Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, est satisfait du constat de l’économie mauricienne fait par la mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée en début d’année par Martin Petri, dans le cadre de l’« Article IV Consultation ». « C’est un excellent rapport. Il nous réconforte dans notre politique économique mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de défis à relever », a déclaré Xavier-Luc Duval (XLD), lors d’un point de presse, hier après-midi, à son bureau. XLD a laissé entendre que le gouvernement se sent toujours interpellé par le problème du chômage en particulier chez les jeunes, que la réduction de la dette demeure également un défi « que nous allons absolument relever » et que la gestion de la situation d’excès de liquidités dans le circuit bancaire tout un demeurant un « issue » n’est pas la seule préoccupation du gouvernement.
« Je suis très content du rapport du FMI », a déclaré d’emblée le VPM et ministre des Finances qui considère que les conclusions de la mission Petri ne réconforte non seulement le gouvernement dans sa politique économique mais aussi l’agence de notation Moody’s qui avait relevé la note attribuée à Maurice pour la porter à « Baa1 », cela alors que bon nombre d’économies ont vu leurs notations être revues à la baisse. XLD s’est réjouit du fait que le FMI ait fait état de la résilience de l’économie mauricienne avec une croissance soutenue malgré les six années de crise dans nos principaux marchés d’exportation. Le VPM et ministre des Finances note que le FMI parle de politiques prudentes, d’institutions solides, d’anticipations contrôlées concernant l’inflation, du dynamisme du secteur privé et des perspectives encourageantes au niveau de la croissance pour 2014. Le FMI, a indiqué XLD, a estimé que la croissance cette année tournerait autour de 3,7% alors que l’inflation avoisinerait les 4,5%. « Au ministère des Finances, on a prévu un taux d’inflation dans la fourchette de 4% à 4,5% mais personnellement j’anticipe un taux d’inflation proche des 4% », a annoncé le grand argentier.
XLD a fait remarquer que le taux d’inflation moyen sur les 13 dernières années a été de 5,4% et que l’année dernière le pays a enregistré un taux d’inflation de 3,5%, l’un des plus bas de la décennie. « La lutte contre l’inflation continue et même à 4% le taux sera inférieur à la moyenne de la dernière décennie », a observé XLD. Ce dernier constate également que le FMI prévoit dans le moyen terme une reprise de l’investissement privé, de l’épargne nationale et une réduction du déficit des comptes courants de la balance des paiements qui atteindrait environ 6,5% du Produit intérieur brut d’ici à 2019.
Chômage et dette
Cependant, malgré le constat général plutôt favorable du FMI, XLD a dit sa préoccupation devant le taux du chômage qui à 8% « reste fort ». Il a fait comprendre que beaucoup d’efforts sont déployés pour résorber le chômage surtout chez les jeunes. Le taux de chômage chez les jeunes est passé de 24% en 2012 à 23% en 2013, a-t-il précisé avant d’ajouter : « C’est un vrai problème. Une croissance économique plus élevée nous aidera à réduire le niveau du chômage ». Parlant de la dette nationale, qui se situe, selon le ministère des Finances, à 55% du Produit intérieur brut, XLD a reconnu que « c’est un défi à relever », affirmant que le gouvernement fera tout pour respecter l’engagement légal de ramener ce taux à 50% du PIB dans cinq ans. Le Grand argentier a fait remarquer que le profil de la dette ne constitue pas un problème vu que la dette externe est largement inférieure à la dette domestique.
Sur la question de la politique monétaire, XLD a déclaré qu’il est également satisfait du constat fait par le FMI. La mission Petri fait les observations suivantes dans son rapport : « The current someswhat accomodative monetary policy stance is appropriate, but inflationary expectations and external developments should be monitored in a forward looking framework ». Pour le VPM et ministre des Finances, il y a plusieurs acteurs derrière la politique monétaire : la Banque de Maurice, le comité de politique monétaire (MPC) et le ministère des Finances. La question d’éponger l’excès de liquidités dans le système bancaire n’est pas une « issue » entre le ministère des Finances et la BoM, déclare XLD qui laisse entendre que les deux parties collaborent pour corriger la situation. « Ce n’est pas un sujet litigieux », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il est satisfait des décisions prises par le comité de politique monétaire. Selon XLD, les actions visant à éponger l’excès de liquidités coûteront environ Rs 200 millions aux contribuables cette année.
Dans un autre ordre d’idées, XLD a fait ressortir que la performance de Maurice ces dernières années a été réalisée dans un contexte global difficile, avec une croissance des plus faibles dans nos principaux marchés. Il se réjouit des observations du FMI à l’effet que le pays est en mesure d’atteindre d’ici six ans, le niveau des économies à revenus élevés. « Nous sommes d’accord qu’il faut des réformes pour réaliser cette performance, surtout au niveau des corps para-publics », a-t-il dit. A une question portant sur la recommandation du FMI concernant la consolidation budgétaire, XLD a déclaré qu’un resserrement trop important aurait pu ou peut affecter la croissance notamment en période crise économique mondiale et avoir des incidences plus grandes sur l’emploi.
Le VPM et ministre des Finances a indiqué que le déficit budgétaire cette année est estimé à 2,8%.