Rassemblement à Pointe Canon pour le 1er février axé sur la liberté d’expression, entre autres

Le collectif citoyen Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) tient ferme et s’accroche fort aux 1200 mètres de plage sauvage à La Cambuse. Après le coup de massue de la mise en demeure d’Omnicane, lundi, à l’encontre de 14 membres du groupe, ces derniers ont décidé de ne pas lâcher prise. Tandis que le conglomérat dirigeant le projet de la Smart City de Mon Trésor soutient que le projet est bel et bien légal et qu’il n’est qu’un « projet durable, intégré, et respectueux de la nature, comprenant des zones résidentielles, commerciales, de bureaux et de loisirs, entre autres », AKNL campe sur sa position et dénonce une tentative d’accaparement.

Dans un communiqué officiel émis en semaine, Omnicane s’explique. Yan Hookoomsing, Carina Gounden, Moonsamy (Vela) Gounden, Oormila Sahodree, Jean-Marie David Sauvage, Georges Stephan (Stefan) Gua, Paveetree (Veena) Dholah, René Jacques Sébastien Sauvage, Ashok Kumar Subron, France Hervé Sénèque, Michel Essan Chiffone, Abur Raheem Gopaul, Ian Harvey Jacob et Shanon Goundan n’ont plus le droit d’empiéter sur les terres d’Omnicane ou d’y organiser des rassemblements. C’est ce qui ressort d’une communication officielle du groupe, qui estime qu’AKNL a fait de fausses allégations concernant le projet très controversé de construction de la Smart City de Mon Trésor. « Ces allégations et mises en cause infondées comportent de nombreuses inexactitudes et une certaine malveillance qui portent atteinte à l’intégrité d’Omnicane », souligne le groupe.

Cette affaire remonte à quelques mois, lorsqu’AKNL décide de tirer la sonnette d’alarme en tombant sur des activités jugées louches dans la région de La Cambuse. La cause de la bagarre : l’éventuel accaparement de pas géométriques jusqu’alors accessibles aux Mauriciens. « Konsernan privatizasion Pas Geometriques La Cambuse, bizin konpran ki sa konsern 1200 met bote laplaz. Alor ki akote laplaz ki piblik dan La Cambuse li zis 600 longer, ek ladan 200 met ros [Pointe Vacoas]. Nek enn ti bout bann laplaz La Cambuse donk ki pu piblik. Ek Omnicane pe rod fer konpran ki li pa pu less piblik vinn enjoy lor Pas Geometriques ki li finn gagne for agricultural purposes. Me Smart City, li pa agricultural purposes », soutient Yan Hookoomsing, membre d’AKNL.

Ce dernier avance par ailleurs que « l’occupation par Omnicane des Pas Géométriques à la Cambuse avait été autorisée à des fins agricoles, l’élevage notamment. Or, ce groupe mauricien a depuis longtemps cessé d’élever le moindre bœuf, mouton ou cabri dans ce bord de mer. À en croire les grandes déclarations de Mahen Jhugroo au Parlement, ce bail donc aurait dû être repris au bénéfice du public mauricien, d’autant qu’il se situe dans la circonscription du ministre lui-même. »

Un ministre des Terres qui répond quasiment absent à toutes les invitations du collectif, malgré les nombreuses lettres envoyées. Commence alors une grande campagne de sensibilisation auprès de la population impliquant les médias, avec notamment l’organisation d’un trail en juin dernier. Des activités a priori inoffensives, mais surveillées de près par Omnicane.

En effet, si AKNL insiste et affirme que ces 1200 mètres de plage sont publiques, tel n’est pas le cas du côté d’Omnicane, qui souligne que « le Smart City Certificate émis par le Board of Investment (aujourd’hui l’Economic Development Board) le 8 septembre 2016 porte sur 184 ha de terres appartenant à Omnicane, en toute propriété » et ajoute que « le développement du Mon Trésor Smart City ne concerne pas les baux sur les terres dites “Pas Géométriques” qu’Omnicane détient. Cependant, tout développement futur sur ces terres se fera en conformité avec les conditions applicables selon le cadre légal et réglementaire. »

Bref, un bras de fer qui risque de durer encore longtemps entre citoyens et cnglomérat. En attendant,
« nou dir Omnicane : aret pran tou pou twa, konn partaze. Ek nou dir Jhugroo : aret trair lepep morisien ek vann nou pei ! » soutiennent les membres d’AKNL.

Affaire à suivre.