Le sport a ses paradoxes que seul le sport peut comprendre. 2019 aura été la meilleure dans l’histoire sportive de Maurice avec de la réussite comme jamais auparavant, acquise aux Jeux des îles, vitrine de fierté de l’océan Indien. La magie des JIOI que seul ce rendez-vous est capable de générer. Une année en cours qui aura respiré à travers 10 jours bénis des Jeux. Un passage privilégié, qui nous a fait oublier un moment notre football de clubs qui n’a cessé de marcher sens dessus dessous, notre badminton empêtré dans le dopage, ou encore des fédérations sportives au bord de la crise. Une prestation rouge-bleu-jaune-vert jamais réalisée en 40 ans d’existence des Jeux.

Sportivement, culturellement, patriotiquement, sportifs, entraîneurs, dirigeants/officiels et public ont vibré à l’unisson sur le thème « fier d’être Mauricien ». Le Club Maurice s’est donné les moyens de gagner, s’extirpant d’une compétition féroce, avec 221 médailles dont 92 or (record). Il a fédéré son peuple autour de « ses » Jeux, avec cette capacité extraordinaire à oublier ses divisions communautaristes le temps d’un match, d’un combat, d’une course ou d’une nage. Drapeau en main, le Mauricien s’est investi d’une mission majeure de supporteur. Finalement, nous avons tout remporté ou presque, signant l’une des plus belles leçons de ces Jeux des îles qui revenaient sur nos terres pour la troisième fois après 1985 et 2003. L’histoire retiendra dans la foulée que le pays devenait pour la première fois maître de cette manifestation indianocéanique qui se poursuivra en 2023 en grande première aux îles Maldives.

Les clameurs de ces 10es JIOI à peine tues, nous voilà investis dans la délicate tâche d’attribuer nos traditionnels tites de Sportifs de l’Année. Si le sacre du boxeur Richarno Colin — onze ans après avoir fait une première fois l’unanimité au sein de notre rédaction — s’est joué dans un mouchoir, avec dans la course également un autre représentant du noble art, Merven Clair, et le n°1 du kick boxing, Fabrice Bauluck, en revanche, la reine de notre haltérophilie, Roilya Ranaivosoa, a assis davantage son emprise sur son trône avec une remarquable saison 2019 rythmée par les JIOI et des Jeux d’Afrique.

Le handisport mauricien, conquérant comme jamais, s’invite à la fête, avec ses Espoirs Roberto Michel, devenu champion du monde juniors du 400m en fauteuil en août à Nottwil en Suisse, et la Rodriguaise Brigila Clair, elle aussi championne du monde juniors, au lancer du poids, toujours en Suisse. Un duo qui rêve désormais de sacre olympique à Tokyo 2020. En sports collectifs, l’équipe masculine de volley-ball émerge avec une quatrième médaille d’or sur 10 possibles depuis la création des JIOI. Celle de 2019 nous replonge dans les souvenirs dorés de 1979 (Réunion), 1990 (Madagascar) et 2003 (chez nous à Vacoas), et consacre logiquement son coach Melchior Miniopoo, lui-même volleyeur médaillé d’or à Tana en 1990.

DANIEL SOULANGE