Le banquier escroc Ketan Somaia, qui avait logé le plus gros procès en diffamation à Maurice contre le groupe Le Mauricien en 1999, soit des réclamations de Rs 350 millions, a été condamné par la Old Bailey Court à Londres à une peine de huit ans de prison ferme. Il a été trouvé coupable dans des cas d’escroquerie pour un montant de Rs 585 millions (19,5 millions de dollars américains) lors d’une Private Prosecution logée à Londres par un de ses anciens partenaires. Entre-temps, des frasques à Maurice attribuées entre 1991 et 2002 à l’ancien patron de la défunte Delphis Bank, soit un montant de Rs 595 millions avec de faux Duplicate Certificates à la Bourse de Maurice et des prêts frauduleux, demeurent impunies faute de l’exécution d’un mandat d’extradition.
Depuis cette semaine, le banquier, qui fréquentait le gratin de la politique en Grande-Bretagne et également à Maurice, logeant dans un manoir dans le quartier huppé de Londres de Hadley Wood, est incarcéré dans une prison britannique. Prononçant la sentence mardi dernier, le juge britannique Richard Hone QC, n’a pas mâché ses mots en parlant d’escroquerie caractérisée.
« I am satisfied the money you took as loans and investments were never invested as you said they would be but were used by you either for your own purposes or to prop up your failing companies. You were fundamentally dishonest in your dealings with both Murli Mirchandani and Dilip Shah. You breached their trust in you in a callous, immoral and flagrant manner », souligne le juge. Plus tard, selon le quotidien britannique Daily Mail, il fera comprendre que « But for your admitted ill health I would have had no hesitation in passing a sentence of ten years imprisonment. However I think some allowance should be made though in my judgement you are your own worst enemy in that respect, having failed to take medication and failed to adhere to your doctor’s advice ».
Cette peine de prison a été infligée à Ketan Somaia vu qu’il a été trouvé coupable par un jury d’Old Bailey sous neuf accusations d’escroquerie de Rs 585 millions. Devant le refus de l’ancien patron de la Delphis Bank d’honorer sa promesse de remboursement de cette somme, un homme d’affaires kenyan, Murli Mirchandani, avait logé une Private Prosecution à Londres et avait même obtenu son extradition de l’Inde.
Toutefois, le fait le plus troublant est que quand les autorités mauriciennes avaient alloué la Banker’s Licence de la Delphis Bank en 1991 en remplacement de la BCCI, qui avait fait faillite, Ketan Somaia était sans le sou. Ce rachat avait été financé par une escroquerie pour deux montants de 865 000 dollars américains et de £ 4,42 millions. C’est ce qu’indique le Daily Mail dans sa couverture de la Ketan Somaia Saga.
« Mr Mirchandani heard of Ketan Somaia’s business prowess at a cocktail party and was quickly bewitched by his offer of a lucrative partnership. Somaia treated him to dinners at Annabel’s nightclub in London and all expenses paid trips to South Africa and Dubai and flaunted his lavish home in Daley Wood, North London. His scam began with a plea for short term loan of 865 000 dollars to buy shares in Delphis Bank Mauritius, guaranteeing repayment in four months. Two days later he convinced Mr Mirchandani to hand over £ 4,42 million to buy a ten per cent stake in the bank », rapporte ce quotidien britannique.
À Maurice, toute l’étendue du scandale ne fut révélée publiquement qu’après la révocation de la Banker’s Licence allouée à la Delphis de Ketan Somaia. Répondant à une Private Notice question du leader de l’opposition d’alors, Navin Ramgoolam, le Premier ministre par intérim, Pal Bérenger, devait révéler, selon le Hansard, que « In May 2001, a set of five share certificates, representing 51,943,750 shares allegedly held by one of the major shareholders of the bank, was submitted to be deposited with the Central Depository and Settlement Co Ltd (CDS). The CDS returned the share certificates as the application for registration was irregular since three of these certificates had already been registered with it. The matter was brought to the attention of the Stock Exchange of Mauritius, which reported the matter to the then Stock Exchange Commission. After inquiry, the Stock Exchange Commission referred the matter to the Bank of Mauritius ».
À cette affaire sont venus se greffer des Non-Performing Loans granted to closely related parties pour un montant de Rs 300 millions. Jusqu’ici, pas un sou à ce titre n’a été récupéré avec la mise sous Receivership de l’ex-Delphis Bank faute d’extradition du principal suspect, qui avait quitté Maurice pour de bon en mai 2001…