« Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos, doit demander au cardinal Maurice Piat d’intervenir auprès du gouvernement britannique pour que les enfants chagossiens puissent bénéficier chaque année, comme les étudiants rodriguais, de deux bourses d’études dans les universités britanniques. Il doit cesser de se ridiculiser en insistant pour que la communauté chagossienne retourne dans leurs îles pour fleurir et nettoyer les tombes de leurs ancêtres », a déclaré Eliezer François, leader du Mouvement Authentique Mauricien (MAM), vendredi lors d’une conférence de presse instituée pour commenter l’avis consultatif de la Cour internationale de justice le 25 février concernant la souveraineté des Chagos.

Selon Eliezer François, l’histoire racontée par certaines personnes selon laquelle les Chagossiens étaient jetés sur le pavé à leur arrivée à Maurice après avoir été expulsés de force de leurs îles « n’est pas vraie ». Il développe : « Le dernier groupe était resté plusieurs jours dans le port avant de débarquer dans les Dockers Flats, à Roche-Bois. Ena parmi ti gagn konpansasion Rs 10 000 plis terin dan Baie-du-Tombeau, ki zot inn vann a la kominot sinoiz. D’où la raison pour laquelle une partie de la région est connue comme “Cité Ilois”. »

Le porte-parole du MAM a apporté un démenti catégorique à certains qui avaient prétendu que le pays devait vendre les Chagos pour obtenir son indépendance. « Li totalman fo. Angle pa ti interese pou gard sa bann koloni. Zot ti anvi debaras zot de sa. » Selon lui, le gouvernement mauricien se sert de la communauté chagossienne pour atteindre son objectif. « Gouvernman ena hidden agenda », a-t-il ajouté.

Pour Eliezer François, les Chagossiens et même Olivier Bancoult « ne souhaitent même pas retourner vivre aux Chagos, d’autant plus qu’une grande majorité vivant en Angleterre sont détenteurs d’un passeport » britannique. « Je conseille à Olivier Bancoult de se battre pour que les Chagossiens puissent avoir un centre commercial et puissent participer eux aussi au développement économique à leur façon. »

En ce qui concerne le jugement rendu sur l’affaire MedPoint, Eliezer François dira qu’il s’agit d’un « jugement politique ». Dès le départ, a-t-il rappelé, sir Anerood Jugnauth avait commenté la décision de la cour. « Li pa ti gagn drwa fer sa. » Il a aussi condamné le changement de position de la commission anti-corruption, « qui a aidé le Premier ministre », selon lui. « Les Law Lords ont même fait ressortir ce point dans une première interprétation du jugement. C’est un jugement politique, rien d’autre. Les Britanniques ont joué la carte politique et j’étais convaincu que les Law Lords allaient donner gain de cause à Pravind Jugnauth. J’avais même prédit que ce serait un jugement unanime. »