Environ 200 chauffeurs de taxi d’hôtels ont manifesté leur mécontentement aujourd’hui durant la pause déjeuner, devant le bâtiment d’Air Mauritius à Port-Louis, qui abrite aussi les bureaux du ministère des Infrastructures publiques et du Transport. Scandant des slogans peu élogieux envers la National Transport Authority (NTA), les manifestants ont bloqué la route John Kennedy. Le trafic a dû être dévié pour permettre aux véhicules de se diriger vers la capitale.
Les chauffeurs de taxi d’hôtel souhaitent être entendus par le gouvernement. Pour attirer l’attention des autorités et du public sur leurs griefs, ils ont fait montre de leur exaspération. La tension est montée d’un cran lorsqu’un préposé du ministère des Infrastructures publiques est descendu dans la rue pour s’enquérir de la situation auprès des chauffeurs de taxi qui réclamaient le ministre Nando Bodha en personne. Ce dernier, a fait comprendre le préposé en question, était pris dans des fonctions officielles.
Cette action vise particulièrement le ministère des Infrastructures publiques après que plusieurs correspondances lui eurent été adressées. Par ailleurs, les revendications des chauffeurs de taxi d’hôtel ont déjà été abordées au ministère des Finances dans leur mémoire budgétaire. Dans ces documents, la Federation of Hotel Taxi Association, soutenue par la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), fait état d’une situation des plus difficiles depuis ces trois dernières années, les hôtels imposant de plus en plus leurs règlements. Selon Atma Shanto, les mêmes difficultés sont rencontrées par les chauffeurs opérant aux abords des hôtels du littoral aux quatre coins de l’île.
« Les hôteliers soutiennent qu’afin d’évoluer avec le marché, ils ont besoin d’adopter de nouvelles stratégies. Et parmi celles-ci, il y a les packages “all-inclusive” où tout est fourni aux clients, dont des “free shuttle” pour les excursions. Certains hôteliers font des sorties en groupe en louant un véhicule du privé, ce qui est illégal. Ces mesures prises par les hôteliers ont un impact négatif sur les chauffeurs de taxi », estime le syndicaliste Atma Shanto. D’autres facteurs ont un impact sur les revenus des chauffeurs de taxi d’hôtels : des excursions sont proposées par les hôteliers qui ont recours à des « opérateurs illégaux ». Le porte-parole de la FTU fait remarquer que ces changements sont « imposés par les hôteliers sans consultations avec les chauffeurs de taxi ». « Les taximen sont mis à l’écart. Il y a une véritable “conspiracy” entre les hôtels, les transports illégaux et certains tour-opérateurs sans que la National Transport Authority (NTA) ait son mot à dire », s’insurge Atma Shanto.
Plusieurs dirigeants de la Federation of Hotel Taxi Association ont pris la parole lors de ce rassemblement. Selon les chauffeurs de taxi, les jours seraient de plus en plus difficiles. Certains d’entre eux ne comptabilisent que deux courses par jour alors que d’autres rentreraient carrément bredouille chez eux. Selon les intervenants, certains n’arrivent pas à honorer leurs dettes vis-à-vis des institutions bancaires alors que d’autres ont même vu leurs taxis saisis. Un des intervenants a déploré l’absence de « taxi shelters » devant certains établissements hôteliers et évoqué le « manque de considération » envers les taximen.
Après la manifestation, les chauffeurs de taxi ont remis une pétition au bureau de Nando Bodha. « Si la situation n’évolue pas, nous n’aurons d’autre solution que de demander aux 2 000 chauffeurs de taxi à travers l’île de descendre dans les rues de la capitale à une heure de pointe », soutient Atma Shanto.