Pour les militants de la cause animale, la fin des expérimentations sur les animaux est un rêve. Pour les chercheurs, une possibilité. Car des alternatives pourraient, non pas remplacer, mais du moins, réduire le nombre d’animaux lors des expérimentations. Parmi elles, les « organs-on-chip », l’une des innovations de ces dernières années, une technologie encore en développement, mais pas encore validée. C’est ce qu’a affirmé le Dr Cindy Buckmaster, présidente de la Texas Society For Biomedical Research, et experte américaine sur l’importance des animaux dans la recherche biomédicale lors d’une conférence donnée mardi à l’hôtel Le Labourdonnais, au Caudan, en présence de Bruno Jullienne et de Nada Padayatchy, respectivement président et vice-président de la Cyno Breeders Association (CBA-association regroupant les compagnies d’élevage Bioculture, Noveprim et Le Tamarinier).

Depuis plusieurs années, des chercheurs travaillent pour mettre au point des techniques alternatives, faciles et peu coûteuses, qui remplaceraient l’expérimentation sur les animaux. Quelques modèles in vitro ont vu le jour. Et l’un des plus prometteurs serait l’organ-on-chip (OOC) développé par des chercheurs de l’Université de Harvard et de Pennsylvanie (Etats-Unis). Leur fabrication permettrait de confectionner des systèmes microscopiques capables de recevoir en culture des cellules vivantes. La puce électronique est compartimentée et présente des canaux microscopiques et une pompe pour reproduire le système circulatoire. L’ensemble permettrait de simuler l’activité d’un organe et de tester des médicaments ou encore des toxines.

Selon le Dr Cindy Buckmaster, présidente de la Texas Society For Biomedical Research, de l’Americans for Biomedical Progress et de la National Animals Interest Alliance, il paraît actuellement difficile de se passer complètement des animaux. Les techniques alternatives, bien qu’existantes, restent encore insuffisantes et ne sont pas encore validées. Cependant, Cindy Buckmaster soutient que les progrès scientifiques en cours font que de moins en moins d’animaux sont nécessaires dans la recherche appliquée. « Seulement, nous ne sommes pas encore prêts pour enlever complètement les animaux de l’équation. Il y a bien la technologie organs-on-chip qui est encore en développement. Nous espérons y arriver d’ici 2035 dans certains domaines, et je peux vous dire que si nous y parvenons, ce sera le plus beau jour de ma vie », a-t-elle déclaré.

Tout en faisant part de son espoir que toutes les expériences sur les animaux prennent fin un jour, elle a expliqué que ces nouvelles technologies permettant, par exemple, de développer des simulations par ordinateur, ne pourront pas remplacer les animaux. Tout en ajoutant que la recherche médicale est divisée en deux éléments :
la recherche de base et la recherche appliquée. « La recherche de base nous est absolument nécessaire pour comprendre la manière dont fonctionne naturellement le corps et les systèmes biologiques. Quoi qu’en disent les détracteurs de la recherche sur les animaux, il nous est impossible actuellement de créer un ordinateur ou un tissu capable de représenter tous les éléments extrêmement complexes d’un corps vivant ».

« Highly regulated »

Pour ce qui est des images négatives véhiculées sur l’expérimentation animale : des chiens cobayes inhalant la fumée, des rongeurs gazés au CO2 ou par dislocation cervicale… le Dr Cindy Buckmaster a affirmé que « certaines de ces images datent d’une trentaine d’années. I think that many of these people who have concerns about animals have been told things that aren’t true about how animals are treated in research by animal rights groups such as Cruelty-free international or PETA or Humane Society of the United States. I encourage people to learn the truth on their own. You need to learn the truth and the good news is that it’s not what you think. The truth is that this field is highly regulated, more highly regulated than any field that i can take up because the animals are voiceless. We are inspected multiple times a year by external and internal groups to ensure that we are following the regulations : that means physical health, veterinary health, etc. ».

Elle explique que les meilleurs traitements sont réservés aux animaux utilisés dans les laboratoires américains. Ces animaux sont anesthésiés en cas de douleurs possibles, on leur procure des antibiotiques, des antidouleurs, ils sont suivis, après chaque opération, durant 24 heures, par un vétérinaire spécialisé … « C’est toujours très difficile pour les chercheurs lorsqu’ils doivent euthanasier les animaux qui les accompagnent lors de leurs recherches. Il y a un vrai attachement, car ce sont des êtres que nous côtoyons et dont nous prenons soin chaque jour. Toutefois, nous savons que leur sacrifice va fort probablement permettre de sauver un enfant, une grand-mère ou un membre de votre famille, demain. Ce sont de véritables héros », affirme celle qui a dédié sa thèse de doctorat aux macaques mauriciens. « Nous ne sommes pas des avocats pour la recherche animale, nous sommes des avocats pour le progrès scientifique et l’avancée médicale, et en ce moment, l’expérimentation sur les animaux est une composante essentielle de ce
progrès »,
a conclu le Dr Buckmaster.