Les habitants de Coromandel ont consigné une déposition au poste de police de la localité ce matin afin que les camions et les travailleurs déployés par Hans Rooplall Beerjeraz ne procèdent pas au déblayage de la rue Maxime Boodoo — qui, à ce jour, est toujours obstruée par des pierres et des amas de terre après l’effondrement d’un mur de soutènement de 15 mètres de haut le 20 août. Cette activité, qui nécessite l’avis d’un expert, pourrait causer d’autres dégâts irrémédiables « s’il est effectué par des amateurs », soutiennent des habitants. La mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill veille, quant à elle, à ce que toutes les procédures soient respectées par le propriétaire et promoteur du projet.
« Tant que le promoteur ne formulera pas de dossier expliquant les procédures qu’il adoptera pour le déblayage de la rue, la mairie ne pourra permettre les travaux en ce sens », a insisté le maire de Beau-Bassin/Rose-Hill. Selon Norbert Froget, c’est la sécurité des habitants et la conformité des travaux avec le soutien d’un expert qui priment. « Le déblayage de la rue Maxime Boodoo s’avère être un travail délicat que nous ne pouvons prendre à la légère. Il y va de la sécurité des habitants. Il y a de nombreuses mesures à prendre en considération », a-t-il insisté, ce matin au Mauricien. D’ailleurs, fait-il ressortir, le promoteur et propriétaire du terrain ne s’y serait pas présenté à ce jour. Toutefois ce matin, des camions et travailleurs étaient sur le site témoin de l’effondrement pour procéder au déblayage de la rue. Les habitants ont tout de suite alerté les autorités compétentes en vue d’empêcher que les protagonistes n’aillent de l’avant. Une déposition a été consignée au poste de police de Coromandel à ce sujet et la mairie de BB/RH informée de la situation. Dans cette optique, des officiers du département des Travaux ont été dépêchés sur les lieux et à l’heure où nous mettions sous presse, les camions n’étaient plus sur les lieux.
Depuis l’effondrement du mur en question à l’avenue Maxime Boodoo du Morcellement Hermitage à Coromandel le 20 août dernier, les autorités compétentes — la police, la municipalité de BB/RH, le ministère de l’Environnement, entre autres — se penchent sur les solutions à appliquer. Ils réfléchissent tous sur les moyens de déblayer la rue « en limitant les dégâts afin de ne pas provoquer un autre effondrement ». Du côté de la mairie, la démolition du mur a été exigée et des actions légales seront prises car les circonstances de cet effondrement résultent des travaux de terrassement dans cette région. Et ce, bien qu’un Stop Order ait été servi le 23 juin au promoteur du projet. En attendant, la lenteur des procédures provoquant le gel de la rue Maxime Boodoo — inaccessible à ce jour —, augmente la crainte des habitants quant à d’éventuels effondrements d’autres parties du mur dont la brèche ne cesse de s’élargir. Ces derniers, en rapport avec le ministre de l’Environnement, soulignent la rapidité avec laquelle ce dossier a été pris en compte. « Le ministre Deva Virahsawmy (ministre de l’Environnement et du Développement durable) a pris connaissance du dossier après que nous lui avons envoyé des photos, le rapport circonstancié dressé par l’architecte et maître d’ouvrage et d’oeuvres, Hervé Michel Grillon… Il a par la suite fait le nécessaire pour qu’une délégation ministérielle soit sur les lieux de l’effondrement », explique le porte-parole des habitants, Jacques Nombro. Une délégation ministérielle composée d’Anil Bachoo (Infrastructures publiques), de Shakeel Mohamed (Travail), de Deva Virahsawmy (Environnement) et de Hervé Aimée (Administrations régionales), a effectué vendredi une visite au Morcellement Hermitage. Et à Jacques Nombro de souligner : « Nous (NdlR : les habitants) avons longuement réfléchi à une solution en vue de remédier à la situation. »
Par ailleurs, une correspondance a été transmise au Premier ministre dans laquelle les habitants font part de leurs griefs à ce sujet (voir hors-texte). Suite au déplacement de la délégation ministérielle, un avis légal est à l’étude. La mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill et plusieurs habitants estiment pour leur part que la balle est désormais dans le camp du gouvernement. « Personne ne peut dire qu’on n’était pas au courant du problème ! », lance un habitant de la rue Maxime Boodoo.
Rappelons que cet incident est venu mettre en lumière les craintes décriées depuis plusieurs mois par les habitants concernant des travaux de terrassement effectués par le propriétaire du terrain, Hans Rooplall Beerjeraz, dans cette région. L’alerte a été donnée en novembre 2011 dès le début des travaux.