TRANSPORT EN COMMUN : Inquiétudes grandissantes chez les opérateurs

La récente hausse des prix de l’essence et du diesel inquiète les opérateurs d’autobus ainsi que les taximen. Pour le président de la Bus Owners Association, Viraj Nundlall, si le gouvernement rembourse aux opérateurs la hausse du prix du diesel, les compagnies d’autobus pourront continuer à opérer. Dans le cas contraire, il faudrait envisager de fermer boutique.
« D’après mes calculs, les deux dernières augmentations nous coûtent Rs 5 millions supplémentaires. Il demeure un fait que le gouvernement applique actuellement un Base Price sur le diesel. Au-delà de ce prix de base, il faudra nous rembourser à travers un fonds. Mais que se passera-t-il si ce fonds est épuisé et si le ministère des Finances n’arrive pas à le renflouer ? Donc, si le gouvernement nous rembourse, nous pourrons continuer à opérer », fait-il comprendre.
Il a ajouté qu’à ce stade, personne ne souhaite une hausse du ticket d’autobus, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter. « Beaucoup de travailleurs dépendent des autobus pour se déplacer et se rendre au travail », a-t-il souligné. « Puisque le ministre du Transport, Osman Mahomed, a déclaré qu’il n’y aura pas d’augmentation du tarif des autobus, cela sous-entend que les opérateurs seront compensés. C’est pourquoi nous ne formulons pas de demande en ce sens », a-t-il précisé.
De son côté, le président de la Taxi Proprietors Union (TPU), Raffick Bahadoor, affirme qu’avec ces deux dernières hausses, les activités des taximen tournent au ralenti. « Il est difficile de répercuter cette hausse sur les passagers, car nous savons qu’eux aussi font face à des difficultés financières. Notre seule planche de salut, pour l’instant, est de négocier les prix avec nos clients », dit-il. Selon lui, ajuster les tarifs n’est pas envisageable pour le moment, en raison d’une concurrence accrue, notamment avec l’avènement des taxis en ligne.
« La concurrence étrangère nous étouffe. Le métro prend une partie de notre clientèle, les vans marron nous concurrencent, et des contrats sont accordés ici et là. Maintenant, on augmente encore le prix de l’essence. Trop, c’est trop. Je ne sais pas quel modèle économique on nous impose », déplore-t-il. Pour lui, les taximen devraient se regrouper afin de créer une plateforme mauricienne de transport en ligne capable de rivaliser avec les services étrangers.
Selon Raffick Bahadoor, les taximen opèrent dans un climat de plus en plus difficile, marqué par des problèmes d’insécurité. « Il suffit de voir la situation à la tombée de la nuit : les gares routières se vident et peu de gens utilisent les transports », note-t-il.
« Au lieu d’augmenter nos tarifs, nous devons privilégier le dialogue avec nos clients. Ces derniers font preuve de prudence avant de solliciter un taxi. Il ne faut pas oublier que ceux qui ont réellement besoin de transport sont principalement les salariés. Il y a aussi des clients occasionnels pour des événements, mais ce n’est pas quotidien », a-t-il conclu.

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