Le rideau se lève à 16h cet après-midi sur les 15es Championnats d’Afrique de badminton qui se tiendront jusqu’au 21 courant au centre national, Rose-Hill. Avec aucun enjeu de qualification olympique, ni de Mondiaux par équipes en vue, l’événement n’en conservera pas moins tout son cachet africain où les titres par équipes et individuel compteront pour l’honneur. Et les prétendants ne manquent pas. Avec notamment le Nigéria et l’Afrique du Sud, les deux géants du continent, mais aussi la Zambie, l’Egypte et les Seychelles entre autres.
Le tournoi débute donc cet après-midi avec la compétition par équipes après la tenue de la réunion technique (14h) qui décidera de la répartition des pays au niveau des deux poules. La délégation des Seychelles a débarqué lundi. Elle était suivie hier matin par celle du Maroc alors que les délégations de l’Afrique du Sud, du Botswana, du Nigéria, du Kenya,  de l »Egypte sont arrivées dans l’après-midi. Aujourd’hui, les équipes de la Zambie, du Ghana et des deux Congo (RDC et KInshasa) étaient attendues ce matin. Par contre, la participation de l’Ouganda est incertaine pour raison financière alors que l’Algérie sera engagée uniquement au tournoi individuel en masculin. Idem pour la Tanzanie et Madagascar qui sont toujours en quête de soutien financier.
Sur un plateau aussi relevé, la sélection nationale qui arbore un nouveau souffle avec l’apport du nouveau DTN, le Malaisien Nantha Kumar Tarbadas, tentera de se frayer un passage vers les sommets. C’est une échéance qu’elle attendait avec une certaine impatience après une préparation entamée depuis six mois couplée au final d’un camp d’entraînement de deux semaines en Malaisie. Mais pour le coach, les badistes n’aborderont pas forcément la compétition en pic de forme. Il avoue que « le stage en Malaisie leur a été très profitable. Ils ont été plus exposés à des  joueurs d’un niveau supérieur. Cela a été un test à la fois technique et physique avec une séance le matin et des matches dans l’après-midi.Toutefois, la plupart d’entre eux, soit neuf joueurs sur douze, récupèrent toujours de blessures. Je n’ai  vraiment pas pu les pousser à fond. Donc, ils ne peuvent être au sommet de leur forme après une période de préparation assez courte. Toutefois, ils sont dans l’ensemble préparés et prêts à se surpasser. L’objectif  sera d’être finaliste du tournoi par équipes ou au pire d’être en demi-finales. Cependant, nous pouvons viser mieux qu’une médaille de bronze obtenue l’an dernier en Ethiopie en masculinet féminin. Dans le tournoi individuel et comparé au Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Ouganda, je crois nous avons des chances de podium en double dames et double mixte.»  
L’an dernier en Ethiopie, l’équipe feminine n’était pas passée loin d’une victoire face au Nigéria pour être en finale du tournoi par équipes. Elle s’était inclinée 2-3 tandis qu’en masculin, l’Afrique du Sud l’a emporté 5-0 toujours en demi-finales. Le titre était revenu à cette dernière formation aux dépens du Nigéria 3-1 en finale dans ce tournoi qui servait aussi de qualification africaine  aux mondiaux par équipes de la Thomas Cup (hommes) et la Uber Cup (dames).
L’année précédente, les badistes étaient revenus du Maroc avec la médaille de bronze par équipes sans que le tournoi ne serve de qualification africaine aux mondiaux par équipes et d’une médaille de bronze en double dames du tournoi individuel par l’entremise des soeurs, Karen et Kate Foo Kune.
Plus loin en 2010 en Ouganda,  ils était tombés 1-3 en finale par équipes face au Nigéria en masculin tandis qu’en féminin, elle avait subi la loi des Egyptiennes 0-3 en quarts de finale. Dans le tournoi individuel, par contre, ils y ramenèrent quatre médailles de bronze, Sahir Edoo échouant en demi-finales du simple hommes ainsi qu’en double hommes avec Yoni Louison. Les deux autres médailles mauriciennes furent remportées en double dames par la paire Marlyse Marquer-Amrita Sawaram et de celle-ci associée à Stephan Beeharry en double mixte.
Reste que la présente édition pourrait être différente des précédentes en terme de podium. « Depuis notre retour de Malaisie (jeudi dernier), nous étions au repos jusqu’a lundi. Mais depuis le premier jusqu’au dernier du stage, on a vu des signes de progrès », s’enthousiasme Shama Aboobakar, capitaine de cette sélection. Elle attendait de reprendre l’entraînement lundi « pour voir la différence, car l’important c’est d’entrer le plus vite possible dans le tournoi », confiait-elle.
Ce sommet africain voir aussi le retour en sélection après trois ans d’absence de l’ancien n°1 national, Sahir Edoo, remis d’une opération aux ligaments du genou gauche. Il devrait cependant être aligné en double hommes et double mixte. « En fait, ces championnats sont devenus un objectif pour moi quand la préparation a débuté en février. Le coach m’a encouragé à revenir, mais mon plan de préparation était différent de celui des autres. Il fallait me rebâtir physiquement et travailler la technique et la tactique. Le stage en Malaisie m’a mis définitivement plus en confiance… S’agissant de nos adversaires, l’Afrique du Sud semble plus prenable que d’habitude alors le Nigéria sera le grand favori» analyse-t-il. La sélection nationale compte aussi dans ses rangs d’Aatish Lubah (jr), Kiran Baboolall, Yoni Louison, Shaheer Ramrakhan, Julien Paul (jr), Kate Foo Kune, Yeldie Louison, Aurélie Allet (Jr), Shaama Sandooyea (jr) et Rheea Dookhee (jr).
Après le coup d’envoi cet après-midi, le tournoi par équipes se poursuivra demain matin et vendredi à partir de 9h. Les demi-finales se tiendront samedi matin à 10h et la finale par équipes le même jour à 15h. Le tournoi individuel débutera dimanche matin.