Photo illustration

– CTSP : « Nous avons le gouvernement à l’œil »

La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) tiendra une manifestation dans les rues de la capitale le 14 mars. Les syndicalistes déplorent que des amendements à la loi du travail n’aient pas encore été apportés et craignent que le ministre Soodesh Callichurn vienne avec des amendements au Parlement en mars prochain.

Le porte-parole de la CTSP, Reaz Chuttoo, indique que le syndicat veut faire passer un message aux décideurs politiques à travers leur manifestation, prévue le 14 mars prochain à 13h30, dans les rues de la capitale. Ce jour-là, les membres de la CTSP se réuniront au centre social Marie Reine de la Paix puis entameront une marche, qui débutera devant le ministère du Travail et se terminera au centre-ville. « Nous voulons exprimer notre sentiment de déception et faire comprendre aux membres du gouvernement que nous les avons à l’œil », affirme Reaz Chuttoo.

Il avance que les fédérations syndicales ont rencontré cette année le directeur général par intérim du Bureau international du travail, basé à Madagascar. Ce dernier aurait confié aux syndicalistes que plusieurs lettres ont été envoyées au ministère du Travail pour lui demander de soumettre les amendements proposés, mais qu’il n’a jamais reçu de réponses. «  Nous doutons fort qu’en mars prochain, le ministre du Travail vienne avec des amendements de la loi au Parlement. Raison pour laquelle nous devons nous organiser et fournir des explications aux travailleurs », dit-il.

Reaz Chuttoo explique que la CTSP a démarré une campagne d’éducation politique et lancé une première vidéo « sur la façon de faire de l’ancien régime et celle de l’actuel gouvernement ». Il déplore que le Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo, ait été nommé président d’un comité interministériel en vue d’amender la loi du Travail. « Comment le gouvernement a-t-il pu choisir Ivan Collendavelloo pour présider un comité de haute importance alors qu’il a toujours défendu le secteur privé en tant qu’avocat. Quatre années se sont écoulées et il n’a toujours pas soumis le rapport final. De plus, Ivan Collendavelloo n’est pas convaincu avec le Portable Retirement Gratuity Fund. Est-ce une farce ? » affirme Reaz Chuttoo.

Pour sa part, Jane Ragoo rappelle que la loi du travail devrait être amendée après l’introduction du salaire minimum afin de protéger les travailleurs du secteur privé. « Quand un patron veut licencier un employé, il avance des raisons économiques et n’offre aucune compensation au licencié. La loi du travail, qui est vigueur depuis 2009, n’est pas appropriée. D’ou l’importance, comme le gouvernement l’avait évoqué dans son manifeste électoral en 2014, d’amender la loi du travail », affirme la syndicaliste.

Dans ce même contexte, poursuit-elle, le gouvernement a accédé à la demande de la CTSP et a introduit le Portable Retirement Gratuity Fund. Toutefois, elle souligne que cette mesure est « toujours dans un tiroir », poursuivant : « Nous avons organisé un forum de débats avec des représentants du MMM et du MP au siège de la CTSP en janvier dernier, où ils ont partagé leurs points de vue sur la loi du travail. Ils ont pris l’engagement devant nos membres d’offrir leur aide pour son amendement. »

Jane Ragoo a aussi déploré les conditions de travail des travailleurs étrangers. « Certains travailleurs étrangers sont privés de leurs dus, leurs conditions de travail ne sont pas respectées et ils vivent dans des conditions pitoyables dans les dortoirs. Nous réclamons un accord bilatéral entre le gouvernement mauricien et bangladais afin que les Bangladais ne soient plus victimes d’injustices à Maurice », dit-elle.