Depuis 2009, BAI Co (Mauritius) Ltd a vécu « on borrowed times and borrowed money » avec la complaisance des autorités politiques et des régulateurs des services financiers, en particulier la Financial Services Commission (FSC). La confirmation de la banqueroute et de l’écroulement à venir de l’empire Rawat de même que la révélation du Ponzi Scheme de BAI sont étalés en long et en large dans un rapport confidentiel et gardé secret de la firme d’experts comptables KPMG jusqu’à récemment dans les archives informatiques du conglomérat de l’ancien Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat. En effet, ces détails accablants établissant en termes comptables indiscutables que le groupe BAI n’était plus une société financière viable ont fait l’objet d’une présentation de la part deux partenaires de KPMG, soit Jean-Claude Liong en tant que Signing Partner et Varsgha Bishundat aux membres du BAI Audit Committee en date du 29 mars 2011. Toutefois, en dépit de ces manquements graves, KPMG devait accorder un Clean Record dans les bilans financiers subséquents. Le bureau régional de KPMG en Afrique du Sud a déjà été averti de ce grave problème et des risques de sanctions conséquentes prévues par les règlements dans de domaine.
Avec la mise à jour de ce document compromettant du 29 mars 2011, susceptible d’être déposé dans le dossier à charge contre Dawood Rawat en tant que Prima Facie Evidence au sujet de la fraude massive du Super Cash Back Gold de Rs 19 milliards et de Bramer Assets Management Ltd de Rs 4 milliards, l’enquête criminelle initiée par le Central CID depuis bientôt 21 semaines devrait amorcer un nouveau tournant avec de nouvelles convocations de ceux qui avaient participé à cette réunion du BAI Audit Committee de mars 2011 et aussi qu’à celles du Board du groupe BAI. Les Boards Resolutions soutiennent que les directeurs de BAI, entre autres Dawood Rawat, Saleem Beebeejaun, Farid Gulmohamed, ou encore Seemadree Rajanah, ont approuvé des émissions de Corporate Bonds pour maquiller le trou de Rs 10 à Rs 13 milliards publiées dans le bilan de KLAD Investments dès 2010 et avec les « proceeds of these bonds to be used to finance the existing losses and working capital requirements of the subsidiairies of BAI ».
Les membres du BAI Audit Committee présents à cette réunion déterminante sont, outre les deux représentants de KPMG, Mahmad Rawat, Chairman, Nicholas Ashford-Hodgeqs, Ian Zimmit. Les autres membres du Top Management du groupe BAI, qui ont assisté à cette présentation sont Swadeck Taher, CEO de Bramser Services Group, Rishi Sookdawoor, Chairman et CEO, Osman Badat, Chief Financial Officer de Bramer Financial Services Group, Shakeel Summun, Senior Vice-President et Chief Finance Officer, Omar Rawat du département de l’audit interne, Henri Wan Min Kee, Senior Vice-President (Administration) Vishal Moloye et Zaynah Manjoo-Sassa de BA Corporate Services Limited.
Que s’est-il passé lors de cette présentation d’un document comptable d’une cinquantaine de pages élaboré par les experts-comptables de KPMG ? D’aucuns affirment que les pages contiennent une mine d’or d’informations pour faire la démonstration que le Ponzi Scheme de BAI avait éclaté depuis 2009 mais que ce conglomérat, mettant à profit ses connexions politiques avec le pouvoir en place, a leurré des Mauriciens dans des produits financiers fictifs pour soutirer quelque Rs 12 milliards au moins en vue de se maintenir à flots de manière artificielle. Les conclusions du Forensic Auditing de nTan Corporate Advisory Pte Ltd pour le compte de la Banque de Maurice et de la FSC devront apporter des Unrebuttable Evidences à ce sujet.
En première partie de cette présentation, KPMG dissèque les activités financières de BAI pour la période allant de 2004 à 2010. Ainsi, les pertes « from insurance business » du groupe BAI, qui étaient de Rs 143,8 millions en 2004, devaient passer la barre du milliard, soit Rs 1,1 milliard en 2010. Alors qu’en 2007, la situation semblait être sous contrôle avec un solde négatif de Rs 143 millions, l’année suivante fut marquée par une nette aggravation, dont des « losses from insurance business » de Rs 727,4 millions.
Opérations de maquillage comptable
De ce fait, les pertes opérationnelles de BAI Co (Mtius) Ltd devaient également s’aggraver à partir de 2008 avec des Operating Expenses de l’ordre de Rs 500 millions annuellement. En dépit de ce bilan financier négatif, les pertes passant de Rs 241,7 millions en 2004 à Rs 1,8 milliard en 2008 furent maquillées en profits avec le paravent de Fair Value Adjustment, notamment des investissements dans des filiales. KPMG dénonce la pratique étendue au sein du groupe BAI de « high reliance on fair values compared to operating profit ».
Toujours en 2008 avec des ajustements et des Investment in Subsidiairies représentant Rs 1 milliard, les pertes sur les opérations de Rs 522,7 millions furent transformées sur la base d’un jeu d’écriture en des profits avant impôts de Rs 495 millions. Le même scénario se répète en 2010 avec des pertes de Rs 1,8 milliard converties en des profits de Rs 167,9 millions suite à des ajustements selon la formule magique de Total Fair Value Gains de Rs 1,9 milliard.
Malgré ces opérations de maquillage comptable, le tableau des Single Premiums continuait à se dégrader. Le document de KPMG relève un déficit net de Rs 732 millions en 2008 avec des primes brutes de Rs 3,4 milliards contre des réclamations et des bénéfices de Rs 1,1 milliard et des Insurance Fund Movements de Rs 3 milliards. Dans ses projections pour la période de 2011 à 2013, KPMG tire le signal d’alarme à l’intention des membres de l’Audit Committee et du Top Management de BAI Co (Mtius) Ltd au sujet des sombres perspectives.
Le déficit sur les Single Premiums, soit le Super Cash Back Gold allait s’accentuer de Rs 1,6 milliard à Rs 6,1 milliards en l’espace de trois ans avec les Gross Premiums passant de Rs 7,3 milliards à Rs 14,3 milliards avec en contrepartie un presque triplement des Claims and Benefits de Rs 4,8 milliards à Rs 12,6 milliards.
Contenant difficilement leurs appréhensions, les auditeurs de KPMG se demandent: « With a deposit of Rs 100, with maturity term 7 years and guarantee return of 10%, with commission expenses estimated at 0,40% of deposit amount, other expenses estimated at 2% of deposit amount, the net deposit should bring return of 10,50% per annum to enable  BAI to pay guaranteed return. Is the company yielding such returns on investments? »
La réponse de KPMG dans sa présentation du 29 mars 2011 est cinglante. S’appuyant sur les conclusions d’un rapport d’actuaires, les auditeurs avancent à la page 31 de la PowerPoint Presentation que « policyholders’ fund are being  invested in related entities where minimal return ios obtained and recoverability is low. It is not sustainable for long term and there is a liquidity issue ». Au cours de la période de 2007 à 2010, les Returns on Related Companies ont chuté de moitié, soit de 5,2% pour se retrouver à 2,6% sans compter que « increase in insurance funds and claims& benefits outperform the increase in premium ».
Dawood Rawat faisait fi des directives de la FSC
En 2007, l’Exposure of Assets de BAI Co (Mtius) Ltd, qui était de Rs 4,8 milliards, a plus que triplé pour crever frôler la barre des Rs 17 milliards, représentant 85% des Total Assets contre 70% en 2010. A cette époque, Dawood Rawat, aujourd’hui protégé par son passeport français et décoré de la Légion d’honneur, fort de sa proximité politique avec Navin Ramgoolam, faisait fi des directives de la FSC pour réduire cet Exposure portant grave préjudice aux détenteurs de polices d’assurance de BAI.
Au cours de cette même période, les dividendes reçus de ces Related Companies raptissaient à seulement Rs 2,7 millions sur un Exposure de Rs 16,8 milliards en 2010 contre Rs 137,5 millions sur des placements de Rs 4,8 milliards en 2007. Lors de cet exposé, KPMG balise les contours du BAI Ponzi Scheme-in-waiting en affirmant que « how cash is to be generated to payout Rs 4 180 395 in year 2011 ? Where liquid assets amount to Rs 967 million. (La seule solution) High reliance on renewals to finance maturity payouts ».
Simple comme bonjour, diront ceux qui croient dur comme fer que « la BAI est le plus grand Ponzi historiquement parlant » avec un trou de Rs 23 milliards à recouvrer. Et cela, sans avoir à attendre le rapport de nTan Corporate Advisory, qui passe actuellement l’étape du Legal Vetting. Force est de constater qu’en ce même mois de mars 2011, l’opération de « déshabille Saint Pierre pour habiller Saint Paul » au sein du groupe BAI était enclenchée avec un une première émission de Corporate Bond de BAS Holding Co Ltd pour un montant de Rs 750 millions assortis d’intérêts variant entre 11% et 18% avec les recettes engagées dans le financement des « existing losses and working capital requirements of the subsidiairies of the company ».
La résolution adoptée par les directeurs de BAI, entre autres Dawood Rawat, Saleem Beebeejaun, Seemdaree Rajanah, ou encore Moussa Rawat, stipule que « the corporate bonds shall be redeemed upon maturity from funds received from BA Investment, disposal of assets and or investments if required » comme pour mieux faire comprendre que le ver était dans le fruit dès 2009 avec une opération de Window-Dressing de Rs 3,6 milliards le 31 décembre 2009 avec la connivence présumée de la banque BCBG…