Photo : Valérie Sambadoo

Les Poetic étaient attendus, surtout depuis l’annonce de leur come-back sur la scène musicale. Certes, l’expérience et la complicité acquises durant ces vingt dernières années par les quatre chanteurs, considérés comme les Boyz to Men version française, jouent toujours en leur faveur. Les voix, surtout quand elles sont a cappella, n’ont pas pris une ride. Faut dire aussi que les titres des amants poétiques font toujours un certain effet et ne manquent pas d’être repris en chœur. Rud, Jay, Dre et Rod, dont le succès remonte à vingt ans, ont gardé un certain charme, surtout auprès de la gent féminine.

C’est ce que le public a pu constater lors de leur unique showcase samedi dernier au Shotz, dans le cadre de ce qui a été présenté comme leur tournée Océan Indien. Sauf que leur répertoire mêlant plusieurs titres R’n’B, hip-hop, entrecoupés des trois morceaux les plus plébiscités de leur répertoire (Ton Love, Qu’il en soit ainsi, et deux interprétations de Prenons notre temps), a laissé plus d’un sur sa faim. Lors de leur prestation, d’à peine une heure, les fans n’ont pas eu le moindre aperçu de ce fameux “Poetic 2.0.” Car pour leur come-back, on avait laissé entendre que Rud, Jay, Dre et Rod préparaient un nouvel album.

À part un échange, une fois de plus rapide et sans grande réelle émotion avec Pamela Ciceron et Vanessa Mathur et quelques pas de danse à la sauce Alain Ramanisum et Laura Beg, venue célébrer son anniversaire à cette soirée, il a fallu quelques minutes pour que le public se rende compte que les Poetic étaient rentrés en coulisses pour ne plus revenir.

Au final, ce retour de Poetic à Maurice aura été un concert en demi-teinte. Reconnaissons cependant que les organisateurs ont mieux géré l’attente de voir les Poetic sur scène, comparée à celle de 2014, avec la présence de plusieurs artistes locaux et DJ qui ont fait monter l’ambiance. Mais le public s’était déplacé pour les Poetic et la satisfaction n’était pas totale, et ce même si le quatuor a peut-être “pris le temps” de compenser son bref passage sur scène en jouant le jeu des séances photos. Un come-back quelque peu rapide, sans qu’on puisse dire qu’il est définitif.