La politique d’étranglement financier exercé sur le Mauritius Turf Club (MTC) par l’axe du trio GM-GRA-Galaxie Lee Shim a fini par porter ses fruits. Depuis samedi dernier, l’un des fleurons du financier le plus connu du pouvoir, SMS Pariaz, a retrouvé les faveurs de l’écran de télévision pour afficher ses cotes aux côtés de ceux du tote de Supertote et Globalsports. Sur un plan purement philosophique et en matière de fairness, ce ne serait que justice, quoi qu’il eût fallu trouver la formule pour être, tout à fait juste, pour permettre aux autres opérateurs des paris hippiques, notamment les bookmakers de pouvoir en faire de même, s’ils le désirent.

Mais dans le contexte actuel, le retour de SMSPariaz sur le circuit commercial du Mauritius Turf Club sonne comme une déculottée pour les dirigeants du MTC qui, pas plus tard que la semaine dernière, se lamentait des misères subies du gouvernement, du caractère dominère de la GRA et des coustics de SMSPariaz pour régler les sommes dues au MTC — gelés actuellement dans le bien nommé «escrow account» — en attendant que le litige légal qui les oppose sur la question du taux de la redevance soit réglé.

Humilié chaque semaine par la GRA — dont la proximité de ses principaux animateurs avec le clan Lee Shim ne s’est jamais démentie —, le MTC s’est vu refuser l’organisation de courses supplémentaires sur une base hebdomadaire, a vu imposer à ses cadres l’obligation de certificats de moralité, a vu nombre de ses prérogatives d’organisateur de courses être hijacked par des directives désuètes et improductives de la part du régulateur.

Du côté du gouvernement, l’étranglement du MTC s’est signifiée par le refus d’augmenter le nombre de journées de courses, de stopper l’activité rémunératrice du off-course betting, de choisir son interlocuteur au MTC en ignorant dédaigneusement son président, des tracasseries du ministère de l’Emploi pour les jockeys, mais surtout par l’ajout au dernier Finance Bill de dispositions de lois annexes. Comme le disait le député de l’opposition Reza Uteem à la Speaker, ces dispositions imposées par le GM n’ont aucun rapport avec les finances et auraient, dans un pays pourvu d’une instance de validation des lois, été condamnées et rejetées pour ce qui paraît être du taylor made regulations pour un financier notoire des dirigeants du pays.

Dans ce contexte adverse et une conjoncture marquée par des annonces de pertes financières massives, cet accord signé en catimini avec SMSPariaz — bon nombre de hauts cadres du MTC affirment avoir découvert cela samedi dernier — pour la diffusion de ses cotes pendant 120 minutes, chaque semaine, pour la modique somme de Rs 35 000 — alors que le Tote affirme, lui, payer Rs 65 000 —, le MTC d’aujourd’hui s’est vu contrainte de céder à l’argent plutôt que de privilégier sa morale et sa dignité. Certes, invoquer la loi est bien commode pour justifier l’injustifiable, mais comment qualifier ce qui était impossible en mai dernier et qui est passé comme une lettre à la poste cette fois, sans résistance.

Ceux qui ont animé le devenir de ce club depuis deux centenaires doivent aujourd’hui se retourner dans leur tombe et se demander comment deux de leurs successeurs qui ont, par ailleurs été personnellement vilipendés des semaines durant sur leur honneur et caractère, ont pu signer un tel accord. L’histoire retiendra ! Elle retiendra ce qui a permis au loup de rentrer dans la bergerie et qui pourrait être le début d’une passation de pouvoir. Seul l’avenir nous dira si l’objectif sera atteint ou pas… ou s’il faudra réserver un billet pour l’Italie, là, où finissent toutes les putains de la République !

Ces écrits nous vaudront sans doute d’autres procès qui tombent depuis quelques semaines à la pelle, d’autres attaques criminelles et diffamatoires à notre personne, à notre honneur, à notre vie privée et professionnelle, de la part de sbires du magnant du jeu. Un capon dont le nom ne figure nulle part sur les compagnies qu’il inspire pourtant et qui n’a même pas le courage de nous affronter directement. Le but ultime est le même, celle de nous contraindre à ranger notre clavier ou à l’utiliser pour uniquement le glorifier. Nous ne sommes pas lâches et ne céderons pas à ces stratagèmes. Ce n’est pas parce que le MTC a cédé aux sirènes sombres de la vomissure et la perspective de la faillite — ce qui donnera à son nouveau partenaire des ailes pour aller plus loin, que nous céderons à leur volonté de nous contraindre de cesser de dénoncer. Certes, chacun a un prix. Comme le MTC, comme les locataires du Jardin de la compagnie. Rassurez-vous. Nous aussi. Celui de la vie et de la liberté. Comme l’a souvent dit le Pape Jean Paul II, nous n’avons pas peur et nous continuerons à mouiller la plume dans l’encrier contre vents et marée.

Con, criminel, etc… ! Allez-y sans vergogne ! Mais n’oubliez jamais nous sommes libres de penser, libres de dénoncer, libres d’écrire…

Parmi les autres points de l’actualité cette semaine, l’entrée en vigueur du comité de la GRA dirigé par le controversé ex-ministre de la Justice Me Yerrigadoo a commencé ses travaux sur l’affaire du jockey Holland. Rappelons que le jockey de l’entraînement Maingard avait été programmé, déprogrammé avant d’être reprogrammé sur le programme officiel pour la 21e journée. Cette valse de jockeys avait contraint l’annulation des paris à deux reprises, ce qui vaut au MTC un procès de la part d’un bookmaker. Mais aussi une enquête de la GRA qui vise à déterminer les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire. En ligne de mire, le comité d’appel qui aurait agi ex officio et un haut cadre du MTC dont le rôle exact reste à être déterminé. Le mano a mano MTC/GRA sur cette affaire promet de nouvelles étincelles, à moins que le puissant nouveau partenaire du MTC ne fasse le rôle de l’agwa/arrangeur.

Terminons par une note hippique plus réjouissante qui a aussi le chic de faire briller haut le quadricolore. Celle de remporter cinq courses en une seule journée dans l’univers hippique exigeant et hautement compétitif de Hong Kong par notre respecté compatriote jockey Karis Teetan. Saluons bien bas ce brillant honnête homme qui a choisi l’excellence et le dur travail à l’étranger plutôt que de céder aux sirènes de l’argent facile dans notre monde hippique où aujourd’hui on confond institutions et maisons de jeu, où on permet au loup d’intégrer une bergerie bien dévaluée par ses animateurs du jour !