• Le leader de l’opposition, citant un rapport en date du 8 août, affirme que quelque 1 600 petits planteurs ont été victimes lors des règlements de comptes du SIFB

La Private Notice Question du jour a donné lieu à un match, ou plus précisément à un dialogue de sourds, entre le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, et le ministre de l’Agro-Industrie, Mahen Seeruttun. Le premier nommé, s’appuyant sur un rapport du Sugar Insurance Fund Board en date du 8 août dernier, soutient que quelque 1 600 petits planteurs, notamment ceux de la Factory Area de la Compagnie Sucrière de Bel-Ombre, ont été victimes d’une « fraude » avec un préjudice de quelque Rs 450 millions. Il a réclamé une commission d’enquête, confiée à un magistrat, en vue de faire la lumière sur ce cas allégué d’Embezzlement. De son côté, le ministre s’en est tenu au fait qu’il y a eu « a mistake, an omission by an employee of the SIFB ». Il a ajouté que le board du SIFB a pris la décision de confier un exercice de Forensic Auditing de ce problème à la firme PwC et que l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a déjà enclenché une enquête dans cette affaire après avoir accusé réception d’une lettre de dénonciations.

D’entrée de jeu, les échanges sur la PNQ ont été marqués par la controverse. Le leader de l’opposition avait adressé la PNQ au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, responsable du SIFB. Mais, ce dernier devait décider de renvoyer la balle au ministre de l’Agro-Industrie, et ce en dépit des protestations de « pas boul » de Xavier-Luc Duval. La Speaker de l’Assemblée nationale, Maya Hanoomanjee, devait soutenir qu’aux termes des dispositions des Standing Orders, elle n’était pas en mesure d’intervenir dans ce « Shifting of Parliamentary Questions » entre ministres. Cependant, elle ajoutera que ce changement ne doit nullement priver les parlementaires d’interpellations supplémentaires.

Par ailleurs, les malheurs de Mahen Seeruttun étaient loin d’être finis. Le ministre ne se trouvait pas au sein de l’hémicycle en début de séance. Il devait y arriver avec une bonne dizaine de minutes de retard. Il fut rappelé à l’ordre par Maya Hanoomanjee, qui a fait comprendre qu’elle s’attend à voir les ministres, qui doivent répondre à des PNQs et des PQs, être à l’heure pour les travaux ou tout au moins l’informer de tout retard.

Répondant à la PNQ au sujet d’une « alleged fraudulent manipulation by the SIFB » avec des préjudices de Rs 450 millions pour les petits planteurs, notamment sous le contrôle de la Compagnie Sucrière de Bel-Ombre, le ministre de l’Agro-Industrie a soutenu qu’il n’y a eu aucune manipulation de la « sugar production data » des petits planteurs. Il a parlé d’omission et de « mistake » en confirmant que le SIFB a pris la décision d’engager les services de PwC pour un Forensic Auditing des livres de comptes et que l’ICAC enquête déjà sur cette même affaire.

Xavier-Luc Duval se dit étonné que l’ICAC se soit mêlée de cette affaire alors que toute enquête dans ce contexte relève du délit d’Embezzlement. Il a voulu savoir ce qu’ont fait les autorités, que ce soit le ministère des Finances ou encore celui de l’Agro-Industrie, depuis le 8 août dernier, date à laquelle un rapport du SIFB avait fait état de cette « fraude ». Il a dénoncé le fait que ce rapport serait resté sans aucune action au cours de ces 100 jours.

« The Board of the SIFB has never been apprised of the report on this massive fraud », s’est insurgé le leader de l’Opposition, le ministre revenant avec la thèse que « there has been an omission in the assessment of the premium of a planter ». Il a ajouté que les autorités attendent de prendre connaissance des Findings du Forensic Auditing avant de s’inscrire dans des mesures correctives qui s’imposent.

À un certain moment des échanges, Xavier-Luc Duval devait lancer sèchement que « I’m surprised about how ignorant he is of the report ». Il devait refuser de déposer sur la table de l’Assemblée nationale une copie de ce rapport sur la fraude en ajoutant qu’il allait en distribuer des copies à la presse subséquemment. Il devait condamner l’absence de décision, le « je-m’en-foutisme » affiché par le gouvernement, le Premier ministre, le ministre des Finances, le ministre de l’Agro-Industrie, face aux difficultés subies par les planteurs, tout en réclamant la mise sur pied d’une commission d’enquête à ce sujet.