères pour réussir. Nous étions bien encadrés, très soutenus… »
Sportif dans l’âme, il possède un palmarès qui parle que pour lui, avec de nombreux titres, au niveau national. Il a débuté sa carrière au Vallijee Citizens, pour ensuite rejoindre l’Union Sportive de Beau-Bassin/Rose-Hill. Il a aussi porté les couleurs du Racing Club (junior et cadet), décrochant deux titres de champion. Il effectuera le grand saut à la Fire Brigade qui, après la régionalisation, deviendra le Port-Louis Red Star. Quelques temps plus tard, c’est au Faucon Flacq Camp Ithier VBC qu’il continuera à garnir son armoire à trophées, avant de porter les couleurs de Trou-aux-Biches Sharks.

« bizin zoué ar leker…»

Connu pour la puissance de ses frappes, celui qui est considéré comme le volleyeur le plus expérimenté du circuit local actuellement, a aussi joué une saison professionnelle au Qatar, en 2009 pour l’équipe d’Al-Ahli. « J’ai consacré près de 20 ans de mon existence au volley-ball. J’ai beaucoup donné et fait énormément de sacrifices. Certains ne le réalisent pas, mais il faut beaucoup de volonté, d’abnégation, de discipline et de rigueur, pour durer. Le chemin est parfois semé d’embûches, mais il faut toujours y croire et donner le maximum. Couma mo dir souvan, bizin zoué ar leker », a-t-il avoué. En effet, joueur très régulier et complet, connu pour son sens du leadership, il compte bien tirer sa révérence, comme il l’a commencé, en montant sur la plus haute marche du podium, dans une autre discipline cette fois…

«J’ai toujours pratiqué le beach-volley notamment dans les tournois d’entreprises. Mais c’est en 2011 que j’ai commencé à prendre part à des compétitions au niveau international. Les gens ont tendance à penser que ce sport est plus facile à jouer que le volley. Mais c’est faux. Au beach-volley, il n’y a que quatres joueurs (2 contre) sur un terrain de 8×8 mètres sur le sable. Tu dois être complémentaire avec ton coéquipier. Le mental doit être encore plus fort et le fait d’évoluer sur le sable, rend les appuis instables. Je n’ai aucun regret d’avoir privilégié le beach-volley. Je le prends comme un nouveau challenge », a soutenu notre interlocuteur. Mais ce grand champion a une idée en tête, un rêve qu’il voudrait à tout prix accomplir. « Je veux laisser mon empreinte sur les JIOI. C’est la première fois que le beach-volley est au programme des Jeux et je veux remporter avec mon coéquipier, cette médaille d’or symbolique, pour entrer dans les annales du sport local. Je suis un compétiteur et j’ai envie d’apporter ma pierre à l’édifice », a-t-il déclaré.

Mais cette force de la nature n’oublie pas non plus, le plus important, la famille. « En 2003, j’étais un jeune loup affamé, en 2019, je suis un père de famille, avec deux magnifiques enfants, Kaylyan et Rayyan, et ma merveilleuse femme, Samantha. Je ne serais pas là aujourd’hui, sans le support de mon entourage. Ce n’est pas évident pour eux, car je suis souvent en déplacement, ou aux entraînements. Je dois faire la part des choses et être à la hauteur des attentes placées en moi. Je n’oublie pas ma maman Marie-Noëlle, et mon papa Germain, qui nous a quittés l’an dernier, et avec qui j’entretenais un lien particulier. C’était mon premier supporter. Je suis sûr que de là ou il est, qu’il veillera sur moi, et qu’il m’aidera dans ma mission », a-t-il conclu.
Un proverbe grec dit, « Celui qui pille avec un petit vaisseau se nomme pirate; celui qui pille avec un grand navire s’appelle conquérant. »
Gilbert Alfred est de la trempe parmi des conquérants !

  Mon message aux Mauriciens : « Nous avons besoin de vous, public ! »  

« Il faut croire en nous. Nous avons besoin d’un soutien positif. Je me souviens que lors des derniers JIOI à Maurice, en 2003, nous considérions le public comme le 7e homme. L’appui du public est un plus, qui nous permet de nous transcender, voire d’accomplir des miracles. Nous avons besoin de vous, public ! »