Dans l’espoir de faire évoluer la situation concernant les Mauriciens portés disparus à La Mecque, le vice-Premier ministre Showkutally Soodhun se rend en Arabie saoudite. Des demandes ont été faites, à travers l’ambassadeur saoudien basé en Afrique du Sud, pour des rencontres avec des membres du gouvernement. Showkutally Soodhun transporte également l’ADN manquant de la famille Janoo pour les besoins de vérifications.
Les chances de retrouver les cinq Mauriciens portés manquants à La Mecque, à savoir quatre membres de la famille Janoo et Halima Nazurally, sont minimes après deux semaines. Toujours est-il que les autorités mauriciennes ne veulent pas abandonner les recherches. Showkutally Soodhun, en sa capacité de ministre responsable du hajj, souhaite se servir de sa position pour faire évoluer les choses. Il s’envole donc pour l’Arabie saoudite à ses « propres frais » ce soir. D’abord, il se rendra à Riyad et retrouvera par la suite les membres de la Hajj Mission à Jeddah.
Toutefois, Showkutally Soodhun est toujours en attente d’une réponse pour ses rendez-vous avec des membres du gouvernement saoudien. Vendredi dernier, il avait affirmé son souhait que cette affaire soit désormais traité de « gouvernement à gouvernement ».
Showkutally Soodhun apporte également dans ses bagages des échantillons d’ADN d’un membre de la famille Janoo pour les besoins de vérifications. C’est le seul qui manquait pour l’instant. Les ADN des quatre autres personnes portées manquantes ont été obtenus après de leurs proches présents à La Mecque. Depuis la semaine dernière en effet, les autorités saoudiennes procèdent à l’identification des cadavres par ADN. Mais, a tenu à préciser le ministre, « le fait que nous apportions l’ADN de nos compatriotes ne veut pas dire qu’ils sont décédés ».
Showkutally Soodhun a aussi laissé entendre que cette visite en Arabie saoudite sera rapide car il doit se rendre en mission officielle en Chine jeudi prochain. « J’ai déjà renvoyé cette mission en deux occasions. Sauf s’il y a un gros souci, je vais devoir repousser le voyage. » Du côté des familles, on garde l’espoir que cette nouvelle tentative du gouvernement puisse permettre de savoir ce qu’il est advenu des disparus. « Nous vivons une angoisse extrême. Nous voulons savoir où ils sont », ont-ils confié.
Par ailleurs, le gouvernement a mis en place des dispositions spéciales pour le retour des pèlerins à partir du 9 octobre. Une réunion – où seront notamment présents des officiers de l’aéroport, de la santé et de la police – s’est tenue hier. Grâce à des équipements installés à l’aéroport, des cas de fièvre jaune et de malaria, entre autres, pourront être détectés sur place. Provision a également été faite pour admettre des patients, si nécessaire, à l’hôpital de Rose-Belle. De même, un suivi psychologique sera également proposé car, selon Showkutally Soodhun, « tous les pèlerins sont traumatisés par ce qui s’est passé ».