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Le Covid-19 se propage en suivant une route invisible. Il est néanmoins possible, par le biais des données de localisation des téléphones, de savoir en avance où celui-ci va frapper par la suite. Pleinement engagé dans la lutte contre la pandémie, à l’instar de son grand rival Google, Facebook a annoncé le mercredi 7 avril, le déploiement d’une série d’outils pour permettre aux chercheurs de suivre à la trace le virus et de mieux anticiper sa propagation. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de son programme « Data for Good », mis en place en 2017, pour fournir à des équipes de scientifiques dans le monde entier des données issues du réseau social.

Au total, trois jeux de données sous forme de cartes interactives sont mis à disposition des épidémiologistes et des autorités sanitaires. « Les cartes de prévention des maladies de Facebook sont conçues pour aider les organisations de santé publique à combler les lacunes dans la compréhension des lieux où vivent les gens, de leurs mouvements et de l’état de leur connectivité cellulaire, afin d’améliorer l’efficacité des campagnes de santé et de la réponse aux épidémies », écrit le groupe américain dans une note sur son blog.

Le premier indicateur, baptisé « carte de regroupement », détermine le taux de probabilité que des personnes d’une région entrent en contact avec ceux d’une autre région. Celui-ci doit permettre « de mettre en lumière les endroits où des cas de coronavirus peuvent apparaître ensuite », explique le réseau social. Le deuxième, intitulé « amplitude de mouvement », permet de visualiser si les personnes se trouvent à proximité de leur lieu de résidence et indique les endroits que chacun d’eux a fréquentés localement. Il permet ainsi de savoir si les mesures de confinement sont bien respectées et « d’évaluer l’impact des politiques en vue d’une réponse mesurée », souligne le réseau social.

Le troisième, nommé « indice de connectivité sociale », utilise quant à lui les liens d’amitié entre les utilisateurs du réseau pour représenter les interactions entre les habitants d’un quartier ou d’une région avec le reste du pays. Il est censé « aider les épidémiologistes à prévoir la probabilité de propagation de la maladie, ainsi que les zones les plus touchées par le Covid-19 qui pourraient demander de l’aide », explique Facebook.

Le site de Mark Zuckerberg insiste sur le fait que les données sont agrégées et totalement anonymisées. Autrement dit, impossible d’identifier qui que ce soit, en principe. Le réseau social l’assure : « Les cartes de prévention des maladies regroupent les informations de Facebook, et nous prenons des mesures supplémentaires pour masquer l’identité des personnes et réduire le risque que quiconque puisse être réidentifié. »