Pascal Laroulette se dit « heureux et fi er » d’avoir accompli son challenge

Mission réussie pour Pascal Laroulette ! Ce jeune professionnel de la finance qui, du 8 au 19 mai, s’est lancé dans une initiative écologique, le “20 peaks challenge for Groupe A de Cassis”, se dit « satisfait » d’avoir réussi son pari. Son premier constat : « Maurice est une vaste poubelle à ciel ouvert. Les gens jettent tout et n’importe quoi, et partout. Sans égard. C’est affreux ! » D’autre part, ce passionné de la nature réitère son appel « pour lever des fonds afin de transformer Lakaz A, à Port-Louis, en une structure écologique de référence ».

Pascal Laroulette est descendu de la Montagne des Signaux, à Port-Louis, et a pédalé jusqu’au parvis de l’église Immaculée Conception dans l’après-midi du 19 mai dernier. L’homme était « éreinté, mais heureux ». Une petite foule d’amis et de proches attendait son arrivée aux abords de Lakaz A, rue Saint-Georges, à Port-Louis. Pour rappel, cette structure du Groupe A de Cassis, fondée par le travailleur social Cadress Rungen, est une « halfway home » accueillant les démunis de la société, « des travailleuses du sexe aux toxicomanes, actifs ou qui ont décroché et sont sur méthadone, en passant par les malades du sida, les SDF… ». Outre le fait qu’il soit assistant directeur financier dans une entreprise privée, Pascal Laroulette, lui, est aussi un bénévole de Lakaz A, où il accompagne un groupe de jeunes dans leur cheminement.

Début mai dernier, Pascal Laroulette évoquait son projet “20 peaks challenge for Lakaz A/Group A de Cassis”. Ainsi, le mercredi 8 mai, aux aurores, il a mis son projet à exécution et a démarré sa série d’ascensions en s’attaquant d’abord au Morne. Ce dimanche 19, l’aventure s’est terminée quand il est redescendu du dernier pic de son itinéraire : la Montagne des Signaux.

« C’est une superbe expérience », a-t-il confié au Mauricien. « De là-haut, à chaque fois que je gravissais un sommet, je découvrais Maurice sous un autre angle. » Trois jours après le début de son aventure, il nous confiait être « heureux d’avoir choisi comme slogan “L’avenir en bleu et vert” ». À la fin de son parcours, dimanche dernier, notre interlocuteur ne pouvait pourtant cacher sa « colère » et sa « tristesse ». Pourquoi un tel revirement d’état d’esprit ? Parce que « les Mauriciens ne savent pas le mal qu’ils causent à notre pays », dit-il, ajoutant que « Maurice est une vaste poubelle à ciel ouvert ». Il renchérit : « De là-haut, j’ai été témoin de scènes affreuses… Mes compatriotes jettent tout et n’importe quoi, et partout. Ils n’épargnent rien ! » Pascal Laroulette dit ainsi avoir vu « des décodeurs de télévisions, du marbre, de la ferraille, et même des déjections humaines, et tout cela dans les forêts que j’ai traversées pour aller gravir les montagnes ». Spectacle tout aussi dégoûtant, continue-t-il, dans d’autres lieux : « Par exemple, sous le Pont Senneville, pour aller vers la Montagne Lion. Il y a là, sous le pont, des immondices pas possible ! »  Ce qui a beaucoup touché ce jeune passionné d’écologie, c’est que « les gens ne réalisent pas tout le tort qu’ils causent en agissant de la sorte », estimant que « tout ça va nous retomber dessus en un rien de temps ».

De fait, Pascal Laroulette souhaiterait que « chaque Mauricien, du moins quand on est encore à l’école », fasse un challenge similaire. « Pourquoi ne pas inclure un module dans le programme scolaire ? Cela aiderait nos jeunes à prendre conscience de l’importance de l’environnement et la nécessité de protéger la nature, de la conserver. Et ils pourraient dans le même temps apprécier toutes les beautés dont recèle la nature mauricienne. » Pendant son périple, le jeune bénévole de Lakaz A a « tout misé sur l’aspect écolo » de son entreprise. Il élabore : « Déjà, avant de me lancer, je devais me préparer convenablement : ne pas emporter d’éléments nocifs à l’environnement, comme des choses dont je me débarrasserais et qui pollueraient la nature. » De fait, il a penché pour « l’utilisation d’objets en matières recyclables, et donc pas de bouteilles en plastique que je devrais jeter ». Dans le même esprit, il ajoute : « J’avais fait de sorte que la tente que j’utilisais pour m’abriter recueille l’eau de pluie quand il pleuvait. Et au matin, je prenais cette eau, que je faisais bouillir pour faire mon café ! »

Pascal Laroulette s’était donc bien préparé, « écologiquement parlant » : « C’est un élément prépondérant pour une telle entreprise. Que je conseille d’ailleurs à toute personne ayant à cœur notre environnement. Planifier et préparer à l’avance son camping, c’est très important. Ensuite, il faut ne laisser aucune trace. C’est-à-dire que là où on est passés, on ne doit pas endommager la nature, que ce soit en y abandonnant des ordures ou en allumant un feu qui pourrait détruire la flore et la faune… Et au final, il ne faut jamais baisser les bras. Il y a bien évidemment des obstacles, mais il ne faut jamais se décourager. » D’ailleurs, sur ce point, Pascal Laroulette dit avoir été « marqué par une formule de Krish Hurdowar, de Vertical World, qui dit “when you hike, leave nothing but footprit and take nothing but pictures”, ce qui résume tout pour moi ».

Fort de cette « belle expérience », Pascal Laroulette « encourage tous les parents à être d’abord personnellement sensibilisés à la cause écologique » et « à entraîner leurs enfants à prendre conscience de l’importance de la nature dans nos vies ». À son arrivée en fin d’après-midi dimanche dernier à Lakaz A, Pascal Laroulette a été très chaudement accueilli par plusieurs amis et proches, qui avaient fait le déplacement. Une petite réception a été organisée à son intention par les responsables du centre.

Lakaz A : « L’aventure continue »

S’il se dit « plutôt déçu, car l’appel aux dons pour transformer Lakaz A en un centre de référence sur le plan écologique, et dans le centre de Port-Louis, n’a pas été bien entendu », Pascal Laroulette compte cependant poursuivre son action et « utiliser d’autres moyens pour conscientiser les Mauriciens ». Ainsi, le lendemain de son arrivée, soit le lundi 20 mai, il s’est informé auprès de la MCB, où un compte a été ouvert pour l’appel aux dons. Notre interlocuteur a ainsi appris que « la somme reçue est encore très loin de ce que nous devons recueillir » pour réaliser le projet. « Mais nous allons redoubler d’efforts et d’activités de sensibilisation. » Ceux qui souhaitent soutenir financièrement Pascal Laroulette peuvent le faire via le compte bancaire 000-4451806-17 à la MCB.

« De nombreux Mauriciens ont contribué à cette initiative écologique »

« Durant la douzaine de jours qu’a duré l’expédition, indique Pascal Laroulette, toute une équipe m’a soutenu via des plateformes de réseaux sociaux. Et nombre de Mauriciens ont contribué, à leur façon, à cette initiative écologique. Ainsi, il y a Bernard Moonsamy, du groupe Les Inkonus, qui a organisé un ramassage de mégots sur une plage, chose que j’ai décriée quand j’ai vu à quel point certains Mauriciens salissent nos plages. Il y a aussi Ian de Maroussem qui, lui, s’est lancé dans un nettoyage des chemins de trail… Et il y a Tania Diolle, qui a procédé à la mise en terre d’arbustes et de plantes. Toutes ces personnes ont posté des vidéos sur les réseaux sociaux pour montrer comment ils ont contribué à leur manière. »