Les représentants des syndicats et des confédérations syndicales ainsi que ceux des associations de consommateurs, d’organisations citoyennes et les particuliers dits « progressistes » sont convoqués aujourd’hui à 10h30 au siège de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), à Rose-Hill, entre le Stade Sir Gaëtan Duval (ex-Stade de Rose-Hill) et le marché de la ville, pour se joindre à une plateforme anti-privatisation de la Central Water Authority (CWA), et ce à l’initiative de Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo.
« C’est initiative d’appeler à la constitution d’une plateforme contre le projet de privatisation de la CWA n’est pas une initiative syndicale de la CTSP. C’est une initiative citoyenne de Jane Ragoo et de moi-même, en tant que citoyens de Maurice et de consommateurs de cet organisme responsable de la gestion et de la distribution de nos ressources en eau », a expliqué au Mauricien Reeaz Chuttoo. Notre interlocuteur ajoute que, lors d’une récente réunion des délégués de la CTSP, ceux présents se sont élevés contre tout projet de privatisation quand ce projet a été évoqué. « Nous sommes tous des clients et consommateurs de la CWA. Notre engagement syndical nous permet de prendre conscience que la privatisation d’un service essentiel n’est jamais dans l’intérêt des citoyens. Fort de l’approbation unanime de nos membres, Jane et moi avons pensé, en tant que démocrates, qu’il faut ouvrir le débat et donner la chance également aux autres citoyens de s’exprimer sur cette question. D’où cette réunion autour de la constitution d’une plateforme commune pour lutter contre ce projet de privatisation de la gestion et de la distribution de nos ressources en eau, car cela ne peut être dans nos intérêts », explique-t-il.
Le syndicaliste argue d’emblée que le gouvernement de L’Alliance Lepep « n’a pas un mandat de la population » pour privatiser la CWA. « À aucun moment L’Alliance Lepep n’a parlé de privatisation dans son manifeste électoral ou durant sa campagne électorale menant aux élections générales de décembre 2014. Venir aujourd’hui imposer ce projet de privatisation à la population est immoral ! » s’indigne-t-il.
Reeaz Chuttoo s’offusque également sur ce qu’il considère comme des « tentatives » du ministre de l’Énergie et des Services publics, Ivan Collendavelloo, pour « ambobine nou ». Et de poursuivre : « Il a d’abord parlé d’un projet de privatisation de la CWA. Mais devant la levée générale de boucliers que cela a causé dans le pays, il a changé de vocabulaire et a commencé à parler de “partenaire stratégique” et, après, de “gestionnaires”. » Selon notre interlocuteur, « qui dit gestionnaires s’impose une logique de profitabilité ». Il développe : « En parlant de l’eau, on ne peut parler de “profitabilité”, car c’est un don du ciel. On peut certes parler d’efficience et d’efficacité. Encore faut-il qu’il y ait cette volonté d’y mettre de l’ordre. L’arrivée de gestionnaires étrangers ne ferait qu’alourdir l’ardoise salariale de la CWA. Nous estimons qu’il y a, à Maurice même, des gens capables qui peuvent, d’une part, freiner les gaspillages et la mauvaise gestion, et, d’autre part, remettre cette corporation sur les bons rails sans pour autant avoir à recouvrir à la privatisation ou au partenariat stratégique. Il faut une volonté politique. Faisons confiance au génie mauricien. »