Des habitants de Flic-en-Flac sont en colère en voyant l’état dans lequel se trouve actuellement une partie de la plage située à côté du débarcadère de la localité. Des arbres, de vieux bateaux abandonnés, des herbes folles et des ordures ont envahi l’espace. Ceux ayant abandonné leurs vieux bateaux depuis très longtemps ne jugent pas semble-il utile d’enlever les épaves de l’endroit. « Cela laisse une mauvaise image à l’environnement, où se trouvent deux hôtels fréquentés par des touristes », disent les contestataires.

J. K., un habitant de Flic-en-Flac, explique : « Les autorités doivent prendre leurs responsabilités et mettent en œuvre tous les moyens nécessaires pour retrouver les propriétaires de ces épaves. Pour autant que je sache, il est interdit de les détruire sans le consentement des propriétaires. » Mario M., un pêcheur de la région, assiste attentivement à la conservation. Il dit partager ce point de vue. « Je suis d’accord, ce sera bien difficile, car avec le temps, les numéros des bateaux se sont effacés. Ce sera un exercice difficile également pour identifier les propriétaires. Contrairement aux vieilles voitures qui trouvent leur place dans les champs de cannes ou chez les mécaniciens, il n’existe pas de casse pour les bateaux à Maurice », fait-il remarquer, avec un brin d’ironie.

« Les bateaux en bois sont délaissés, abandonnés. Cela ressemble à un dépotoir. Vous trouvez ça joli, vous ? » lance Nicole, une mère de famille ayant emmené son fils de neuf ans faire un tour sur la plage de Flic-en-Flac lundi dernier. Selon elle, certains propriétaires « profitent de la léthargie des autorités et laissent pourrir leurs bateaux » sur place. « Si cette situation perdure, cet endroit sera bientôt transformé en un véritable cimetière pour vieux bateaux. »

Bunny Wade, le conseiller du village de Flic-en-Flac, rappelle qu’il avait agi comme intermédiaire il n’y a pas longtemps entre les habitants et la direction de l’hôtel Villa Caroline, dont le directeur est Alain Pinagapany, pour un projet d’embellissement sur cette partie de la plage. Et comme certains habitants y étaient opposés, le conseiller nous dit qu’il n’avait pas d’autre choix que de respecter la décision des habitants. « Je n’ai pas voulu me retrouver dans une situation embarrassante », dit-il.

Alain Pinagapany avait expliqué son projet lors d’une réunion tenue en février dernier en présence de membres des forces vives de la localité. Il avait l’intention, dit-il, de réaliser « on the portion of land adjacent to the hotel for the construction of a new area for boas in bad weater for a maintenance space for the boas so that dirty water does not go in the sea, parking space for public, hotel résident and fishermen », poursuivant vouloir « do a slipway for boats, to embellish this part of the beach for the wellness of locals and not to be used as depotoir ».

Dans une lettre adressée le 8 juillet dernier au ministère des Terres et du Logement, Alain Pinagapany, de Villa Caroline, a fait savoir qu’il n’ira pas de l’avant avec ce projet. « We will not go ahead with the project as we have not reach mutual agreement between all stake of the village and us. We would be grateful to disregard all applications done for the implementation of the project as per letter dated 21 february 2019 – 11 june and all other demand of embellishing the said portion of land. »

En ce qui concerne l’entretien de cette partie de la plage, un haut cadre de la Beach Authority explique au Mauricien : « Nous ne gérons pas cette partie de la plage de Flic-en-Flac, car ce n’est pas une plage publique. Cet espace est géré par le ministère de la Pêche. » Interrogé sur l’entretien de cette partie de la plage, qui touche au débarcadère, un cadre du ministère de la Pêche fait savoir, lui, qu’il « n’y a aucun cadre légal défini qui nous permettrait de forcer les propriétaires de ces bateaux à quitter les lieus ». Il ajoute : « Si la Beach Authority nous signale toutefois que des bateaux ont envahi cette partie de la plage, nous pourrons alors approcher les propriétaires de manière informelle et tenter de trouver un accord à l’amiable pour libérer cet espace. Mais nous ne pouvons pas faire plus. Il faudra certainement revoir la loi. »