• La facture d’importation de produits laitiers pèse Rs 3 milliards annuellement
  • La Milk Producers Cooperative Society: « Mettre des terres abandonnées à la disposition des éleveurs »

Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-industrie, a annoncé que deux nouvelles fermes seront installées à Maurice, soit à Melrose et à Salazie. L’objectif est de redynamiser le secteur laitier à Maurice car la production est en baisse. C’était lors de la célébration de la Journée mondiale du lait observée le 1er juin, sur l’esplanade du bâtiment Renganaden Seeneevassen, à Port-Louis. Le thème choisi était “raise a glass”.

Le Food and Agricultural Research and Extension Institute a organisé une exposition ce jour-là pour montrer au public les différents produits dérivés du lait. Le ministre a rappelé que la FAO a lancé la Journée mondiale du lait dans le but de vanter les bienfaits de ce produit, ses richesses naturelles et sa valeur nutritive. « C’est la première fois que nous organisons un tel événement à Maurice », a-t-il dit. Il a rappelé que le fromage, le “paneer”, le yaourt sont des produits qui procèdent de la transformation du lait.

Après le lancement de Mokaro, une nouvelle application pour aider les planteurs à mieux planifier leur production, Mahen Seeruttun a annoncé aux éleveurs que son ministère travaille en étroite collaboration avec celui de la Technologie et des communications pour mettre en place une nouvelle application mobile pour les éleveurs. « En un clic, vous pouvez avoir accès à toute une panoplie d’informations. »

De son côté, Soobiraj Choolun, secrétaire de la Milk Producers Cooperative Society, suggère au gouvernement de mettre à la disposition des éleveurs de vaches les terres abandonnées par de nombreux agriculteurs en raison de la baisse du prix du sucre sur le marché mondial. « À ce jour, Maurice importe annuellement Rs 3 milliards de lait pour répondre aux besoins de la consommation locale. Cela représente une somme énorme. Nous ne réclamons pas les 3 milliards mais seulement Rs 100 millions pour investir », insiste Sooviraj Choolun, qui en 1992, a installé son étable de 12 pieds carrés sur un terrain de 86 arpents à La Brasserie, avec une trentaine de vaches. « Je suis la quatrième génération à faire ce métier. Mo fami ti touzour interese pou fer lagrikiltir ek elvaz », raconte-t-il.

Soobiraj ne s’est pas contenté de faire ce métier au petit bonheur. Il s’est rendu en France, en Suisse, au Danemark et dans d’autres pays pour parfaire ses connaissances. « J’ai voulu faire le métier de manière professionnelle en m’appuyant sur les dernières technologies », dit-il. Et sa curiosité l’a poussé à avoir recours aux experts étrangers.

Tout comme d’autres éleveurs à Maurice, Soobiraj Choolun a lui aussi connu des hauts et des bas. « Ti travers inpe par bann difikilte o komansman, me mo finn gagn lexperians avek letan. » Contrairement à d’autres éleveurs qui ont été contraints à mettre la clé sous le paillasson dans le passé, il a su surmonter les difficultés à force de persévérance.

Le secrétaire de la Milk Producers Cooperative Society travaille actuellement en étroite collaboration avec des experts étrangers et des hauts cadres de l’AREU pour la mise en place d’une école de formation dans sa ferme à La Brasserie. « Ceux qui seront intéressés vont bénéficier de 20% de cours de théorie et 80% de pratique. Ils doivent arriver dans le centre de formation à 5h du matin pour vivre l’expérience d’un éleveur qui normalement démarre très tôt », dit-il.

S’il y a une chose qui bloque l’avancement des projets dans l’élevage à Maurice, croit-il, c’est bien la lourdeur administrative. « On ne facilite guère les petits éleveurs. Je suis d’accord pour que les choses soient faites dans la rigueur et la discipline, mais à mon avis, il faut rendre les choses plus faciles, et être plus flexible envers les Mauriciens qui ont l’ambition d’aller de l’avant avec des projets concrets. La paperasse à Maurice est un frein, un vrai obstacle », déplore Sooviraj.

Ce dernier attribue la baisse de la production laitière à Maurice à trois facteurs : le manque de mains-d’œuvre, la lourdeur administrative et le désintéressement de la jeunesse pour ce secteur. « Mais avec la mécanisation et la main-d’œuvre étrangère, nous pouvons redynamiser ce secteur », croit-il.