Le son de la renaissance

Après une longue absence, le groupe Crossbreed Supersoul retrouve la scène avec un concert prévu à Kas Poz, le samedi 13 avril. Il s’agit du troisième événement dans le genre organisé cette année par Culture Events, à travers le concept Underground Rock Festival. En une heure et demie, Crossbreed Supersoul donnera un aperçu de son nouveau son, en marge de la sortie d’un quatrième album, prévu pour 2020.

Vincent Brasse

Nous les avons rencontrés lors d’une répétition à Beau Bassin. Les membres de Crossbreed Supersoul semblent apprécier leur réunification. Les sourires et les rires se mélangent au ton sérieux lorsque débutent les morceaux. Ils étaient à cinq en 2004 et ne sont désormais plus que 4. La guitare acoustique de Vincent Brasse a laissé place à une guitare électrique. “Avant, nous avions trois guitares : il fallait placer tout le monde. On voulait que tout le monde puisse participer. Désormais, c’est plus aéré”, confie Vincent Brasse. “Nous sommes désormais à quatre. Nous avons senti que notre musique devait prendre ce tournant”, ajoute Guylain Blackburn, batteur.

Guylain Blackburn

Un son direct et clair.

Le groupe a également procédé à un gommage des sons superflus. Moins puissant, mélodieux, direct et clair, disent-ils. C’est ainsi que se dessine le concert à Kas Poz : un nouveau son pour un nouveau Crossbreed Supersoul. “Quand nous étions plus jeunes, nos objectifs étaient différents. Nous voulions devenir célèbres, réussir dans la musique. Maintenant, j’ai envie qu’on fasse enn lamizik mari nisa. On se fait d’abord plaisir. Si le public suit, tant mieux”, dit Vincent Brasse. “Il y avait beaucoup de syncopes, beaucoup de changements dans un morceau”, confie Guylain Blackburn. “Si to met lamour ladan, li pou porte”, dit Laurent Blackburn, bassiste.

Laurent Blackburn

C’est ainsi qu’est né le nouveau son du groupe. Une musique plus posée et qui reflète la maturité des uns et des autres. “Nous avons eu envie de simplifier notre musique pour qu’elle respire un peu plus”, disent-ils. Un nouveau son qui est intervenu après une pause en 2017, après treize ans de route ensemble dans la musique. “Nous avons renoué quand nous avons recommencé à composer. Je leur ai dit : voilà, on a des sons, venez voir si ça vous intéresse. Et on a eu envie”, raconte Vincent Brasse.

This song of ours.

L’un des exemples de ce nouveau son est le morceau This song of ours, qui figurera sur le prochain album. Un morceau composé ensemble en studio et qui donne une indication sur la direction que souhaite prendre le groupe. On y décèle beaucoup de recherches au niveau musical. La chanson a réussi son baptême de feu lors d’une représentation l’année dernière. “On l’a jouée pour la première fois et les gens ont crié. Ça veut dire qu’on les a touchés. C’est cela qu’on veut faire”, confie Vincent Brasse. “Cela nous a confortés dans notre approche et dans notre façon de jouer. Cette chanson-là en particulier a été très inspirante pour tout le monde à plusieurs niveaux. Nous avons pris plaisir à le faire”, précise Roro Constantin, guitariste.

Roro Constantin

Les Smile et Be Mine, qui ont grandement contribué à créer la notoriété du groupe, semblent chose du passé. “J’ai l’impression que tout ce qu’on a fait avant était pour aboutir à ce qu’on crée aujourd’hui. C’est une naissance. Ma façon d’écrire de la musique a changé. J’ai travaillé avec des DJ, il y a des trigger d’émotions que j’ai appris à utiliser”, souligne Vincent Brasse. Il n’exclut pas de remettre les anciens morceaux au goût du jour. En attendant la sortie du quatrième album en 2020, Crossbreed Supersoul lancera deux singles avant la fin de cette année.

Pour le 13 avril à Kas Poz, la formation a prévu une quinzaine de chansons : des compositions anciennes et inédites ainsi que deux covers. Crossbreed Supersoul veut proposer une prestation de qualité pour marquer son retour. “On promet de se donner à fond, de donner de l’énergie et de l’émotion.”