Las d’attendre en vain un plan d’assainissement de la situation qui prévaut à la Central Water Authority, la Union of Employees of the CWA (UECWA) et la CWA Meter Readers Union (CWAMRU) réclament la révocation pure et simple de tous les membres du conseil d’administration « à l’exception du Chairman et d’un autre membre nouvellement nommés ». Ils sont soutenus par Jack Bizlall qui souligne que dans de nombreux pays le PIB ne se mesure plus seulement en termes de revenus mais aussi par l’accès minimal de leur population à l’eau.
À une conférence de presse hier, les deux syndicats de l’organisme ont exprimé leur inquiétude de constater qu’un secteur aussi vital que la distribution de l’eau est livré à une mauvaise gestion susceptible de provoquer des émeutes si rien n’est fait. Iswarduth Guness et Ayle Duval, présidents respectifs de l’UECWA et de la CWAMRU, disent n’avoir d’autre choix que de rendre public les « scandales » qui plombent les finances la CWA, dans une ultime démarche d’amener le gouvernement à prendre les actions qui s’imposent. Ils ont aussi énuméré une série de démarches entreprises, dont de nombreux courriers au ministre de tutelle, par le biais de la presse, au Parlement à travers des interpellations de députés et même des Private Notice Questions du leader de l’Opposition, voire un ultimatum de recours à la justice afin que les mesures correctives soient prises dans des « cas d’abus et d’irrégularités » relevant selon eux de « la relation incestueuse qui existe entre le Board et le management » de la CWA. À ce jour, déplorent-ils, aucune solution durable n’a été appliquée en dépit de l’engagement pris dans ce sens au Parlement par le ministre Rashid Beebeejaun. Au contraire, la situation ne cesserait d’empirer à la CWA.
Parmi les nombreuses dénonciations, un cas allégué de « vol d’eau » ; des décisions du Board « pour satisfaire certaines promesses électorales au détriment de l’intérêt de la population et des employés de la CWA » ; la multiplication de comités et de sous-comités, devenus « enn bizness lucratif ». Iswarduth Guness cite à ce propos l’institution de manière « unilatérale » d’un Job Specification Committee en septembre 2008, en vue de définir de nouveaux “schedule of duties” et de revoir ceux existants, violant, selon lui, l’accord passé entre la CWA et les syndicats pour des négociations collectives. Le cas aussi du Procurement & Finance Committee, du Comité disciplinaire avec nomination d’un Prosecutor et recours aux services de Legal Advisers. Autant d’instances qui, selon les syndicats de la CWA, ne seraient que « enn moyen pou fer enn ti paktol » en termes d’allocations. Cela alors que dans des cas autrement plus graves comme l’enquête de Insight sur le Bout du Monde ou encore la Mechanical Unit, les mesures disciplinaires se font toujours attendre.
Le syndicaliste dénonce par ailleurs les décisions « contradictoires » du board comme celle prises concernant la présence du General Manager au Board Meeting. Alors que l’article 12 de la CWA Act stipule que seul ce dernier est autorisé à y assister, une circulaire émise en juillet 2007 aurait donné droit au Deputy General Manager d’y assister également, pour l’enlever à nouveau quelque temps après. De même, tandis que le PRB recommande qu’un responsable de département ne puisse être rétribué lorsqu’il remplace un membre du personnel occupant un poste inférieur au sien, le Board aurait approuvé le paiement pendant deux ans de telles allocations dans certaines sections, comme les Human Resources et les Finances.
Les deux syndicats se félicitent d’avoir fait éclater « la vérité » dans le scandale de l’achat de chlore, et obtenu dans le sillage la révocation de Pim Ramessur, membre du Board condamné sous quatre charges graves par le comité disciplinaire et dont le cas a été référé par l’ICAC au Directeur des Poursuites publiques : « DPP finn donn li enn warning olie poursuiv li sou enn sarz kriminel et inn dir li ranbours kass ».
De manière générale, la crédibilité du Board, « à l’exception du Chairman et d’un autre nouveau membre », est fortement remise en question pour ses décisions « illicites et incohérentes » et pour le « viol des provisions du Procedural Agreement ». Pour toutes ces raisons, les deux syndicats ont adressé une correspondance aux ministères des Services publics, du Travail et celui des Finances, en février dernier, réclamant la révocation pure et simple des membres du Board concernés et leur remplacement par des personnes « compétentes, honnêtes et qui ont à coeur l’intérêt de la population ».