Le leader du PTr détiendrait des informations selon lesquelles le projet Heritage City ne coûterait que Rs 15 milliards, contrairement au montant de Rs 59 milliards avancé par le ministre des Services financiers et de la Bonne Gouvernance, Roshi Bhadain. C’est ce qu’il a laissé entendre vendredi soir, lors d’un congrès dans la circonscription No 13, à Rivière-des-Anguilles. Se fondant sur l’analyse des professionnels avec lesquels il a discuté et dont il détient les informations, il se demande ce que le gouvernement compte faire des Rs 44 milliards restants. Il estime, par ailleurs, que le projet Heritage City ne sera pas créateur d’emplois pour les jeunes diplômés contrairement au secteur offshore, désormais voué à disparaître, après la signature, dit-il, du nouveau traité DTAA avec l’Inde. Il a profité de l’occasion pour tirer à boulets rouges contre le gouvernement et le Premier ministre en particulier qui, dit-il, en fin de carrière, « pe tire so vengeance, non seulement contre PTr, mais aussi contre ban Mauriciens ».
Si l’arrivée surprise du leader du Parti Malin, Dhanranjsingh Aubeeluck ,a créé la confusion dans la salle verte, le leader du PTr ne s’est pas laissé démonter par le manque d’attention des partisans présents à Rivière-des-Anguilles vendredi. Il a fait une sortie en règle contre le gouvernement, revenant principalement sur le nouveau traité DTAA avec l’Inde, qui mène désormais le secteur offshore à sa perte, selon lui. Navin Ramgoolam soutient que le gouvernement et plus particulièrement Roshi Bhadain et SAJ « par amateurisme et manque de vision et incompétence ont cédé à la tentation de l’argent sans tenir compte des conséquences désastreuses de ce nouvel accord sur le secteur financier ».
Il a déploré les pertes d’emplois qu’entraînera cet accord, qui frappera d’abord les jeunes diplômés, et a ajouté, par ailleurs, que les bénéfices qu’en tireront les compagnies indiennes porteront préjudice aux compagnies mauriciennes. Selon lui, au lieu de miracle économique comme promis par l’alliance Lepep, le pays est aujourd’hui voué au « naufrage économique ». S’appuyant sur les analyses des rapports Moody’s et du FMI pour étayer ses dires, il souligne que, outre le spectre du chômage, la baisse des devises étrangères, l’augmentation du taux d’inflation et la dépréciation de la roupie se profilent à l’horizon économique du pays. « En dégradant un secteur productif comme le secteur financier, au profit de l’Heritage City, c’est comme vendre une vache à lait contre un éléphant blanc », affirme-t-il. D’une comparaison qu’il établit entre Heritage City au Illovo Deal, il dira, « pas conné couma pou kalifie sa deal la. Sa c’est enn mari mega mega deal! »
Navin Ramgoolam s’en est également pris au gouvernement pour « declar pitie ki pa pou zot ». Il faisait référence notamment à la tenue de la 23e conférence de l’arbitrage commercial international à Maurice il y a quelques jours, rappelant que c’est à son initiative que cette conférence a eu lieu à Maurice. Il insiste sur le fait que l’arbitrage commercial est lié au secteur financier, et se dit inquiet qu’avec les conséquences qui guettent le secteur financier, l’arbitrage commercial risque aussi d’en souffrir, avec notamment une baisse de 50% des activités.
“SAJ: part-time PM”
Il s’est aussi attardé sur la remise sur les rails du projet métro léger, que l’alliance Lepep avait pourtant dénigré et rejeté lors de la dernière campagne électorale. Une fois de plus, dit-il, comme pour les cas de la carte d’identité biométrique, le permis à points, les radars, entre autres, le gouvernement revient en arrière. Il déplore, cependant, qu’aujourd’hui, concernant le projet métro léger, dont le nombre de stations a été réduit, selon ses informations, tout reste flou. « Nous nous étions organisés. Nous envisagions qu’à chaque station il y ait des centres de développement avec la création d’entreprises et de business qui auraient créé des emplois », dit-il.
Revenant sur les scandales qui secouent le gouvernement — les nominations et autres contrats alloués à des proches des députés de la majorité, les scandales de corruption qui pèsent sur les ministres et députés — Navin Ramgoolam s’insurge contre l’attitude de SAJ qui « se dit satisfait de tout ce qui se passe ». Selon lui, SAJ n’est qu’un « part-time Prime minister dont le seul objectif est de détruire le PTr et de mettre son fils sur le trône ».
Alors qu’un peu plus tôt, Arvin Boolell souhaitait la participation de la population à la prochaine manifestation que compte organiser le PTr pour réclamer des élections anticipées, le leader du PTr exhorte, lui, ses partisans à aller voter avec leur conscience et non en se fondant sur des rumeurs. « Kan vote ek rumeurs, finalement tout Maurice ki perdi », dit-il. Il appelle ses partisans à « conn réagir et fer zot compran ki are nou non! »