DR DIPLAL MAROAM

Vu le tollé soulevé par le critère des 4 Credits pour l’admission en Grade 12 cette année, qu’en sera-t-il l’an prochain lorsque ce critère sera rehaussé à 5 Credits ? Mais, il n’y a pas que l’éducation qui a connu une détérioration significative en termes de qualité ces dernières années même si le pourcentage de réussite demeure approximativement le même. La dégradation des valeurs fondamentales a entraîné dans son sillage presque tous les autres secteurs socio-économiques et institutionnels, et l’absence d’une volonté politique intransigeante pour rectifier le tir n’a fait qu’aggraver la situation.

Que l’intérêt pour l’éducation chez les jeunes s’effrite de jour en jour n’est un secret pour personne! La culture de lecture n’existe pratiquement plus, ce qui explique, dans une grande mesure, la performance médiocre des élèves en anglais et en français aux examens. En ce qui concerne l’expression orale et écrite, la situation n’est guère réjouissante. Aujourd’hui, les véritables objets de prédilection des jeunes, embourbés dans l’engrenage du matérialisme, sont le smartphone, la musique, le chat, etc. Et qu’en est-il de la discipline dans le milieu scolaire, condition sine qua non pour un processus éducatif crédible et productif ?  Or, il est malheureux de constater que devant le laxisme pour ne pas dire la négligence pure et simple des autorités concernées – responsables éducatifs à différents niveaux ; parents, pourtant premiers éducateurs de leurs enfants mais aussi la force policière –, la situation n’a fait qu’empirer ces dernières années : langage ordurier des élèves, garçons comme filles ; actes obscènes et comportements immoraux dans les lieux publics et les autobus ; consommation d’alcool et d’autres produits synthétiques ; désordre indescriptible dans les gares routières et vagabondage dans les shopping centres après les heures de classes , etc. Certes, s’il ne s’agit pas de mettre toute la classe estudiantine dans le même panier, cette attitude de dévergondage est suffisante pour jeter l’opprobre sur toute la jeunesse et constitue une des causes majeures de l’échec scolaire.

Mais au-delà de la discipline, force est de reconnaître que l’assainissement du secteur éducatif passe essentiellement par une véritable restructuration du système dans son ensemble. À commencer par la démolition de la conception réductrice à l’effet que l’éducation est d’abord et surtout du business. Il y a les leçons particulières à revoir, les abus dans le secondaire privé, l’embauche du personnel et les relations industrielles dans ce secteur, bref, le rôle de la PSEA en général. Il y a aussi à reconsidérer le système dépassé du HSC (que même l’Angleterre a abandonné) et simultanément celui des lauréats qui ne retournent pas au pays mais engloutissant un gros budget de l’État. D’autant que tous les cours sont aujourd’hui disponibles au pays même et que l’éducation tertiaire est désormais gratuite. D’autre part, les inconvénients causés aux élèves accédant au Grade 7 dans le cadre du présent système de régionalisation doivent impérativement être rectifiés. Vu que les star colleges n’admettent plus des élèves en Grade 7, il est temps de rétrécir les régions existantes. Des 4 zones géographiques, pourquoi ne pas passer à 8, voire même 10, afin d’épargner aux élèves de 11-12 ans le calvaire de voyager des dizaines de kilomètres chaque jour.

HSC Pro

Finalement, si le critère des 5 Credits sert, à juste titre, de stimuler la responsabilité des élèves par rapport à leurs études, l’on s’interroge sur ce flagrant manque d’intérêt de la part des autorités éducatives de mettre plus d’accent sur le HSC Pro. Est-ce parce que ce projet avait été introduit par l’ancien régime ? Or, pour ceux qui ne démontrent pas de grande inclination pour la filière académique classique mais voulant poursuivre leurs études dans un établissement scolaire selon une pédagogie caractérisée après le SC, le HSC Pro représente l’option la plus adaptée. Pourquoi alors ne pas assouplir les critères d’admission à cette filière uniquement afin d’élargir les opportunités qu’offre l’éducation nationale, institution qui doit, après tout, demeurer au-dessus de la politique politicienne. Cependant, la politique mauricienne étant ce qu’elle est, il y a fort à parier qu’un nouveau régime chamboulerait toute la réforme entreprise sous ce gouvernement pour tout ramener à la case départ, comme ce fut le cas en 2005.