Malgré la maladie, Makenfi lo Apollon est celui qui donne de la force à sa femme, Stéphanie Tyack,

Du jour au lendemain, le couple, à qui tout souriait, doit trouver de l’argent pour financer une opération de dernière chance en Inde

Makenfilo (dit Filo) Apollon et son épouse Stéphanie Tyack avaient tout pour être heureux. Une maison, des projets, un emploi dans le secteur touristique et ils envisageaient même d’agrandir leur famille. Mais l’année dernière, une maladie rare : l’apparition d’une tumeur thoracique liée à un cancer testiculaire, ne pouvant être traité à Maurice, a bouleversé la vie du couple. Makenfilo Apollon, qui ne peut plus travailler, doit se rendre en Inde le 15 mars où il sera admis au centre médical Narayana, à Bangalore. Le couple a épuisé toutes ses ressources financières pour les premiers traitements de Makenfilo Apollon. Grâce à une chaîne de solidarité, les Apollon-Tyack ont pu récolter un montant qui servira à payer leur déplacement et une partie des frais d’hospitalisation en Inde. Toutefois, pour sauver la vie de Makenfilo Apollon, son épouse doit renbourser l’argent récolté et a accepté, par conséquent, de faire une entorse à la discrétion qui caractérise son foyer pour lancer un appel à la générosité du public.

“Tout allait tellement bien dans notre vie, c’était trop beau “ dit-Stéphanie Tyack. Quand elle a appris que son mari, Makenfilo Apollon (que tous appellent Filo), âgé de 37 ans, était atteint d’une tumeur germinale (séminomateuse) du médiastin, la jeune femme savait que son monde, celui qu’elle avait créé avec l’homme de sa vie et le père de son fils, pouvait s’écrouler à tout moment. Mais déterminée à lutter conntre contre cette maladie rare et grave, Stéphanie Tyack, 41 ans, refusait de se laisser abattre et de s’abandonner au destin. Encore aujourd’hui, elle est plus que jamais décidée à décrocher les étoiles s’il le faut, pour qu’elles brillent à nouveau dans les yeux de Makenfilo. Ce dernier, épuisé par la maladie, est contraint de s’appuyer sur les solides épaules de sa femme.

Dans quinze jours, le couple mettra le cap sur l’Inde, précisément Bangalore où Makenfilo Apollon sera admis au très réputé centre médical Narayana (NDLR : où se trouvent actuellement les soeurs siamoises Marie-Cléa et Marie-Cléanne Papillon). Pour en arriver là, la jeune femme s’est non seulement battue contre la maladie de son mari, mais aussi contre le temps. Il fallait trouver au plus vite un hôpital étranger qui accepterait la prise en charge de Makenfilo Apollon, lequel avait déjà terminé une chimiothérapie pour éviter les risques de dégradation de sa santé. “De tous les services contactés, seul le centre hospitalier indien avait répondu positivement et promptement à ma requête”, dit Stéphanie Tyack.

Pour se rendre en Inde, le couple Tyack-Apollon doit trouver les fonds nécessaires pour financer les soins de Makenfilo.

A ce stade, les chiffres en dollars américains qui ont été communiqués à la famille sont élevés. “Le traitement médical dépendra des premiers diagnostics. Ce sera en fonction de ceux-ci que nous serions fixés sur le coût de l’hospitalisation et des traitements préconisés”, explique Stéphanie Tyack.  Le couple doit impérativement réunir de quoi assurer le traitement du jeune père. Pour Stéphanie Tyack, le combat est loin d’être terminé. Elle sait qu’elle n’est pas seule. Elle peut compter sur le soutien et l’amour indéfectible de son mari et de sa famille, mais aussi de son amie et collègue, Claudine Pitot. Touchée par l’effort déployé par Stéphanie pour sauver son mari, celle-ci a lancé un appel à l’aide entendu par de nombreuses personnes qui ont fait parvenir leur contribution, aussi modeste soit-elle, au couple qui en profite pour leur témoigner sa reconnaissance. Mais à deux semaines de leur départ, c’est vers le public que Stéphanie Tyack et Makenfilo Apollon se tournent pour les soutenir.

Ils avaient des projets

Makenfilo Apollon, nous explique son épouse, ne peut être traité à Maurice, le pays ne disposant pas de spécialistes en cancer thoracique. En 2018, lorsque le couple apprend la maladie de Makenfilo, pour gagner du temps, il s’est tourné vers une clinique privée où celui-ci a suivi des séances de chimiothérapie. Consciente de l’urgence de la situation de son époux, Stéphanie Tyack se renseigne pour bénéficier du Overseas Treatment Scheme. Mais le couple n’y est pas éligible. Quand tout allait bien, comme n’importe quel foyer, les Tyack-Apollon avaient des projets de vie, ils ont contracté un emprunt (qu’ils remboursent toujours) et fait construire une maison sur un terrain acheté il y a quelques années. Leur statut de propriétaire et le traitement en privé les ont disqualifiés d’une aide. Les économies et une somme importante de l’assurance médicale ont servi à financer l’opération due à une torsion testiculaire, la chimiothérapie, entre autres. Depuis sa maladie,  Makenfilo n’est plus en mesure de travailler. Son épouse est la seule source financière du couple.

Retrouver la mer

Les ennuis de santé de Makenfilo Apollon commencent il y a quelques années de cela, après l’apparition de glandes à la nuque. Au départ, les visites médicales n’avaient rien révélé d’alarmant. Plus tard, une torsion testiculaire conduit le jeune homme en salle d’opération avant qu’on ne décèle un cancer des testicules. Ensuite d’autres complications ont surgi, comme la tumeur thoracique. Durant les trois derniers mois de l’année 2018, le jeune homme, amaigri par la maladie et les séquelles des traitements, a été quasiment coupé d’une vie normale et… de la mer, sa passion. “Je suis issu d’une famille de pêcheurs. J’ai grandi au bord de la mer. Je me sens bien dans l’eau ,“ dit celui-ci. D’ailleurs, c’est grâce à la mer qu’il a rencontré sa femme. Lui, skipper et faisant de la plongée sous-marine, l’initiait à cette activité. “Je l’ai trouvé beau”, confie Stéphanie Tyack en souriant. Après la naissance d’une belle amitié et d’une complicité entre les deux, c’est un sentiment amoureux qui a pris la place dans le coeur des deux. Avant de se retirer de la compagnie qui l’employait, Makenfilo Apollon était aussi le collègue de sa femme. “Il est ma vie”, dit-elle sans quitter des yeux celui qui est son époux depuis 14 ans. “Elle sait ce que je ressens pour elle. Elle est tout pour moi”, dit Makenfilo Apollon, non sans émotion. Dans les épreuves que leur inflige la maladie, c’est lui, dit-elle, qui lui donne la force de se battre aussi pour leur fils, leur maison, leur avenir. Il y a quelque temps, Makenfilo a renoué avec la mer, pas comme auparavant certes, mais ce contact lui est essentiel.

Appel à la générosité du public

Makenfilo Apollon, qui est désormais dans l’incapacité de travailler, ne perçoit pas d’aide sociale. Pour cela, il devrait se soumettre à des procédures établies par la Sécurité sociale et suivre un traitement médical dans un hôpital public. Mais en attendant de se plier au règlement des autorités, le couple Apollon-Tyack est contraint d’agir au plus vite, car le temps joue contre lui et les procédures pour bénéficier d’une allocation d’invalide sont longues. Les Apollon-Tyack ne peuvent couvrir tous les frais nécessaires pour sauver la vie de Makenfilo, et lancent un appel au public. Toute aide financière peut être versée au compte: 000042464285 (MCB) au nom de Louis Makenfilo Apollon et Marie Stéphanie Tyack, lesquels peuvent être contactés sur le 5 742 7510.