Il a été remercié comme il fut nommé, dans le secret. Le Français Alain Happe n’est plus, en effet, le Directeur Technique National (DTN) de football mauricien. A compter du 30 avril prochain, celui qui arrivera à Maurice en 2015 au titre de préparateur physique de Didier Six, nommé sélectionneur du Club M, ne sera plus le responsable de la direction technique du football mauricien. L’information a été confirmée à demi-mot par le président de la Mauritius Football Association, Samir Sobha, embarrassé lorsque Week-End lui a demandé de confirmer l’information.
En fait, Alain Happe quitte un poste qu’il n’a jamais vraiment assumé au Football House de Trianon. Comme déjà indiqué dans nos colonnes depuis plusieurs semaines, le Français était certain d’être nommé DTN depuis deux mois, mais il n’a jamais pu mettre en place quoi que ce soit, ni la moindre structure pour aider le football mauricien. Faute de quoi ou de qui?  Interrogé par Week-End, le démissionnaire confirme nos informations et  n’y va pas avec le dos de la cuillère vis-à-vis des responsables de la MFA.
«J’ai reçu un courrier électronique le 15 avril faisant part d’un avis de licenciement pour la fin du mois. La rupture de mon contrat est liée à une faute professionnelle, selon leurs dires», explique le Français qui pour l’heure ne sait pas encore ce qui est considéré comme faute professionnelle. Un peu à la manière de ce qui s’est passé dans le licenciement de Didier Six comme sélectionneur du Club M.  Pour Week-End, Alain Happe est revenu sur les différents épisodes qui ont conduit à la MFA de le nommer à ce poste. «Ceux qui suivent le football mauricien connaissent mon parcours à Maurice. À la base, j’étais l’adjoint de l’ancien sélectionneur, Didier Six et à la suite de son licenciement après la COSAFA Cup, j’avais repris le flambeau aux côtés d’Akbar Patel et de Désiré L’Enclume. les choses ne se sont pas bien passées aux JIOI avec le président de la MFA qui voulait éjecter Patel et L’Enclume avant que la compétition ne prenne fin et je suis personnellement intervenu auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS) pour qu’il rectifie le tir. Il faut dire que j’étais aussi entraîneur de la sélection nationale féminine», explique Alain Happe.
Sobha fait la sourde oreille
Ce dernier souligne que par la suite il fut sollicité pour devenir DTN, dans le sillage de l’arrivée de Joe Tsuphula dans l’encadrement technique du Club M. «La MFA a ensuite voulu  mettre Joe Tshupula à ma place. Allez savoir pourquoi ? J’ai laissé faire et nous avons dirigé ensemble le Club M dans les différents tournois comme les éliminatoires de la CAN et CHANentre autres. Puis Samir Sobha m’avait  spécifié que j’avais aussi pour rôle d’aider et de former Joe Tshupula. Mais petit à petit, j’ai senti que mon sort était scellé et en moins de temps qu’il ne fallait,  Joe Tshupula est devenu le No 1 du Club M. Je me suis vite retrouvé hors course, mais entre-temps j’ai été appelé à effectuer un stage de DTN au Malawi du 23 au 30 avril et à mon retour la MFA m’a proposé un contrat de DTN que j’ai signé  le 5 février pour officier en tant que tel. Mais bien évidemment, la fédération n’a pas cessé de me mettre des bâtons dans les roues, notamment par le biais de son secrétaire général, Didier Pragassa, qui est le porte-flingue de Samir Sobah. Le secrétaire-général de la MFA m’avait envoyé, le 7 avril dernier une mise en garde pour me dire que je ne faisais pas mon travail . C’était comme pour m’avertir de mon future sort», évoque encore le Français. Week-End a essayé en vain d’avoir la version des faits de Didier Pragassa, mais soit ce dernier  était  trop occupé pour répondre à nos appels à partir du standard de la MFA soit son portable était sur messagerie.
Le technicien Alain Happe, dont la position avait récemment soulevé un tollé à l’Assemblée Nationale en raison de la nature confidentielle de son contrat, avoue avoir essayé de faire comprendre au président de la MFA de la nécessité de mettre en place des projets de formation. «J’avais l’impression de parler dans l’oreille d’un sourd, notamment sur le dossier grassroot football où il m’a clairement fait comprendre que ce n’était pas son problème et qu’il se concentrait uniquement sur le championnat professionnel. En ce qu’il s’agit de la formation, Samir Sobha m’a indiqué qu’il pouvait tout gérer à son niveau. Le pire dans cette histoire est que pour mes déplacements, je n’avais  personne pour m’accompagner. J’étais  livré à moi-même. Je tiens à préciser que je ne suis pas un blaireau. Faut pas me prendre pour le pantin de service et je vais me battre pour défendre mes droits et je n’ai pas de leçon à recevoir des gens qui ne font rien à longueur de journée», l’ex-DTN.
Tout laisse croire que cette affaire ne se termine pas sur cette note.