PAUL REVEIL

« Et tu reconnaîtras l’Éternel. »

 ~Osée 2:20b

Les efforts humains – le sport, le travail ou toutes actions correspondant à une tension maximale – nous tirent de notre confort et nous étirent non pas vers ce que nous pouvons faire mais vers ce que nous voulons. Nous remarquons, lorsque nous sommes à bout de souffle et d’énergie, que le pouvoir n’est rien sans le vouloir; ipso facto, l’intensité du pouvoir est déterminée par le vouloir. C’est pour cela,  « si tu le veux, tu peux… » (cf. Luc 5 :12) Effectivement, lorsque nous n’en pouvons plus, c’est là, à cet instant précis que se définit le vrai vouloir de l’homme. Ainsi, nous voyons d’où émane sa force.

« L’Esprit est ardent, mais la chair est faible », Matthieu 36:41b

Fis-toi, repose-toi dans la force de l’Esprit ! « Fais confiance au Seigneur, agis bien, habite la terre et reste fidèle; mets ta joie dans le Seigneur : il comblera les désirs de ton cœur. » (Psaume 36 :3-4). Quand je parle de l’Esprit, je ne fais pas mention de la capacité mentale; en effet, certains disent : « Tout est dans la tête ! », mais il est d’autant plus beau de dire : « Tout est dans le cœur. » Ainsi tous tes efforts, même jusqu’au sang, seront, par la grâce, une pure joie intérieure, car ils sont faits par amour pour l’Amour vers l’Amour. Reste dans cette place en toi où se trouve l’amour, dans ton cœur, c’est de là que peut émaner ce que tu désires vraiment; Dieu lui-même. Ainsi, ce n’est pas par tes propres forces que tu agis, ni par ton intelligence, ni aucune de tes capacités acquises, mais seulement par la grâce de l’Esprit, car celui-ci est fort mais la chair est faible. Tu diras même avec des larmes de joie quand tu n’en peux plus, quand l’abandon se fait proche : « La capacité vient de Dieu. » (cf. 2 Co 3:5).

« Mais à un moment, la chair deviendra forte ! », disait mon cousin Timothée. Exactement ! Il a tout compris ! Car nous n’avons pas un corps, une âme et un esprit à cet instant précis où il est presque impossible d’avancer, mais, reposant sur le même Esprit, nous sommes Corps, nous sommes Âme et nous sommes Esprit. Je m’explique : nous sommes l’Union parfaite entre ses trois dimensions, car c’est par l’Esprit que nous continuons d’avancer, par l’Âme que nous survivons d’amour et le Corps, qui est le vase d’argile contenant tout ce que nous sommes, est le moteur en qui tout est fait. Nous sommes l’Union parfaite entre ces trois dimensions, car elles convergent toutes vers l’Amour. Quiconque voit cette personne « reconnaîtra l’Éternel », car Lui et l’Obéissant, le Fidèle ne font qu’Un. Comme le disent les Stoïciens : « Par la tension de son âme, il dilate infiniment l’instant éphémère, il tient ensemble tout ce qui le compose et il peut ainsi stopper l’hémorragie du devenir pour jouir dans le temps d’une véritable plénitude d’être. »

Véritablement, l’effort humain – la transpiration du dur labeur, l’endurance jusqu’au sang – vécu avec un amour inexorable, prend pleinement sa signification car il ramène, penche et converge toute l’humanité et son environnement vers Celui qui est mort en Croix en toute liberté et humilité avec amour. C’est le vouloir qui détermine l’intensité du pouvoir; si tu veux aimer, par tout ce que tu es, tu extrais toute l’humanité par l’Amour divin vers l’Amour divin à travers tes efforts humains. Un coureur, par exemple, s’il court non pas pour son propre intérêt, non pas simplement pour garder la forme, mais s’il le fait pour une raison spécifique; pour les orphelins, pour les pauvres, pour être avec les autres et avancer ensemble, pour faire Corps, s’il court pour motiver les plus faibles et s’il fait tout cela avec amour, il ne s’extrait pas seulement lui-même vers l’Amour, mais il prend tous ceux qu’il porte en son cœur et ses pensées vers l’Amour, son objectif, sa motivation, sa ligne d’arrivée. Faisant ainsi, toi qui es de base limité ici sur terre, tu seras « fidèle en peu de choses », car du mieux que tu peux, tu seras un petit instrument, transportant tout le monde qui se trouve dans ton cœur vers Celui que ton cœur aime. De ce fait, tu pourras « être fidèle dans de plus grandes choses » là où le temps et l’espace sont perpétuellement transcendés, quand tu seras avec Celui que ton cœur aime, ton horizon et ta ligne d’arrivée.

En outre, les efforts humains nous renvoient constamment vers l’instant présent; avant-goût de l’Éternité. Nous sommes perpétuellement car l’être vit dans l’instant présent; il ne sera pas ni n’a été car s’il pense au futur et au passé, il ne pourra avoir une motivation ardente et inaliénable car lui-même vacille; sa pensée l’empêche d’être dans le présent. Le passé, par exemple, peut le faire basculer en se disant qu’il a déjà fait un bon chemin, de ce fait il peut abandonner, et le futur peut le bousculer à l’idée du chemin qui lui reste à faire ! Puisqu’il vacille, il ne peut être motivation ardente et inaliénable pour lui-même et son prochain.

Plus c’est dur, plus nos pensées et tout ce que nous sommes doivent converger vers l’Éternel Amour en nous, qui nous rejoint dans nos épreuves, nous donnant la force de l’Esprit en cet instant précis rendant nos efforts maximaux. Ainsi, nous pourrons dire avec joie et persévérance que : « Par la grâce, je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine » (1 Co 15:10) et dans le même souffle : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. » (2 Tim 4:7)

Se surpasser pour soi restreint notre étirement et notre motivation à soi-même, se surpasser par amour pour l’Amour c’est se délimiter, transcendant l’espace et le temps, ainsi c’est faire un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité vers ce que Nous sommes.

Et nous devenons ce que Nous sommes.

Je m’explique : je suis aimé ; c’est pour cela que j’existe. Et je deviens amour ; c’est pour cela que j’entre dans la Vie !