La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) a fait, cette semaine, ses propositions aux syndicats de l’industrie sucrière qui représentent les 5 000 travailleurs de ce secteur, quant à l’implémentation du prochain accord entre les deux parties couvrant la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2017. Les grandes lignes de ces propositions sont l’introduction d’actions pour améliorer la productivité, qui seront balancées par une hausse de la rémunération, agréée par les deux parties.
Pour le directeur de la MSPA, Jean Li, « il est essentiel d’assurer une plus grande productivité pour la viabilité de notre industrie. » Dans ce contexte, dit-il, les compagnies membres de la MSPA ont besoin de plus de flexibilité de la part de leurs employés. Cette association propose, pour discussion avec les propositions déjà reçues des syndicats, l’introduction d’un concept qui permettrait aux compagnies d’opérer en continu, 7 jours sur 7, notamment avec plus de flexibilité quand au jour de repos hebdomadaire et une extension des heures de travail. « Ces mesures qui seront acceptées seront alors balancées par une hausse du package de l’employé », déclare M. Li. La MSPA suggère l’introduction d’un boni annuel spécial, indexé sur le prix du sucre, sur une période définie. « Si le prix du sucre monte, les compagnies membres enregistreront une hausse de revenus, qui serait alors partagée avec les employés du secteur », déclare Christian Marot, Chief Operations Officer de Alteo-Agri.
Dans le but d’améliorer les prestations de retraite (retirement benefits) des employés, qui sont calculées sur le salaire de base uniquement, il est aussi proposé de revoir la structure de salaire et de consolider la Prime de Présence dans le salaire de base. « Le package d’un employé dans notre secteur est constitué d’un salaire de base, sur lequel sont ajoutés plusieurs primes, bonus et overtimes, comptant pour environ 50% du package mensuel de l’employé », dit Christian Marot. « Ainsi, un coupeur de canne avec un salaire de base de Rs 10 042 par mois, ramène chez lui environ Rs 23 000 par mois. Un changement dans la structure de salaire dans lequel nous proposons, dans un premier temps, de consolider une des nombreuses primes, amènerait automatiquement une hausse significative des prestations de retraite de l’employé. »
La MSPA envisage aussi de « professionnaliser davantage » l’industrie sucrière. Ainsi elle entend introduire des pratiques qui existent déjà dans d’autres secteurs économiques. Par exemple, un exercice de job analysis pour refléter les changements dans les tâches qui ont eu lieu depuis la réforme de cette industrie, ou encore l’introduction d’une medical allowance qui remplacerait les facilités médicales/infirmiers existant sur les établissements sucriers mais qui ne sont que peu utilisées aujourd’hui.
Situant les contraintes et les défis qui guettent cette industrie, la MSPA rappelle les réformes majeures entreprises depuis 2006 découlant du régime sucrier de l’Union européenne et caractérisées par une baisse de l’ordre de 36% du prix du sucre. « Le programme des réformes se poursuit encore et des défis majeurs se présentent à l’industrie », fait-elle ressortir. Sur le plan des ressources humaines, l’association parle de manque de main-d’oeuvre et de travailleurs qualifiés et aussi de personnel vieillissant. Les membres de la MSPA proposent de discuter de ces points en détails avec les syndicats, afin de trouver la meilleure formule pour toutes les parties concernées.