Lors d’une réunion en début de semaine, les habitants de Bain-des-Dames et de ses environs ont décidé de faire appel de la décision de la municipalité de Port-Louis d’octroyer un Building and Land Use Permit (BLUP) au Central Electricity Board (CEB) pour la construction d’un parc de réservoirs d’huile lourde dans leur localité.
« Nous ne pouvons que déplorer que le CEB ait jugé bon de commencer les travaux pour la construction de son parc de réservoirs d’huile lourde avant que toutes les étapes des procédures ne soient complétées. C’est faire peu de cas de notre souffrance. C’est un mépris total pour nous, les habitants de Bain-des-Dames et de ses alentours ! Sommes-nous des citoyens de dernière catégorie ? » s’indigne Jim Ramen, porte-parole des habitants de Bain-des-Dames, dans une déclaration au Mauricien. En effet, selon Jim Ramen, le CEB aurait commencé les travaux d’excavation pour son parc à réservoirs bien avant l’octroi par la municipalité de Port-Louis (MPL) d’un Building and Land Use Permit (BLUP) le 7 juillet dernier. « Ainsi, ni le CEB ni la MPL ne semblent pas vraiment prendre au sérieux ce que nous pensons de ce projet. De toute évidence, ils avaient décidé d’aller de l’avant malgré nos objections », déplore-t-il. « Les soi-disant consultations avec les habitants ne sont donc qu’une farce tragique. »
Judex Ramphul, habitant et pêcheur de la localité, s’interroge pour sa part sur les circonstances encourant les consultations, que les promoteurs du projet ont organisées avec les habitants. « En 2013, enn dimounn dan landrwa orgnis enn renion ek 5-6 dimounn. Lezot pa kone, “Notes of Meeting” pena. Zot pran la list dimounn ki finn sign prezans, zot fer krwar ki sa bann dimounn-la finn donn zot lakor ar proze-la… Jim dir mwa ki li finn trouv mo signatir lor enn dokima ki finn prezante pou dir ki dimounn dan Bain-des-Dames dakor ! » explique-t-il. « Sa, monn trouve », acquiesce Jim Ramen.
Quoi qu’il en soit, le projet du CEB a franchi jusqu’ici toutes les étapes administratives au grand dam des habitants. En effet, le 30 septembre 2013, le ministère de l’Environnement a donné son Environment Impact Assessment (EIA) Licence au CEB pour son projet de parc de réservoirs à Bain-des-Dames. Cette licence est assortie de pas moins de 25 conditions que le CEB est tenu de respecter. Le 30 octobre 2015, c’est au tour du National Ramsar Committee (du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire) d’octroyer « exceptionnellement » une Ramsar Clearance au projet, et ce étant donné que ce dernier est situé sur un “wetland” (marécage).
« Fode ki nou trouve pe bare ek lafouille pe kumanse pou ki nou kone ki pe passe », affirme pour sa part Idriss Rojah, qui habite à moins de 25 mètres du site. Depuis le début des travaux ses voisins et lui se plaignent du bruit des marteaux-piqueurs et des vibrations provenant du chantier. Le 8 juin dernier, ils s’en sont d’ailleurs plains à travers une pétition envoyée à la MPL.
Jim Ramen rappelle que le 10 décembre dernier, Paul Bérenger a visité le site. Le leader de l’opposition était alors accompagné du député Veda Balamoody, d’Arianne Navarre-Marie et de l’ancienne Lord-Maire Dorine Chukowry, entre autres. « Missie Bérenger li-mem finn soke kan li finn trouve ki zot pe fer sa proze-la pre ar lakaz dimounn », lance-t-il. « Alor ki d’apre lord, zot ti bizin gard enn kilomet de bann lakaz, ici ena parfwa moins ki 25 met ! » déplore-t-il. Ce qui perturbe, selon lui, la tranquillité des voisins. « Tapaz, vibrasyon, la pussier… Finn vinn invivab kot nou », explique Idriss Rojah.
Lors d’une réunion en début de semaine, les habitants ont décidé de faire appel à l’Environment and Land Use Appeal Tribunal contre la décision de la MPL d’octroyer un BLUP au CEB pour son projet de parc de réservoirs d’huile lourde à Bain-des-Dames. « Mo espere ki CEB pou ena la desans ena impe respet pou nou ek pou tribinal ek ki li aret bann travo ziska ki tribinal pran enn decisyon ! » reprend Jim Ramen. Rappelons que ce “tank farm” du CEB devrait permettre d’alimenter les centrales de Fort Victoria et de Saint-Louis.