Il arrive de lire que la politique et la religion ne sauraient être séparées. Cette phrase émane le plus souvent du discours des socioculturels. Si les intellectuels l’osent moins, on peut lire de la plume de professionnels, aguerris et crédibles le plus souvent, qu’il vaut mieux avoir un regard des religieux sur notre société ou, récemment, que le Conseil des religions devrait rappeler à toute la société que les religions sont les gardiens des valeurs éducatives et morales… A chaque fois qu’apparaît ce genre d’énoncé, il faudrait se demander quelle place attribue-t-on aux incroyants de notre République ? Car il est clair que ceux-ci n’entrent pas dans l’équation des gens qui souhaitent une immixtion des valeurs religieuses dans l’administration publique. Alors que l’État, la politique ou encore « toute la société », c’est aussi ceux qui n’ont aucune conviction religieuse.
Sans être exhaustif, un incroyant peut être un instituteur, un père ou une mère de famille, une personnalité dans l’entourage, un leader d’opinion, un Premier ministre ou leader de l’Opposition, un ouvrier, fonctionnaire, ou manager. Si ne croire en aucune religion devait être un critère qui élimine de son rôle ou un prétexte pour une mise à l’écart, il ne pourra que s’agir d’une discrimination. Combien de gens n’ont aucune notion religieuse et se comportent de façon exemplaire à travers le monde ? Ce qui est aussi le cas à Maurice. C’est une preuve qu’un individu peut se construire sans une référence religieuse. Il y a aussi des pays qui ont séparé politique et religion car, pour eux, ce qui est public ne peut aussi être privé en même temps, au risque d’une confusion : ou bien un État tout court ou encore un État théocratique, en somme. Le temps est à la considération et au respect de tous ceux qui composent la société mauricienne dans son ensemble.