Nouveau coup dur pour les jeunes universitaires diplômés en kreol morisien. Alors qu’ils attendaient avec impatience le recrutement des enseignants à plein-temps au secondaire, ils ont été déçus d’apprendre que leurs candidatures n’ont pas été retenues.

À la place, le ministère de l’Education aurait préféré se tourner vers six enseignants de kreol morisien (KM) du primaire, et ce même s’ils ne détiennent pas un « bachelor » dans la matière enseignée, comme recommandé dans l’appel à candidatures.

Ce qui intrigue ces candidats déçus, c’est qu’au départ, le ministère avait laissé entendre qu’il n’y avait pas suffisamment d’enseignants pour le KM, d’où l’idée de faire appel aux « supply teachers ». Or, il aura choisi de n’en retenir que six, qui plus est venant du primaire. « Pas plus tard que cette semaine, on a fait lancer un nouvel appel à candidatures pour les supply teachers de KM. Ce qui veut dire qu’il y a une demande. Mais pourquoi on ne les a pas recrutés à plein-temps ? »

Ces détenteurs de BA (Hons) French and Creole Studies se disent d’autant plus inquiets pour leur avenir que le Mauritius Institute of Education (MIE) n’a pas encore songé à offrir le cours de pédagogie (PGCE) pour le KM. En revanche, on a prévu le Bachelor in Education (BEd) pour les enseignants du primaire. « Ce qui veut dire qu’à l’avenir, avec leurs diplômes, d’autres enseignants du primaire pourront encore passer devant nous. » Sollicité sur cette affaire, le Pr Arnaud Carpooran, doyen de la faculté des sciences sociales et humaines de l’Université de Maurice et Personal Chair in French and Creole Studies, s’est contenté de dire qu’il était « perplexe par rapport à la décision du ministère de ne recruter que six personnes ». Il n’a pas souhaité faire d’autres commentaires à ce stade. A noter que le Dr Yannick- Bosquet Ballah, Programme Coordinator for BA (Hons) French and Creole Studies & Chairperson of the Technical Committee for BA (Hons) French and Creole Studies, de l’UoM, a écrit une lettre au ministère de l’Education sur le sujet ce matin. Nous n’avons cependant pu avoir d’explications au niveau du ministère à l’heure où nous mettions sous presse.