Singapour a maintenu sa première place au classement des principales sources d’investissements directs à l’étranger (FDI) en Inde pour la période avril-décembre 2015. La Grande Péninsule a reçu près de USD 11 milliards de FDI de ce pays contre USD 6,1 milliards de Maurice, qui se retrouve en deuxième position.
Des données compilées par les autorités indiennes font apparaître que les trois premiers trimestres de l’année financière 2015-2016, démarrant en avril 2015, ont été marqués par une progression des investissements directs étrangers, ceux-ci atteignant USD 29,5 milliards par rapport à USD 21,04 milliards pour la période correspondante (avril-décembre 2014) du précédent exercice financier. De Singapour, l’Inde a reçu USD 10,98 milliards. Maurice, qui occupait la deuxième place avec USD 6,1 milliards, précédait les États-Unis (USD 3,51 milliards), les Pays-Bas (USD 2,14 milliards) et le Japon (USD 1,08 milliard).  
Le secteur de l’informatique a attiré le plus gros montant de FDI, soit USD 5,3 milliards, devançant les secteurs des services (USD 4,25 milliards), du commerce (USD 2,71 milliards) et de l’automobile (USD 1,78 milliard). Selon le Department of Industriel Policy and Promotion, une croissance de 37% du FDI a été notée en Inde pour la période janvier-décembre 2015, le montant global se chiffrant à USD 39,3 milliards.
Dans The Economic Survey 2015-2016, publié par le ministère indien des Finances juste avant la présentation du Budget 2016-2017 de ce pays, il a été souligné que la hausse du flux d’investissements directs à l’étranger dans ce pays découlait d’un régime favorable et d’un environnement des affaires solide. Mais dans ce même document, des interrogations avaient été soulevées concernant les gros montants du FDI provenant de petits pays, en l’occurrence de Singapour et Maurice. Les auteurs du document exhortaient en même temps le gouvernement indien à établir si les investissements étaient canalisés à travers les deux pays précités en vue de tirer avantage des dispositions des traités de non-double imposition. « These inflows need perhaps to be examined more closely to determine whether they constitute actual investment or are diversions from other sources to avail of tax benefits under the Double Tax Avoidance Agreement (DTAA) that these countries have with India », soulignait le document.
La question fait débat en Inde, où le quotidien The Hindu, entre autres, reprenait les observations faites dans The Economic Survey 2015-2016. Il met l’accent sur l’importance des deux principales sources de FDI en Inde, notant que sur les USD 278 milliards obtenus durant la période avril 2000-décembre 2015, une enveloppe de USD 93,6 milliards (34% du montant total) provient de Maurice alors que la part de Singapour s’est élevée à USD 43,2 milliards (16%). « These two countries together accounted for half of the total FDI inflows into India during the15-year period », précise le quotidien.
Faisant état d’un document préparé par l’Institute for Studies in Industrial Development (ISID) de New Delhi, The Hindu indique qu’il n’y a pas eu d’analyse systématique de la nature des flux de FDI et de leur impact sur le développement du pays, et ce malgré la priorité accordée par les autorités à l’investissement direct étranger depuis deux décennies. Selon l’ISID, la moitié des flux d’investissements directs à l’étranger ne peut être considérée comme des “realistic FDI”.   
Poursuivant son analyse, The Hindu rapporte que les experts en fiscalité et autres consultants sont, eux, d’avis que le fait que Maurice et Singapour soient les plus importants investisseurs étrangers « is not a new phenomenon » et que le gouvernement indien est au courant de cette tendance depuis longtemps.