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La NADO Mauritius, suspendue depuis novembre 2017, toujours en attente d’être régularisée

Les Nado rules bientôt envoyés à la WADA pour analyse avant d’être approuvés

Les tests anti-dopage pendant les 10es Jeux des Iles de l’océan Indien, seront effectués par le Seychellois Paul Nioze, administrateur de la Regional Anti-Doping Organisation (RADO). C’est ce qui a été annoncé lors de la réunion du Conseil international des Jeux (CIJ), tenue les 18 et 19 février au Voilà Bagatelle. Selon nos informations, les échantillons collectés seront ensuite acheminés vers le laboratoire de Bloemfontein en Afrique du Sud à des fins d’analyses.

C’est finalement l’administrateur au secrétariat de la RADO, basée aux Seychelles, qui aura la responsabilité de mener les tests anti-dopage pendant les 10es JIOI, qui se tiendront à Maurice du 19 au 28 juillet prochain. Cette décision, faut-il le préciser, a été prise du fait que la National Anti-Doping Organisation (NADO) Mauritius n’est toujours pas fonctionnelle, étant sous le coup d’une suspension de la World Anti-Doping Association (WADA) depuis novembre 2017. La raison, comme évoquée en maintes occasions dans ces mêmes colonnes, est que les dispositions de l’Amended Sports Act, qui a pris force de loi en décembre 2016, ne correspondent pas aux exigences de la WADA.

Il est, en effet, reproché à la NADO Mauritius de ne pas fonctionner de façon indépendante, contrairement aux directives, pourtant très claires en 2016 de Rodney Swigelaar, directeur de l’African Regional Office (ARO) de la WADA, basé en Afrique du Sud. Malheureusement, aucune disposition n’avait été prise en ce sens par l’ancien ministre Yogida Sawmynaden comme en témoigne d’ailleurs, la présence de fonctionnaires au sein même de la NADO Mauritius. Idem pour la base d’opération qui devait rester neutre, mais que le MJS a maintenu au centre médico-sportif à Vacoas !

Deux experts de la WADA, nommément Emiliano Simonelli (Chief Compliance Manager) et Rodney Swigelaar, s’étaient même déplacés à Maurice en août de l’année dernière (17 et 18) dans le but d’aider le ministère de la Jeunesse et des Sports à rendre la NADO Mauritius enfin conforme.

80 tests prévus

Sollicité par Week-End, le ministère de la Jeunesse et des Sports, a confirmé que c’est bien un Seychellois qui sera responsable de la partie anti-dopage aux JIOI. Il a été ainsi porté à notre connaissance que Paul Nioze sera assisté dans sa tâche par deux, voire trois DCO (Doping Control Officer) des autres îles de la région et qu’un « refresher course »sera même organisé avant les Jeux. Il nous revient également que 80 tests sont prévus dans le cadre de ces JIOI. On avance qu’un certain nombre de procédures sont à entreprendre et que des équipements, entre autres, devront être acheminés à Maurice.

Pour ce qui est de la NADO Mauritius, le service de communication du MJS précise que des amendements ont été apportés aux Nado rules, en lien avec le Sports Amendment Bill présenté à l’Assemblée Nationale en décembre 2018. Ces règlements, affirme-t-on au MJS, sont en voie d’être finalisés. Ils seront ensuite examinés avant qu’un nouveau« draft » soit envoyé à la WADA pour analyse d’abord, avant d’être approuvés. Aussitôt le feu vert obtenu, un nouveau board de la NADO Mauritius sera nommé.

Entre-temps, il se trouve que c’est l’officier du MJS, Allen Cadressen, qui continue d’agir en tant que Manager de la NADO. Comme en témoigne le courriel envoyé aux fédérations le 18 novembre dernier, concernant la liste des produits prohibés par la WADA, en vigueur à partir du 1er janvier 2019. Cet organisme a été suspendu justement, en raison de la présence des fonctionnaires dans sa gestion !

Pour conclure, on estime, dans les milieux concernés, qu’il est dommage qu’un dossier aussi important que les tests anti-dopage, traîne toujours, trois ans après ! Alors même que le pays a investi une fortune, soit un milliard de roupies, dans l’organisation de JIOI, nous ne sommes pas en mesure d’assurer nous-mêmes des tests anti-dopage !