Au revoir mon île… mon île jadis si douce, si tendrement recouverte de canne à sucre, mais où la vie devient désormais ‘margoz’… tels les visages crispés, faussement détendus et souriants de ses dirigeants quasi autoritaires à la conférence de presse de samedi dernier. Exercice de honte et de faussetés, aidé d’un parterre d’aspirants directeurs de communication du prochain bureau premier ministériel ou encore de la deuxième présidence de la république !  Chronique d’une maladie annoncée… d’une gangrène et d’une mort certaine. A commencer par les futur ‘sacrifiés’…ceux qui étaient bons il y a 5, 10 ou 20 ans, mais qui ne sont désormais plus ‘ministrables’. Il y aura aussi ceux du terrain, qui se battent au sens propre avec leurs adversaires pendant les joutes électorales… et qui iront se faire des « mamours » aux prochaines, ordre des leaders maximo rouge et mauve. Tout ceci ne présage que désamour et mésalliance… comme si aucune leçon du passé n’aura été retenue. Comme si « l’expérience », ce mot qu’ils auraient utilisé ad nauseum, n’aurait été que chimérique.
La nouvelle alliance est tout sauf bonne pour notre pays. Toutes les raisons énumérées par les leaders de la honte, égrenées comme un chapelet pour demander pardon, n’ont eu raison de ma logique. Cette deuxième république se solde au partage du pouvoir, de répartition de maroquins, d’absolution pour et par intérêt plus que personnel. On comprend, à travers les phrases en demi-teinte et les sourires « décon » (pour ne pas dire de con), que tout ceci n’est qu’un manège…un « cinéma » de mauvais grade… une pilule sucrée et enrobée de miel pour faire avaler aux autres « admirab » scotchés devant leurs télés et leur journaux… se disant que ça devra le faire, puisque les « comités exécutifs » et « assemblée des délégués » auraient avalisé ce choix. Tant qu’à faire si on ne comprend pas forcément de quoi ressort ce comité ou cette assemblée… ça a l’air important puisqu’ils l’ont dit eux-mêmes les leaders… on ne croirait pas quand même qu’ils auraient pris la décision seuls… on vit quand même dans une démocratie ! Voilà le raisonnement « admirab » devant lequel je resterai en exaltation jusqu’à la fin des temps.
Patriote rentrée au pays par choix… ayant servi et voulu servir encore… je préfère la fuite, en avant. Ayant fait mes premières armes au sein d’un de ces deux partis de la honte… je tire ma révérence, sans saluer bien bas qui que ce soit. Aucun de ces politiciens, au sens propre, ne vaut mon vote. Aucun ne saurait me faire changer d’avis… de me garder ici auprès de mes plages ou de ma patrie. Aucune raison, ni de sang ni de coeur, ne saura me faire renouer avec l’envie de me battre pour la démocratie, la méritocratie ou autres principes pour lesquels ces leaders du désespoir disent s’allier. Aucune ‘dream team’ ne pourra taire mes cauchemars… les pires qui soient… lorsque le soir les voix dans ma tête tentent d’attiser la tristesse qui hurle dans ma poitrine.
Au revoir mon île… je m’en vais. Je ne serai pas là aux prochaines élections. Je ne traînerai les rues d’aucune circonscription… ne partagera aucun tract… n’assistera à aucun meeting… ne fera aucun porte-à-porte… ni fera le tour des « baz ». Mes couleurs pâlissent au fond de moi. Les posters du passé, les fanions des défilés d’antan… je les jette ! Je les brûle ! Je n’ai pas le coeur de rester… je ne peux voir ce travestissement de notre démocratie. Je renonce…. Je renonce à toi, mon île. Je préfère une autre patrie où les parjures et les perversions ne sauront m’affecter. Je te retrouverai peut-être quand le trépas aura emporté ceux qui te pourrissent et te salissent. Je garde ainsi espoir que tu seras un jour à nouveau celle que j’ai connue…