Philippe G-Olivier BARBE
Militant des droits humains

La contribution de la femme dans la société est inestimable tant au niveau local qu’international. La reconnaissance envers la gent féminine est peut-être célébrée le 8 mars, mais elle devrait aussi se manifester au quotidien.
L’île Maurice a eu le privilège d’avoir des femmes de la trempe de Me Rada Gungaloo, qui a été la cheville ouvrière dans la lutte pour l’égalité des genres au pays. Cette grande dame fut la fondatrice de SOS Femmes et j’espère qu’un jour cette institution portera son nom ; à bon entendeur! Elle défendait les femmes avec conviction et passion; elle avait en elle cette flamme pour défendre les Droits de la Femme. L’histoire retiendra aussi la lutte d’Anjalay Coopen contre l’exploitation. Cette militante trouva la mort au cours de son combat pour la liberté.
La femme a joué un rôle important sur la scène politique. Je peux personnellement témoigner de la contribution de la femme en politique : de 2000 à 2005, alors que j’étais un jeune collégien, je me souviens de la période où le PMXD passait par des moments difficiles, et de la contribution inestimable de Ghislaine Henri (affectueusement Fifi) pour porter haut le flambeau du parti. Même après plusieurs réunions, ‘l’infatigable’ Fifi était toujours souriante. Elle était une puissante oratrice qui faisait ‘vibrer’ la foule, tout en défendant les valeurs de son parti avec beaucoup de conviction. Une petite anecdote : c’était dans les années 2003-2004, alors que le PMXD et le PTr étaient au sein de l’opposition, ils décident de faire un rassemblement rue Dr Reid, à Beau-Bassin. Quelques amis et moi étions inquiets car c’était le fief de l’adversaire et nous n’avions pas de grands moyens. Un soir mon père me dit : « Tu seras content et soulagé. Fifi est descendue dans la circonscription et elle présidera le meeting. » C’était un soulagement pour les partisans en effet. Le succès fut au-delà de nos pensées.
Sur le plan international, plusieurs femmes ont aussi marqué l’histoire. Margaret Thatcher (malgré nos divergences idéologiques) a su remettre l’économie britannique sur les rails dans les années 80. Indira Gandhi, elle, a dirigé l’Inde, une des plus grandes démocraties, d’une main de fer.
Je tiens personnellement à rendre hommage à Simone Veil qui nous a quittés en 2017. Simone Veil fut le fer de lance de l’émancipation de la femme en France. Elle fut ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac sous la présidence de VGE ainsi que présidente du Parlement européen et ministre des Affaires sociales dans le gouvernement d’Édouard Balladur. Elle avait intégré la prestigieuse Académie française en 2010. Décédée en 2017, Simone Veil entra au Panthéon avec son époux.
Me Gungaloo me disait toujours que « l’éducation sur les Droits de la Femme doit commencer dans des collèges des garçons car ils seront des époux et des papas de demain ». Je pense donc qu’il est grand temps que le ministère de l’Éducation, en collaboration avec le ministère de l’Égalité des genres travaille sur un projet de campagne de sensibilisation sur les Droits de la Femme dans les collèges, surtout dans ceux des garçons. On a tendance à se focaliser sur les filles et les femmes quand on parle de « campagne des Droits de la Femme » mais la défunte Section Mauricienne d’Amnesty International avait si bien proposé un ‘man to man platform’ dans le cadre de la campagne Stop Violence Against Women (S.V.A.W); une telle démarche aurait définitivement aidé à changer ce ‘mindset’ patriarcal et mieux considérer la Femme dans la société.
Pour conclure, je citerai un militant des droits humains : « Tant qu’une femme se voit refuser le droit d’avoir sa propre vie et son propre bonheur, aucun homme n’a droit au sien. Et tout homme qui marche librement dans son monde d’homme, marche en fait sur un plancher d’acier sous lequel, ligotée et jetée dans son cachot, gît une femme esclave. »