Rien ne va plus entre le ministère des Arts et de la Culture et l’association Freedom. Fleuriot Juste, président du mouvement qui affirme « oeuvrer pour les droits humains », accuse le gouvernement d’avoir plagié son projet d’hommage à Kaya.

De plus, il accuse le ministre des Arts et de la Culture, Prithviraj Roopun, de s’être montré « hostile », envers lui. De même, Fleuriot Juste avance qu’il a fait l’objet d’intimidation policière, hier matin. Initialement, l’organisation Freedom, qui milite pour les droits humains, avait fait une demande au Prime Minister’s Office, pour son soutien, à un projet de concert, dans le cadre des 20 ans du décès de Kaya. Fleuriot Juste déclare qu’une correspondance relative avait été adressée au bureau du Premier ministre, le 24 décembre 2018.

Son idée, précise-t-il, était d’organiser un concert gratuit, avec la participation de Raynal Collet, le frère aîné de Kaya, et de faire une demande à l’UNESCO, pour que le seggae soit inscrit au patrimoine mondial de l’humanité, au même titre que le reggae. « Nous n’avons jamais eu de réponse à cette lettre. Même pas un accusé de réception. Or, le vendredi 11 janvier, j’ai eu la surprise d’apprendre que le conseil des ministres avait pris la décision de rendre hommage à Kaya. Le lundi 14 janvier, j’ai tout de suite pris contact avec le bureau du Premier ministre. D’après mes renseignements, certains conseillers ont fait croire au Premier ministre que c’était leur idée d’organiser un hommage national à Kaya. » Fleuriot Juste est d’avis qu’il s’agit d’un « plagiat » de son projet. Il a fait circuler une série de lettres adressées à différents départements du gouvernement depuis cette période; n’a toutefois pas révélé la teneur d’une communication avec le PMO, le 14 janvier, qu’il a promis de garder confidentiel.

Toutefois, il affirme que le bureau du Premier ministre l’a référé au ministre Roopun et qu’une rencontre a eu lieu, en présence du directeur de la culture, Islam Bhugan. « On m’a demandé des détails de mon projet. On a aussi parlé de Kaya et du projet d’inscrire le seggae à l’UNESCO. On m’a également demandé de soumettre les coûts du projet. » Par la suite, poursuit le président du mouvement Freedom, un officier du ministère a pris contact avec lui, pour demander un « breakdown of costs du concert ».

Selon Fleuriot Juste, ce détail n’a pu être fourni au ministère, car le lieu du concert n’avait pas encore été finalisé. En dernier lieu, Fleuriot Juste dit avoir obtenu une cotation pour Gros Cailloux. « Nous avons fait un final breakdown of costs à Rs. 1,905,884.50, incluant la TVA. Je rappelle qu’il s’agissait là d’un concert gratuit et que les coûts comprenaient entre autres, la location des lieux, le son, le transport, la sécurité, le cachet aux artistes, qui ont d’ailleurs fait un effort pour Kaya.» Il affirme que le ministre Roopun l’a convoqué lundi dernier. « Il s’est montré très hostile envers moi. J’ai été choqué de la façon dont il m’a reçu. Au cours de cette rencontre, il m’a demandé mon adresse exacte. J’ai trouvé cela bizarre, car cela n’avait rien à faire avec le sujet. »

Ce mercredi, Fleuriot Juste a écrit une lettre au ministre, disant qu’il y avait un policier venu se renseigner près de sa maison hier. « Ma femme était sortie et elle a croisé le policier qui lui a demandé des renseignements, notamment le nom exact de la ruelle où j’habite. Je crains pour ma sécurité. » Sollicité, le ministère des Arts et de la Culture a fait comprendre qu’il allait répondre en temps et lieu.