Les National Accounts Estimates, publiées au cours de la semaine écoulée, n’ont pas modifié le taux de croissance pour 2014, en le maintenant à 3,5%. Mais le fait majeur demeure que les investissements sont en panne avec pour la première fois l’Investment Rate descendant sous le seuil psychologique des 20%. Un autre indicateur économique, qui continue à se dégrader, est le Gross Domestic Savings représentant 11,6% du PIB, soit de l’ordre de Rs 45 milliards. Le secteur tertiaire a connu cette année une croissance en légère progression comparativement à 2013 de même qu’une relance des activités dans le secteur agricole suite à la stagnation de l’année dernière.
A ce stade, Statistics Mauritius s’est gardé de s’aventurer à établir des prévisions préliminaires pour 2015 en précisant que “forecasts will be released in the next issue of Economic and Social Indicators on National accounts, pending policy measures to be announced in Government budget in March 2015”. De ce fait, l’un des principaux défis à être relevés par le ministre des Finances et du Développement économique, Vishnu Lutchmeenaraidoo dans le cadre du prochain budget, est de créer les conditions propices pour une reprise des investissements, principalement privés.
Cette année, les investissements du secteur privé ont enregistré une nouvelle baisse de 7,4%, après la croissance négative de 2,8% en 2013. Par contre, les investissements publics ont connu un rebond de 3,1% après une baisse de 4,9% l’année dernière. En dépit de cela, l’investissement global au sein de l’économie a régressé de 4,9% après la chute de 3,3% de l’année dernière.
Toutefois, le facteur le plus inquiétant est l’évolution de l’Investment Rate de 19,4%, soit sous la barre des 20%. Cette performance représente une réduction de cinq points depuis 2011 avec 24%. Au cours de ces quatre dernières années, l’investissement du secteur privé par rapport au PIB est en net déclin, passant de 18,8% en 2011 à 14,4% cette année.
Sur la base des tendances enregistrées au cours de cette année, la part des investissements du secteur privé est passée de 76,4% à 74,4% du PIB d’une année à l’autre avec un effet contraire pour les investissements publics, qui progressent de deux points, de 23,6% à 25,6% au cours de la même période.
Une analyse sectorielle de l’état de l’économie démontre qu’en 2014, le secteur primaire s’est montré plus résilient avec une croissance de 4,5% après une stagnation l’année dernière, alors le secteur secondaire a connu une baisse de performance avec une croissance de 2,1% contre 4,4% l’année dernière, dont une reprise dans le sucre à hauteur de 3.8% avec une production sucrière estimée à 415 000 tonnes et le raffinage de 50 000 tonnes de sucre roux importées, une expansion de 2,5% de la transformation alimentaire, une baisse dans le textile, soit 1,5% contre 2,6% en 2013, les Export Oriented Enterprises ont enregistré un léger redressement de 1,9% après la contre-performance de 3% de l’année dernière.
Par contre, la morosité continue à affecter l’industrie du bâtiment avec une nouvelle contraction de 6,7% après celle de 9,4% de l’année dernière. Les constructions résidentielles et non-résidentielles sont en baisse de 7,2% et de 19,4% respectivement. Ce mauvais résultat s’explique par la fin de gros chantiers dans le privé et l’absence de nouveaux projets de construction.
Le secteur tertiaire sauve la mise avec une croissance en léger-mieux de 4,6% contre 4,3% avec le commerce se maintenant à 3,2% et le transport en hausse de 2,5% contre 2% l’année dernière, l’Hospitality Business enregistrant une hausse de 4,1% avec le nombre de touristes passant pour la première fois la barre du million, soit 1 040 000 et des recettes de Rs 45 milliards, la communication et l’information avec une croissance en baisse de 6,4%, ou encore le statu quo à 5,4% pour les activités financières et d’assurance.
D’autre part, la consommation a enregistré une croissance réelle de 3% en légère hausse aux 2,3% de l’année dernière avec celle des ménages se cantonnant aux 2,7% de l’année dernière et un bond de 4,6% dans les dépenses du gouvernement.