Best Chem Ltd, société locale basée au cœur de Vallée-Pitot, à Port-Louis, est spécialisée dans la fabrication et la distribution de produits désinfectants, de produits antimicrobiens et de détergents. Avec une quinzaine d’années d’existence et proposant une quinzaine variétés de produits antimicrobiens, Best Chem Ltd se positionne parmi les professionnels de l’hygiène et de la désinfection à Maurice.

Ahmad Mauthoor, âgé de 37 ans et originaire de Coromandel, gère la compagnie Best Chem Ltd avec le soutien de sa mère, qui nous raconte que la famille possédait autrefois une usine de textile. En 2003, ils se sont lancés dans la production de produits détergents en parallèle. « Nous étions autrefois établis à Dubayy, où mon feu époux, Hoomayoon, exerçait dans le département de l’audit dans un hôpital. De retour au pays, il a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat », dit la mère du propriétaire. Elle poursuit : « Ainsi en 1984, nous avons ouvert une usine de textile rue Pope Hennessy, à Port-Louis. Nous fabriquions des vêtements prêts-à-porter. Quelques années plus tard, nous avons fait l’acquisition d’un terrain à Vallée-Pitot sur lequel nous avons construit une grande usine. »

En 1996, le secteur du textile se retrouve en difficulté. Le commerce est en chute. Ahmad, qui avait alors rejoint ses parents dans la gestion de leur entreprise, décide de lancer un autre commerce en parallèle. Ainsi est né Best Chem Ltd. « Nous avons observé la société mauricienne pour avoir une idée des produits les plus recherchés. Les retombés démontrent que la demande pour les produits détergents était en hausse. Nous avons donc décidé de nous lancer dans cette même production », affirme Ahmad, lequel a repris la relève de la compagnie après le décès de son père en 2003. Il décide alors de fermer l’usine de textile et de se concentrer sur la production des produits détergents.

Les Mauthoor ont en fait acheté les formules et la marque “BEST” d’une usine de détergents qui fermait ses portes à Dubayy. Ils ont invité un ancien employé de l’usine, originaire de Chennai, à Maurice pour les aider à mettre sur pied leur usine. « Nous avons fait venir de Chennai une personne qui compte 16 années d’expérience au sein de l’usine de Dubayy. Il a travaillé pendant cinq ans chez nous. Il avait pour responsabilité de former Ahmad et de produire des formules de détergents. Après son départ, c’est Ahmad qui a tout géré », explique la mère d’Ahmad.

Le jeune directeur fait venir les équipements nécessaires pour la conception, le développement et la fabrication de produits d’hygiène et d’entretien. Pour commencer, il ne produisait que cinq produits, dont l’eau de javel, le liquide vaisselle, la lessive en poudre et l’assouplissant. Quelques années plus tard, après avoir acquis l’expertise nécessaire, Ahmad a commencé à proposer une dizaine d’autres produits.

Le propriétaire de l’entreprise explique que, quand ils ont commencé, la lessive en poudre était en vogue à Maurice. « Mais au fil des années, les nouvelles générations étaient plus à la recherche de la lessive liquide. Il fallait donc évoluer pour pouvoir conquérir les clients. Ainsi, outre les cinq produits de base, nous avons commencé à produire des produits antimicrobiens pour surfaces et sols, des gels nettoyants, du caustique soda, des détergents pour salle de bains et toilettes et du savon liquide, entre autres », a-t-il indiqué. Il ajoute : « J’ai bénéficié du soutien des compagnies qui nous livrent les matières premières pour la préparation des formules, l’expert de Chennai étant déjà retourné dans son pays. »

En même temps, l’entreprise devait pouvoir garder le niveau de l’usine de Dubayy, d’autant qu’elle représente la marque “BEST”. « Nous devons assurer un contrôle de qualité à chaque étape de la préparation des formules jusqu’à la livraison du produit fini. Nous mettons beaucoup d’accent sur la qualité de nos produits. Mais en même temps, nous considérons les moyens financiers de nos clients. Par conséquent, nous avons trois formules pour chaque produit. Une formule A pour les personnes qui optent pour des produits bon marché, formule B pour les produits à un coût légèrement plus élevé et une formule C pour ceux qui peuvent se permettre de payer pour une meilleure qualité », indique Ahmad.

Notre entrepreneur soutient qu’il a « beaucoup de mal » à se faire une place sur le marché local. « Nous proposons des produits qui ne sont pas disponibles dans les hypermarchés. Nous ne bénéficions que du soutien des supermarchés, des libres-services et des boutiques, entre autres. De plus, nous avons des clients particuliers qui viennent acheter les produits directement à l’usine », fait-il ressortir. De plus, depuis quelques années, Ahmad a pu obtenir comme clients des ministères et des corps para-étatiques. « Des appels d’offres avaient été lancés et nous avons pu décrocher le contrat grâce à notre service de qualité. Depuis quelques années déjà, nous fournissons des produits détergents à des ministères, des corps para-étatiques, des centres de santé et des prisons, entre autres », précise le jeune homme.

Par ailleurs, Ahmad explique que l’usine est opérationnelle tous les jours car il a pour mission « de faire évoluer mes produits phares » et éventuellement « d’enrichir leurs gammes grâce à des programmes de recherche, notamment sur les désinfectants ». Il poursuit : « Nous voulons que ce soient des produits de haute qualité au juste prix. Nos produits haut de gamme et concurrentiels sont classés dans une catégorie de prix intermédiaire à Maurice, tenant en compte la culture mauricienne. »

En ce qui concerne les bidons et autres emballages, Ahmad explique qu’il en fait l’acquisition dans des usines locales. « De nos jours, il y a tellement d’entreprises locales qui se sont lancées dans la production de produits désinfectants et de détergents.

Toutefois, la qualité des produits est très déplorable, à voir sur leurs emballages. Puisque nous fabriquons des produits qui seront commercialisés dans les supermarchés, il faut qu’ils soient non seulement de bonne qualité mais aussi bien représentés. D’où la raison pour laquelle nous achetons nos bidons, bouteilles, boîtes et autres emballages des usines, contrairement à d’autres qui utilisent des emballages recyclés. Notre service de vente et de livraison est irréprochable », soutient l’entrepreneur.

Comme projet d’avenir, Ahmad fait ressortir qu’il aspire à diversifier ses productions et proposer une plus grande gamme de produits, comme savonnettes, “bathfoam” et papiers toilettes. « Nous travaillons actuellement sur ce projet et nous ne tarderons pas à le réaliser », dit-il.

La compagnie compte aujourd’hui une quinzaine d’employés, dont les responsabilités sont bien déterminées. « La fabrication des produits détergents est une procédure très délicate. Il faut donc s’assurer que les formules ne soient pas erronées. Donc, il y a un responsable pour chaque département pour veiller au bon déroulement de l’usine », conclut-il.