Le leader de l’opposition dément que Moody’s a félicité le gouvernement pour sa gestion de la crise BAI. Pire, soutient-t-il, l’agence de notation fait des projections de croissance de 3,6%, soit un taux nettement inférieur à ceux projetés par le ministre des Finances (5,3% et 5,7%). Il affirme par ailleurs que les licenciements décidés par les administrateurs spéciaux «nommés par le gouvernement» au niveau des filiales du groupe BAI n’ont été que reportés «pour des raisons électoralistes», le temps des municipales, et appelle les salariés concernés et leurs syndicats à rester sur leurs gardes.
Paul Bérenger parle de «nouvelles volte-face» dans l’affaire Bramer Bank-BAI. Il évoque d’abord les licenciements décidés par les administrateurs spéciaux nommés et par la suite suspendus. Le leader de l’opposition rappelle que c’est le gouvernement de l’alliance Lepep lui-même qui s’était assuré d’une majorité des trois quarts pour amender la loi en vue de la nomination de ces administrateurs spéciaux.
Des administrateurs que le même gouvernement a choisi de «désavouer» par la suite en reportant leur décision de licencier.
L’autre volte-face qu’évoque Paul Bérenger a trait à ceux ayant placé de l’argent auprès de Bramer Assets Management. Il rappelle qu’à l’origine, le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, avait déclaré que le cas de ceux ayant investi dans ce fonds n’était pas «l’affaire du gouvernement». «Vishnu Lutchmeenaraidoo avait même expliqué qu’un éventuel remboursement de ces personnes allait coûter la bagatelle de Rs 5 milliards».
Or, souligne le leader de l’opposition, voilà que maintenant le gouvernement promet de les traiter au même titre que ceux ayant contribué au plan Super Cash Back Gold (SCBG). Et Paul Bérenger de se demander d’où viendra l’argent pour ces remboursements. D’autant que, dit-il, des membres lésés de la Vacoas Popular Multipurpose Cooperative Society (VPMCS) où des malversations ont été mises au jour élèvent eux aussi de plus en plus la voix en vue d’une compensation.
Paul Bérenger répète ainsi que toute cette affaire Bramer Bank-BAI a été dès le départ «mal gérée». Le leader du MMM en profite pour dire l’intention de son parti de circuler «par milliers» des coupures de presse sur la campagne électorale de l’Alliance de l’Avenir en 2010 quand le MSM était en alliance avec le PTr. Il est précisément question de reportages d’un meeting à Plaine-Verte.
Rapportant ainsi ce rassemblement dans son édition du 21 avril 2010, Le Défi titre : Pravind Jugnauth : «On a besoin de beaucoup de Dawood Rawat à Maurice», alors que le Star du 25 avril de la même année titre pour sa part : Pravind Jugnauth : «Le pays a besoin de 200 Dawood Rawat».
Dans ces articles, il est notamment souligné comment le leader du MSM a «pris la défense du président du groupe BAI», Dawood Rawat, un «exemple à suivre», un entrepreneur «qui se sert de sa matière grise pour faire du business». Il y est aussi question de la vision commune de Pravind Jugnauth et de Navin Ramgoolam de «démocratiser l’économie».
Endettement et désinvestissement étranger
Le leader de l’opposition parle par ailleurs de «manipulation honteuse» du rapport de l’agence de notation Moody’s rendu public cette semaine. Il soutient qu’à aucun moment Moody’s ne félicite le gouvernement pour sa gestion de la crise du groupe BAI.
Même si, dit-il, l’agence de notation n’a pas révisé à la baisse la note de Maurice, elle souligne une détérioration au niveau de deux des quatre critères qu’elle tient en considération et met en garde les autorités sur la question de l’endettement et celle du désinvestissement étranger.
«Alors que le ministre des Finances a fait des prévisions de croissance de 5,3% pour 2015 et de 5,7% pour 2015-16, l’agence ne prévoit qu’un Growth Rate de seulement 3,6% dans les deux cas».
Par rapport au jugement de la Cour suprême dans l’affaire de la carte nationale d’identité biométrique, Paul Bérenger estime qu’il rejoint la crainte exprimée par le MMM quant à l’anticonstitutionnalité du stockage des données personnelles de citoyens de la République, notamment les empreintes digitales, dans une base centrale de données. «À partir de ce jugement, nous attendons confirmation par le gouvernement de la destruction de cette base de données personnelles ainsi que les amendements légaux nécessaires à cette fin», dit-il.
Paul Bérenger juge enfin «très affligeante» la décision de la Mauritius Football Association de voter en faveur de la réélection de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA, alors même que celle-ci, longtemps sous sa direction, est empêtrée dans un vaste scandale de corruption. Le leader de l’opposition considère tout aussi «triste» que la Confédération africaine de football à laquelle la MFA est affiliée a été le principal soutien du même Blatter pour sa réélection.