• Par le biais du State Law Office, représenté par Me Reddi, la ministre signifie son intention de s’opposer à la demande de la présidente du conseil

La présidente du conseil de district de Goodlands, Soomeshwaree Ellapen, ainsi que le conseiller Louis André Lafrance sollicitent une injonction contre la ministre des Administrations régionales et des îles éparses, Fazila Daureeawoo. Le conseil de district a adopté une motion de blâme contre la Chairperson et son adjoint vendredi, demandant à la ministre d’intervenir pour les révoquer de leurs fonctions. Les deux parties se sont présentées mardi devant la juge en référé, Aruna Devi Narain. Me Reddi, du State Law Office, qui représentait la ministre Fazila Daureeawoo, a fait part de sa décision de s’opposer à la demande. Ses arguments sont attendus le 10 avril. Les autres conseillers co-défendeurs dans cette affaire ont pour leur part fait comprendre qu’ils vont « abide by the decision of the court ». Ils n’avaient aucun représentant légal.

La présidente du conseil de Goodlands devra patienter encore deux semaines avant d’être fixée sur sa demande. La ministre Fazila Daureeawoo devra soumettre un affidavit le 10 avril pour faire part de ses objections. À la lumière des arguments, la juge en référé peut soit accorder ou pas l’injonction. Rappelons que Soomeshwaree Ellapen ainsi que le conseiller Louis André Lafrance ont retenu les services de Me Jean-Claude Bibi et l’avoué Jean-Marie Leclézio.

Dans la demande d’injonction dirigée contre la ministre Daureeawoo, sept autres conseillers et le Chief Executive du conseil de district de Rivière-du-Rempart, la présidente et son adjoint expliquent que d’après les nouvelles législations de 2018, la ministre des Collectivités locales n’a plus le pouvoir de révoquer le conseil en place. Les élections villageoises initialement prévues en décembre de cette année sont reportées à 2020. Les amendements prévoient que chaque membre du conseil de village, dont le conseiller de district, reste en poste jusqu’à 2020. Les mandats des présidents et vice-présidents des conseils de district sont étendus jusqu’à 2020. La loi prévoit que s’il y a un poste vacant au conseil de village, « the minister may appoint any person who is qualified to be a village councillor to fill the vacancy ».

Ainsi, la présidente et son adjoint estiment que la motion de blâme des autres conseillers pour leur révocation est « unlawful ». « The respondent will consequently be called upon to revoke us and would be acting on unlawful grounds », écrivent-ils dans l’affidavit juré en cour vendredi dernier. Ils demandent à la Cour suprême d’intervenir en toute urgence dans cette affaire afin d’empêcher la ministre de procéder à une éventuelle révocation.